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JO 2016 : Les voileux Français analysent le vent de Rio depuis quatre ans

JO 2016 : Si les voileux français sont aussi forts, c’est parce qu’ils analysent le vent de Rio depuis quatre ans

NATATIONEh oui, des médailles, ça se travaille…
Bertrand Volpilhac

B.V.

De notre envoyé spécial à Rio,

Et si la voile était le plus grand pourvoyeur de médailles de la délégation française à ces JO ? Vu comme c’est parti, avec les médailles d’or de Charline Picon et de bronze pour Pierre Le Coq en planche en voile, on dirait bien qu’il y a un gros combat avec la boxe. Et ce n’est pas tout à fait un hasard. Depuis quatre ans, la Fédération française de voile a mis les moyens pour comprendre comment fonctionne le vent de la baie de Guanabara, où se déroulent les épreuves.

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Depuis 2013, « l’homme météo » de la FFV David Lanier vient s’enjailler un mois entier à Rio. « A chaque fois en août, précise-t-il, car il y a un vent bien spécifique à ce moment-là. » Son rôle ? « On est en zodiac et on sillonne la baie pour mesurer le vent et le courant à l’aide de centrales météo ou des outils de lectures du courant sur des logiciels de navigation. On recueille plein de données et on développe des outils pour aider et alerter les athlètes et les entraîneurs sur le vent ».

Un Word tous les matins

Plus concrètement : à l’aide de ses données, il donne chaque matin le film du vent de la journée en fonction de la zone de navigation dans laquelle le régatier se trouve – il y en a cinq. « A 8h telle direction, à 10h évolution à gauche ou droite ». « On a un petit document Word tous les matins avec des vignettes travaillées pour nous donner toutes les informations dont on a besoin sur les plans d’eaux, précise Sarah Steyaert, pour l’instant 11e provisoire en 49er FX avec Aude Compan. Après, chacun l’utilise comme il veut : moi je fonctionne en tendances, je regarde quelle va être celle de la journée. »

D’autant plus que le plan d’eau de Guanabara est loin d’être un secteur tranquille. « Sa difficulté, c’est qu’il est entouré de beaucoup de reliefs. Le Corcovado, c’est 800 mètres. Le Pain de sucre, c’est 350, explique David Lanier. Donc ça dévie le vent, qui tourne autour et se canalise. » C’est aussi pour ça que les athlètes eux aussi sont venus plusieurs fois depuis 2013 et qu’ils sont arrivés plus d’un mois avant les JO.

La baie où a lieu les épreuves à Rio
La baie où a lieu les épreuves à Rio - SIPANY/SIPA

« On avait vraiment la volonté de faire de ce plan d’eau notre chez nous. »

« C’était hyper important de venir, confirme Sarah Steyaert. La première fois que je suis venu j’ai trouvé le plan d’eau très perturbant. On peut avoir des vents chauds comme des froids, ce qui change la densité de l’air, l’impact du vent dans la voile et donc tous les réglages. Il faut aussi s’habituer à la lecture du vent sur l’eau. La couleur peut varier en fonction du vent, des fois elle peut être toute lisse mais en fait il y a du vent. Il y a des feintes (rires). On avait vraiment la volonté de faire de ce plan d’eau notre chez nous. »

Un boulot colossal pour une aide qui peut se révéler anecdotique. « Ce travail est important mais ce qui prime c’est qu’on va vivre sur l’eau, poursuit Steyaert. C’est ce qu’on appelle l’intelligence situationnelle et c’est ce qui fait que le sport est difficile à comprendre. » « C’est possible de gagner sans tout ça, en sourit David Lanier. Mais c’est beaucoup plus difficile. » En même temps, on le voyait mal nous dire qu’il ne sert à rien.