JO 2016: Des courants dans la piscine auraient avantagé certains nageurs (mais ça n'a pas suffi aux Français)
JO 2016•Ils avaient déjà remarqué le même phénomène lors des Mondiaux de natation de 2013...M.C.
Les piscines de Rio ont déjà fait parler d’elles en prenant une belle teinte verdâtre, qui ne présentait pas de danger pour la santé des athlètes, selon les organisateurs. Plus grave, des courants dans le bassin de vitesse auraient favorisé ceux qui nageaient dans certains couloirs, affirment trois chercheurs dans le Wall Street Journal.
Joel Stager, directeur du centre Consilman pour la Science de la natation à l’Université de l’Indiana, et ses deux collègues, avaient déjà publié il y a deux ans une étude montrant que les courants avaient affecté les performances des nageurs dans le bassin des championnats du monde de natation à Barcelone en 2013. Après avoir comparé les temps enregistrés à Rio pendant la compétition, ils affirment qu’un phénomène similaire s’est produit, qui a favorisé certaines lignes d’eau dans les courses sur 50m.
Les nageurs plus lents dans un sens que dans l’autre
Chiffres à l’appui, ils notent que parmi les huit hommes et huit femmes qui ont remporté les demi-finales du 50m nage libre, tous sauf un nageaient dans les lignes 4 à 8. Ils affirment aussi que les athlètes qui nageaient dans les lignes 5 à 8 lors des séries ou des demi-finales, puis dans les lignes 1 à 4 lors des étapes suivantes, avaient vu leurs performances baisser, alors que le rythme est plus soutenu à mesure que la compétition progresse.
Des six athlètes (trois hommes et des trois femmes) médaillés en 50m nage libre, cinq évoluaient dans les lignes 4 à 8, affirment-ils enfin. L’exception étant l’Américain Anthony Ervin, champion olympique sur la longueur alors qu’il nageait dans la ligne 3. Enfin, les chercheurs affirment que sur 800m et 1500m, les athlètes placés dans les couloirs 1 à 3 nageaient en moyenne 0,6 secondes plus lentement sur les longueurs aller et que sur les longueurs retour.
« C’est un gros problème. C’est horrible », s’exclame Joel Stager. Une porte-parole de la société Myrtha Pools, qui a fabriqué les piscines utilisées à Barcelone et à Rio, affirme pourtant au Wall Street Journal que les tests réalisés avant et pendant les JO 2016 n’ont pas montré l’existence de courants dans la piscine. La Fédération internationale de natation (FINA) serait en train de se pencher sur les trouvailles des trois scientifiques.


















