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JO 2016: Non, Zika ne va pas pourrir les JO (mais il y a des risques quand même)
JEUX OLYMPIQUES•Ce n'est pas un moustique, même tigre, qui va nous gâcher le plaisir aux Jeux olympiques de Rio...Romain Baheux
De l’un de nos envoyés spéciaux à Rio,
« Non mais, tu n’as pas peur de Zika ? » « C’est quand même chaud pour la santé ça, non ? » Merci les potes de nous avoir fait flipper. Un nom qui fleure bon la maladie tropicale, des complications inquiétantes dans certains cas et la crainte que notre citronnelle soit aussi efficace sur le moustique tigre qu’un crachat sur un Panzer et voilà qu’on s’est retrouvés à préparer notre déplacement aux JO en parcourant frénétiquement toutes les pages du site de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Au lieu de se tourmenter comme après notre première visite sur Doctissimo - une sombre histoire de coupure sur une porte de jardin un peu rouillée -, on s’est décidé à appeler l’Institut Pasteur, référence dans le domaine des virus. Alors, a-t-on de fortes chances de devenir à notre tour, comme 1,5 million de Brésiliens, infectés par Zika ?
« On constate une baisse importante du nombre de cas, rassure Anna-Bella Failloux, directrice de recherches. En gros, ceux qui devaient être atteints l’ont déjà été et les autres ont développé une immunité. » Ajoutez à cela que Rio vit actuellement ses mois d’hiver (avec quand même un petit 24 °C mercredi) et que forcément, le moustique tigre traverse des heures difficiles loin de sa moiteur adorée. Le risque est donc bien moindre. Mais pas inexistant pour autant, comme l’a rappelé le gouvernement français mercredi en demandant à ses ressortissants de prendre leurs précautions.
« On met du répulsif, on suit les consignes, mais franchement, on ne se lève pas le matin en disant qu’on va être contaminés », glisse le handballeur Ludovic Fabregas. « J’ai vu moins de moustiques ici qu’à Paris, s’amuse le joueur de water-polo Mehdi Marzouki. Après, on se dit quand même qu’il faut faire attention. »
Car si ce coquin de destin met un moustique chargé de Zika sur notre route, que se passe-t-il ? « Tout d’abord, vous avez peu de chances de vous en rendre compte puisque 80 % des cas sont asymptomatiques, explique Anna-Bella Failloux. Les 20 % restants s’exposent à des symptômes de grippes : fièvre importante, des difficultés à se déplacer… » Certains cas, très rares, ont débouché sur des troubles neurologiques bien plus importants.
Mais le danger n’est pas tant pour les athlètes en pleine santé que pour les femmes enceintes. Le nourrisson risque de développer une microcéphalie, une malformation de la boîte crânienne. Si passé soixante-dix jours, le virus n’a que très peu de chances de demeurer dans le sperme, cette perspective a fait - au moins officiellement - rebrousser chemin à plusieurs golfeurs et joueurs de tennis.
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Plus vicieux encore, il y a la perspective de ramener Zika en France en revenant du Brésil. Imaginez :
- Vous attrapez le virus sans vous en rendre compte (80 % des cas on rappelle) ;
- Vous revenez tranquillement et vous faites piquer par un moustique tigre ;
- Ledit moustique va se payer votre voisin, qui n’a évidemment pas enduit ses bras de répulsif.
« C’est ce qu’on appelle des cas importés, développe Anna-Bella Failloux. On pourrait ainsi se retrouver avec une micro-épidémie, sans en arriver à la situation du Brésil. » Amis athlètes, ne vous vexez donc pas si on ne vous convie pas aux derniers barbecues estivaux.


















