PSG: Peur de personne, à l'écoute et fou de foot... Pourquoi Emery finit toujours par se faire aimer
FOOTBALL•Le football est un sport qui se jour à onze, et à la fin, c'est Unai Emery qui se fait aimer...W.P.
Mardi soir, Unai Emery a quitté Bordeaux avec le sourire. Mine de rien, l’entraîneur basque tient déjà sa première finale (en Coupe de la Ligue) sur le banc du Paris Saint-Germain. Signe que les choses vont mieux pour lui après la douloureuse traversée d’une tempête médiatique, fin 2016.
De fait, c’est toujours pareil avec le triple-détenteur de l’Europa League. Contesté à ses débuts, il finit toujours par séduire son monde au gré des saisons, du vestiaire aux tribunes en passant par la presse (sauf au Spartak Moscou, où le contexte ne lui était guère favorable). C’est du moins ce qu’il ressort de la biographie de l’intéressé, El Maestro, écrite par Romain Molina (Hugo Sport)*.
Peu importe s’il a été taxé de bizut à ses débuts à Lorca (D3 puis D2 espagnole), jugé trop jeune à son arrivée à Alméria (D2 puis D1) et pas assez célèbre pour l’exigeant Mestalla (Valence), Unai Emery a toujours fini par se faire apprécier, sportivement mais surtout humainement. « Me dire que je suis une bonne personne. C’est l’éloge le plus important pour moi », signe-t-il dans sa biographie. Tout s’explique.
« Le mec a marqué les gens parce qu’il a des couilles »
Si les résultats plaident en la faveur d’Emery, c’est surtout par son humanité, son honnêteté et son caractère que le Basque fascine. Interrogé par Romain Molina à l’instar de quarante autres intervenants, Sofiane Feghouli, qui a croisé El Maestro du côté de Valence, se souvient :
« Lors d’un entraînement, un joueur a voulu frapper Unai. Il l’a regardé tranquillement, sans bouger, pas impressionné […], c’est un bonhomme. » Un courage qui ne laisse personne indifférent, pas même un homme capable de traiter son boss de fiotte. « Aurier a beaucoup de respect pour le fort caractère d’Emery. C’est quelque chose qu’il apprécie », appuie le biographe. Et d’ajouter :
« « Carlos Bacca [attaquant du Milan AC et de la Colombie, ndlr] s’est pris de nombreuses fois le bec avec Unai et aujourd’hui c’est le premier à vouloir retravailler avec lui. Humainement, le mec a marqué les gens parce qu’il a des couilles. » »
Et parce qu’il refuse de contourner les problèmes. Quand la presse française voit dans une longue discussion musclée (à l’automne) entre les cadres du Paris Saint-Germain et leur entraîneur une remise en cause de l’autorité d’Emery, ce dernier y voit un signe positif, une envie d’aller vers l’avant.
« Il aime discuter avec les joueurs, il aime quand ils lui montrent qu’ils s’intéressent au jeu, au football », explique Molina, donnant l’exemple de Marco Verratti, élément parisien le plus enclin à théoriser sur le ballon rond avec son patron. « Marquinhos, Thiago Silva et Thiago Motta aiment également beaucoup ça et le respectent beaucoup », ajoute-t-il, loin, très loin du cliché de l’homme incapable de gérer un grand vestiaire.
L’homme qui murmurait à l’oreille des remplaçants
Presnel Kimpembe n’a pas dix matchs dans les pattes en Ligue 1 cette saison. Il n’a plus joué depuis le 30 novembre 2016 et un succès tranquille au Parc contre Angers. Ça ne l’empêche pas d’entretenir « de très bonnes relations avec Unai Emery » selon le journaliste. Idem pour Ben Arfa, que certains ont élevé au rang de martyr car laissé de côté par le Basque au mois de septembre. « Il n’y a jamais eu de problèmes entre Hatem et lui. Ils s’entendent bien », croit même savoir Molina.
Là encore, rien de surprenant. Depuis le début de sa carrière, le gringalet a le chic pour se mettre ses remplaçants dans la poche et garder la paix dans le vestiaire. « Je dirais qu’il est presque meilleur avec eux. Il leur parle beaucoup, s’intéresse à eux et leur fait sentir qu’ils sont aussi importants que les titulaires. C’est fort. » Timothée Kolodziejczak, chauffeur de banc à son arrivée à Séville, abonde dans ce sens.
« « Unai m’a toujours dit de rester tranquille, car il allait me faire jouer et me donner un rôle dans la saison. Il est parvenu à me faire sentir impliqué même sur le banc. Et il a tenu parole parce que j’ai fini ma première saison titulaire. » »
Par amour pour le foot
Enfin, il y a ces promesses plus folles les unes que les autres que le magicien réussit toujours à tenir, comme lorsqu’il passe un coup de fil à un Adil Rami en chute libre pour lui proposer de rejoindre le FC Séville. « Tu vas retrouver ton niveau et jouer l’Euro », ou celle faites à ses dirigeants de laisser Valence sur le podium de la Liga avant de s’envoler vers de nouveaux cieux en 2012.
Pour ces raisons et bien d’autres, presque tout le monde aime Emery, et vice-versa. « La seule limite, c’est l’amour du football. Emery ne conçoit pas que l’on puisse jouer sans être passionné par le football », conclut Molina, sans doute inspiré par ces mots que lui a adressés Albert Crusat, un ancien d’Alméria. « Je crois que la plus grande tristesse pouvant toucher Unai, ce serait de tomber sur un groupe où les joueurs ne ressentent plus rien pour le football. »
*El Maestro, de Romain Molina (Hugo Sport), disponible dès le 26 janvier 2017


















