Paris-Roubaix: La Tranchée au champ d'honneur
Kilomètre 163,5. Commune de Wallers. C'est la mythique Tranchée d'Arenberg. Jean Stablinski connaît le secteur 17 du Paris-Roubaix comme sa poche. « C'est moi qui ai découvert cet endroit, se vante le quadruple champion de France. Je n'ai roulé dessu...©2006 20 minutes
Kilomètre 163,5. Commune de Wallers. C'est la mythique Tranchée d'Arenberg. Jean Stablinski connaît le secteur 17 du Paris-Roubaix comme sa poche. « C'est moi qui ai découvert cet endroit, se vante le quadruple champion de France. Je n'ai roulé dessus qu'une fois, en 1968. A l'arrivée, j'avais peur d'aller à la douche : les coureurs me traitaient de tous les noms ! » Et pour cause... Longue de 2 400 mètres, la Drève des Boules d'Hérin n'est qu'une descente en ligne droite, large d'à peine trois mètres, dans laquelle le peloton s'engage à pleine vitesse. « Les chutes sont d'autant plus dures qu'on va vite », prévient Stablinski. Même rénovés cette année, les pavés, glissants à souhait, restent très espacés. « On ne gagne pas la course ici. Mais on peut la perdre », analyse le vainqueur de la Vuelta 1958. Passer sans casse la « Tranchée » relève du miracle. « Il faut avoir des qualités de cyclo-crossman, comme Roger De Vlaeminck hier, ou Tom Boonen aujourd'hui. »
Mais c'est surtout l'ambiance quasi surnaturelle du lieu qui a fait sa légende, au moins autant que les quelque 30 000 supporteurs, Flamands pour la plupart, qui longent le chemin. « On entre en pleine forêt. Les coureurs ont l'impression d'étouffer, comme quand on descend à la mine », raconte Jean Stablinski, qui a d'ailleurs travaillé comme mineur à 100 m de là. « Je suis le seul à être passé en dessous et au-dessus ! Et c'est moins dur au-dessus... », relativise-t-il.
Antoine Maes


















