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L1: Les jeunes arbitres sont formés pour résister aux pressions externes

Polémique ASM-OL: Comment les jeunes arbitres sont formés pour résister aux pressions des dirigeants

FOOTBALLLes jeunes arbitres ont plus de mal à se faire respecter des entraîneurs/dirigeants à très fort caractère que leurs homologues expérimentés...
W.P.

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Aulas et l’arbitrage. Depuis que Vadim Vasilyev a allumé la mèche dimanche après la défaite monégasque contre l’OL (1-3), tout le monde ne parle que de ça. Résultat, il pleut des vieilles histoires et des casseroles. « Jean-Michel Aulas fiche les arbitres », « Jean-Michel Aulas va dans le vestiaire des arbitres » font partie de ces anecdotes entourant le président lyonnais évoquées en début de semaine.

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L’une d’entre elles, mise en exergue dans le quotidien L’Equipe, a retenu notre attention. Il s’agit d’une quote du boss des Gones himself.

« « On ne s’adresse pas de la même manière à un Gilles Vessière, une star de l’arbitrage ayant une forte personnalité, qu’à un jeune arbitre. » »

Autrement dit, on taquine voire influence plus facilement un François Letexier qu’un Pierluigi Collina. On ne peut pas vraiment parler de scoop mais cette déclaration a le mérite de soulever une question : comment apprend-on aux jeunes arbitres en voie de professionnalisation à gérer la pression de tel ou tel dirigeant, de tel ou tel entraîneur ? Le travail de la commission fédérale des arbitres en la matière peut se diviser en trois axes majeurs :

  • Sensibilisation aux pressions pouvant être exercées par « x » ou « y » dirigeant/entraîneur
  • Formations à la résistance au stress
  • Mise en confiance des jeunes arbitres avant de les jeter dans le grand bain

« On les sensibilise aux polémiques »

Eric Borghini, président de ladite commission fédérale contacté par 20 Minutes, met un bémol en préambule. « Les apprentissages particuliers n’existent pas », explique-t-il. « On n’a pas de thérapie miraculeuse, c’est avant tout à eux de se forger leur carapace », confirme quant à lui Eric Poulat, conseiller technique régional de la commission d’arbitrage de la Ligue de Football de Bretagne. Comme chez les footballeurs, « l’autorité naturelle se trouve dans les gènes », ajoute-t-il.

Les instances formatrices de l’arbitrage professionnel se contentent donc de forger, de perfectionner des jeunes loups prédisposés à résister à des situations tendues. « On les met en garde contre les déclarations de tel ou tel président avant les rencontres et qui se placent dans un contexte d’influence » illustre Eric Borghini, qui évoque par ailleurs un contexte de « pression énorme » (notamment lié à la peur de mal faire et donc de descendre en grade) également mis en avant par Eric Poulat.

« « On sait qu’ils vont être mis en cause en permanence sur le terrain et en dehors donc on les sensibilise aux polémiques. » »

D’où l’importance du travail mental des jeunes pousses. « Contrairement à ce que l’on peut entendre dire, il n’y a pas de test mental. Il s’agit de formations à la résistance au stress qui sont régulièrement données par des intervenants qualifiés afin de partager leurs aptitudes psychologiques avec les arbitres », décrit Eric Borghini.

S’imposer par « une autorité de compétence »

C’est bien joli tout ça, mais on ne sait toujours pas ce que doit faire un bizut pour réussir à gagner le respect des personnages coriaces que sont Jean-Michel Aulas ou Vadim Vasilyev. Fort heureusement, le président de la commission fédérale d’arbitrage a sa petite théorie là-dessus.

« Si une certaine aura entoure les arbitres expérimentés comme Clément Turpin ou Ruddy Buquet, le jeune doit lui s’imposer par une autorité de compétence qu’il acquiert en préparant ses matchs de manière approfondie, presque parfaite afin de convaincre grâce à ses compétences. » Ruddy Buquet - bien qu’il soit loin d’être un novice - en est le parfait exemple : au vu de l’excellente copie qu’il a rendue lors d’ASM-OL, Jean-Michel Aulas aura bien du mal à le regarder de haut à l’avenir.