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Stade Français à Charlety: l'impossible cohabitation avec le football?

Stade Français à Charlety: l'impossible cohabitation avec le football?

SPORTAu Paris FC, on ne voit pas d'un très bon œil l'arrivée des rugbymen parisiens sur la pelouse de Charlety...
Romain Scotto

Romain Scotto

N’importe quel étudiant en Erasmus peut témoigner. Quand on vit sous le même toit, mieux vaux avoir quelques atomes crochus avec ses colocataires. Depuis quelques semaines, les joueurs du Paris FC cherchent donc ce qui peut les rapprocher des mastards du Stade Français. En dehors du terrain, pas de soucis. L’esprit troisième mi-temps n’a jamais été l’apanage des équipes de rugby. En revanche, sur la pelouse de Charlety, où l’équipe de Max Guazzini défiera le Racing, samedi, avant d’y élire domicile la saison prochaine, le rapprochement est moins évident.


«Ça risque d’être compliqué parce que les mecs, ils font 200kg, râle Julian Palmieri, le capitaine de l’équipe. Ils vont débouler sur la pelouse et nous faire des cratères de trois mètres. Ça ne va pas être simple pour le football.» «Si on joue après eux, ça va être difficile. Le rugby, c’est un sport de contacts, la pelouse va un peu ramasser. Ça peut vite devenir un problème», enchaîne Anthony Losilla, l’un des milieux du PFC. Une cohabitation permanente inédite pour deux clubs de haut niveau français. Épisodiquement, le rugby s’invite dans les stades de foot, pour les matchs phares du Top 14. Mais à chaque fois, les footeux imposent leurs conditions.


Plus de matchs donc plus de jardiniers


Lorsque Toulon s’invite au Vélodrome, les dirigeants de l’OM demandent à jouer avant que la pelouse ne soit labourée. Idem du côté de Lyon, où Bourgoin s’exile de temps en temps. «Le principe de partager le stade, on l’accepte, indique Fabrice Herrault, le directeur général du Paris FC qui n’a pourtant jamais été sondé sur le sujet. Il n’y a aucun problème là-dessus. La seule et unique inquiétude, c’est la dégradation de la pelouse.» Car cette saison déjà, avant même de parler de prises d’appuis et de mêlées, la pelouse de Charlety ne ressemblait pas à un billard.


«C’était plus un handicap qu’autre chose, avance Palmieri. Alors là, avec des rugbymen… Je n’imagine pas. J’espère juste que s’il y a deux fois plus de matchs, il y aura deux fois plus de jardiniers.» De ce côté-là, la mairie de Paris aurait tout prévu. Pour rassurer les joueurs de National, Jean Vuillermoz, l’adjoint aux sports de la Ville de Paris promet la mise en œuvre de moyens conséquents. «On risque effectivement d’être amené à changer souvent des morceaux de pelouse. Il n a pas d’inquiétude à avoir.» En cherchant bien, les Parisiens pourraient même bénéficier d’un «effet rugby». Cette saison, l’affluence moyenne du club tournait autour de 600 spectateurs. Autant dire que le stade de 20.000 places sonnait plutôt creux. «Est-ce que Charlety sera plus populaire avec la venue du Stade français? Est-ce que les gens vont venir voir plus facilement le PFC? Peut-être bien», anticipe le capitaine du PFC, déjà réconcilié avec ses futurs collocs. Vivement la pendaison de crémaillère.