Clasico: Trophées, records, coaching... On s'était bien plantés sur Zidane, c'est un super entraîneur
FOOTBALL•Mine de rien, Zinédine Zidane s'impose comme l'un des meilleurs entraîneurs de l'actualité...William Pereira
«Zidane est éternel et il restera avec nous toute la vie. » Hyperbolique, Florentino Pérez n’en est pas moins honnête en évoquant la position confortable de l’entraîneur français au Real Madrid. Nommé en dernier recours après le départ de Rafael Beñitez le 4 janvier, l’ancien numéro 10 des Bleus a depuis fait taire les sceptiques en remportant la Ligue des champions du premier coup.
aEt ce n’est pas tout. Avec 32 matchs sans défaite, Zizou le coach n’est qu’à deux longueurs de la pluslongue série d’invincibilité de l’histoire de la casa blanca. Des débuts tonitruants qui posent deux grosses questions : comment a-t-on pu se planter à ce point sur les qualités d’entraîneurs de ZZ, et sur quoi a-t-il bâti son succès ?
Début 2016, Zidane n’avait aucune référence au plus haut niveau
La réponse à la première question est plutôt simple. Zizou n’avait aucune expérience au plus haut niveau et il était donc impossible de prédire la suite des événements. Certes, il a fait un stage formateur avec Carlo Ancelotti et a sans doute appris de José Mourinho à l’époque où le Français était directeur sportif du Real. Mais en janvier 2016, Zidane était surtout l’homme aux 44 % de victoires avec la Castilla. Pas de quoi faire lever des foules.
Aux commandes du clasico samedi (16h15) sur beIN Sports, Omar da Fonseca concède avoir été de ceux qui doutaient des capacités du technicien tricolore. « C’est surtout sa personnalité qui suscitait des interrogations », explique le consultant, avant de développer.
« « C’est un mec réservé, que l’on connaissait peu sur le banc et pas forcément autoritaire. A la Castilla il était même plutôt timide. » »
Il se sert à merveille de son expérience de joueur
Là où l’on a tous eu faux, c’est que le présumé point faible du Français était en fait son point fort. Peu bavard et pas du genre à gueuler, Zidane est plus pédagogue que donneur de leçons. C’est ce qu’essaye de nous faire comprendre Paco Buyo, ancien portier du Real.
Mais ça ne veut pas dire pour autant que Zizou est du genre à flamber pour avoir claqué un doublé en finale de Coupe du Monde et l’un des plus beaux buts de l’histoire de la Ligue des champions. « C’est là où je le trouve très fort », nous dit Omar da Fonseca.
« « L’ex-joueur expérimenté n’est jamais mis en avant dans ses discours devant les médias. Il est très modeste. C’est brillant. » »
Il a su s’adapter à l’effectif mis à sa disposition
Etre un bon entraîneur, ce n’est pas forcément imposer une identité de jeu à la Guardiola ou Klopp. Paco Buyo n’a pas peur de dire que « tactiquement, il n’y a pas vraiment de style Zidane. Ton style de jeu dépend des joueurs dont tu disposes et ça, il l’a compris. Il n’est pas du genre à vouloir contrôler à tout prix son effectif. Il sait faire confiance au talent de ses joueurs », déclare l’ancien gardien de but.
Laisser de la liberté à ses joueurs ne veut pas forcément dire que Zizou ne fait aucun choix tactique, comme le souligne Omar da Fonseca. « Il a réussi à repositionner Cristiano Ronaldo en 9, il a fait de Casemiro le joueur qui solidifie le milieu, et Kovacic est un poil plus défensif qu’à l’Inter. Ça montre bien qu’il connaît les qualités de ses joueurs et les besoins de son équipe », enchaîne le consultant.
Il a fait des seconds couteaux des lames affûtées
Pepe et Ramos ne sont pas là contre l’Atlético Madrid ? Pas grave, ZZ aligne Nacho-Varane dans l’axe et corrige les colchoneros. Gareth Bale est indisponible pour une longue durée ? Les étonnants Lucas Vazquez et Asensio feront bien l’affaire… Sous Zidane, les remplaçants sont proches des titulaires en termes de niveau de jeu. « Quand Zizou les lance, ils ne se plantent presque jamais », appuie da Fonseca.
« « Il a réussi à faire le plus dur, à savoir concerner tout le monde dans l’équipe. Asensio, Isco, Vasquez… Quand ils ne jouent pas, ils ne pleurent pas. Ils attendent leur tour. » »
Et de s’interroger. « Est-ce que le climat reste calme parce qu’ils jouent assez souvent grâce aux blessures des uns et des autres ou est-ce réellement une gestion parfaite du coach ? On ne sait pas à 100 %. Mais en tout cas ça réussit à Zidane. »
Il commence même à prendre des risques sur le banc
Là encore, c’est le consultant de beIN Sports qui l’affirme. « A ses débuts, il était plus conservateur dans ses choix. Maintenant, il commence à essayer des choses, il est plus audacieux, il se lâche », analyse l’Argentin. Cela a été le cas lors du derby de Madrid, où il a réussi à battre Simeone à son propre jeu de pressing bas et de contre.
aOptimiste, Omar da Fonseca estime même que le technicien merengue « ne peut que s’améliorer » avec le temps. Ça promet. « Mais attention », prévient Paco Buyo, « le Real, c’est le Real. Tant que Zinédine continuera de gagner comme il l’a fait en Ligue des champions et s’il réussit à gagner la Liga, ça ira. Mais dès qu’il commencera à perdre, ça deviendra difficile comme pour tout le monde. » Reaaal, ton univers impitoyaaable…


















