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Fails du mercato (bonus): Quand De Gea rate le Real (pas) à cause d'un fax

Fails du mercato (bonus): Quand De Gea rate le Real à cause d'un fax à la bourre (ou pas...)

FOOTBALLC'est un peu facile de tout mettre sur le dos de cette pauvre machine en fin de vie...
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • A l'été 2015, en toute fin de mercato, De Gea est sur le point de rejoindre le Real Madrid mais une affaire de documents envoyés à la bourre fait tout capoter
  • En réalité, ce transfert raté s'explique tout autrement
  • Une partie de poker s'engage entre le Real et Manchester United, à l'avantage du club anglais

Dans le foot, le fax en retard envoyé dans la nuit du 31 août au 1er septembre en toute fin de mercato, c’est un peu comme avec les histoires grivoises de tonton Jean-Pierre à la fin du repas de famille, impossible d’y couper. Alors, quand on s’est rendu compte qu’on avait oublié d’écrire un épisode à ce sujet dans la mini-série des histoires les plus pétées du mercato, on a décidé de vous offrir un petit bonus. Oui, à 20 Minutes, quand on aime (et on vous aime à mourir), on ne compte pas.

Le cas le plus célèbre reste incontestablement celui de David De Gea. A l’été 2015, alors qu’il pense signer au Real Madrid et s’apprête à dire « good bye Manchester », le gardien espagnol tombe de haut. Et pour cause, le transfert a capoté dans les derniers instants à cause d’une sombre histoire de contrats pas arrivés à temps sur le bureau du Real. Le lendemain, toute la planète foot n’a qu’un mot à la bouche, « fax ».

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Ah, le fax… Vous savez, c’est cette drôle de machine qui pèse une blinde et qui sert à envoyer des documents en toute sécurité et confidentialité d’un interlocuteur à un autre. Bon, si vous avez moins de 25 ans et que vous lisez ces lignes, ne cherchez pas, c'est trop vieux pour vous. Et à vrai dire, c’est pas très grave, à l’heure d’internet et des échanges par mails, le fax est à deux doigts d'être has been.

Le fax ? Bien sûr, et pourquoi pas le Minitel...

Ne nous en voulez pas si l’on casse le mythe d'entrée, mais il faut que ça soit dit: cette histoire de fax n’est qu’une énorme foutaise. Il y a bien longtemps que les clubs ne finalisent plus leurs deals à l’aide de ce bidule en cours de ringardisation. « Il faut arrêter avec ce fantasme, confirme Louis Denolle, avocat au barreau de Versailles et agent agréé par la FFF. Aujourd’hui, les clubs échangent par mails en permanence. »

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Mais alors, pourquoi le mythe persiste-t-il (surtout dans la presse, soyons honnêtes) ? « Parce qu’il y a un petit côté théâtral là-dedans, répond Denolle. C’est comme quand on parle des fameuses VHS qui serviraient aux clubs et aux agents à recruter un joueur. Cela n’existe plus mais ça fait romantique de dire ça. »

En revanche, dans ce « De Gea Gate », une chose est vraie. Le transfert a foiré car Manchester a tardé à envoyer les derniers documents aux dirigeants du Real. Sauf que c’est quand même un peu plus compliqué que ça. « Quand on sait qu’un grand nombre de transferts se font lors de cette fameuse dernière journée, ça peut arriver qu’il y ait du retard dans l’envoi des documents, concède l’avocat. Mais là, pour le transfert d’un joueur comme De Gea, ce n’est pas très crédible. » En effet, tout ceci n’est que de la poudre de Perlimpinpin.

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Pendant que le Real et Manchester United se rejette la faute par presse interposée, jouant à merveille le fameux couplet du « c’est pas moi, c’est toi », c’est la vérité qui est mise K-O. Pour comprendre ce qu’il s’est vraiment passé, il est préférable de poser la question à Diego Torres, journaliste à El País, qui a suivi l’affaire de A à Z. Mais avant de lui laisser la parole, on va quand même tenter d’élaguer un peu ce bordel.

Florentino Perez veut rapatrier le portier de la Roja à la maison et signe avec le joueur un accord privé dans lequel le Real s’engage à tout faire pour le recruter avant le 1er septembre ou, au pire des cas, en janvier de l’année suivante. Si cela ne se fait pas, le club devra payer au joueur une indemnité compensatoire pour les préjudices occasionnés (environ 15 millions). De son côté, le joueur doit se contenter de faire le forcing auprès des Red Devils pour qu’ils le laissent foutre le camp. Fidèle à ses engagements et décidés à rentrer au pays, le gardien remplit sa part du marché et obtient de Man U l’autorisation de partir.

Sauf qu’entre-temps, Keylor Navas réalise une grosse pré-saison avec le Real et se met le public du Bernabeu dans la poche. En fin politique et bon argentier, Perez décide alors de mettre le dossier De Gea en stand-by, se disant qu’il le récupérerait gratos la saison suivante et éviterait par la même occasion de se mettre une partie du public à dos.

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« Seulement, Florentino Perez n’a jamais expliqué cela à De Gea, il l’a laissé sans aucune nouvelle de tout l’été, confie Diego Torres. Ils ont feint de négocier avec Manchester pour que le joueur continue de croire que ça allait se faire mais en réalité ils n’ont jamais fait la moindre offre ... »

De Gea, le cocu de service

A deux jours de la fin du mercato, De Gea finit par se dire qu’il y a un loup. Il téléphone à son agent, Jorge Mendes, pour lui dire de faire pression sur le Real. « Il me transfère maintenant ou tout est fini et je signe la prolongation de contrat avec Man U », en gros. Et voilà comment le Real s’est retrouvé à négocier un transfert XXL un 31 août à midi.

On laisse le fin mot de l’histoire à notre confrère espagnol : « Les dirigeants mancuniens, qui avaient attendu durant tout le mois d’août qu’une offre arrive sur leur bureau, ont eu l’impression de se faire prendre pour des cons. Ils se sont dit ‘ce n’est pas sérieux, ils ne font pas d’offre de tous le mois d’août et là ils arrivent en pensant qu’ils vont rafler la mise et nous refourguer un autre gardien (Keylor Navas, ndlr) à quelques heures de la fin du mercato.’ Ils ont donc fait semblant d’ouvrir les négociations, tout en faisant tout pour ralentir le processus et faire capoter l’opération. Ils n’ont jamais eu l’intention de vendre De Gea au Real ce jour-là. » Œil pour œil, dent pour dent. Et le fax dans tout ça ? Du pipeau, rien que du pipeau.