Dakar 2015: Les petits trucs des pilotes pour rester frais en fin de course
FATIGUE•Alors que les concurrents abordent l’avant-dernière étape du rallye, ce vendredi, ils leur faut plus que jamais faire attention à la gestion de leur physique...Nicolas Camus
De notre envoyé spécial à Termas Rio Hondo (Argentine)
La fatigue, la chaleur, les changements de température, les passages en très haute altitude… Pour aller au bout d’un Dakar, il faut certes savoir naviguer sur tous types de terrains, mais il faut aussi savoir gérer un tas d’éléments extérieurs. Alors que les concurrents abordent l’avant-dernière étape du rallye, ce vendredi, entre Termas Rio Hondo et Rosario, la fraîcheur est primordiale pour éviter le coup de pompe fatal.
>> Retrouvez ici le blog de Bruno Da Costa, motard sur le Dakar
Pour cela, au-delà de la bonne douche qui va bien à l’arrivée des spéciales, chacun a ses petits trucs. «Moi, je fais attention depuis le premier jour, indique Olivier Pain, plutôt du genre prévoyant. J’essaye de ne pas trop traîner après être arrivé, de ne pas me disperser, je vais me faire masser. Même si au soir de la première étape on a l’impression que ça ne sert pas à grand-chose, arrivé là on se dit qu’on a bien fait d’anticiper.»
D’autres s’adaptent au jour le jour. Après avoir traversé la Cordillères des Andes et ses sommets à plus de 4.500 mètres la veille, l’arrivée dans la fournaise de Termas Rio Hondo, jeudi, avec un bivouac sans ombre installé sur un charmant et bucolique circuit automobile, a éprouvé les organismes. «Je ne le fais pas d’habitude, mais sur ces deux derniers jours [mercredi et jeudi] je passe voir nos physio[thérapeutes], avoue Mathieu Baumel, le copilote du leader auto, Nasser Al-Attiyah. L’altitude nous a fait mal, ça permet de mieux dormir.»
Un petit verre «juste pour amorcer la chute vers le matelas»
Les journées sur la route et les nuits de 4-5h sous des tentes (ou dans des caravanes pour les mieux lotis) attaquent le physique, mais aussi le mental. C’est même là que tout se joue en fin de parcours. «La fraîcheur dans la tête, c’est le plus important, juge Alain Duclos. Et pour ça, les ressorts sont propres à chacun. Certains aiment s’isoler, personnellement je discute avec des personnes en qui j’ai toute confiance et qui m’apportent un soutien indéfectible.» «Nous, on essaye de ne pas se dire qu’on est à deux jours de l’arrivée. Ce serait le meilleur moyen de se relâcher et de se planter», ajoute Mathieu Baumel.
Pour s’aérer un peu l’esprit, le soir, le repas en collectivité est toujours un moment privilégié. «On discute avec les collègues pilotes, on raconte des blagues. Et comme plus ça va, plus on a des histoires à raconter, on rigole encore plus en fin de rallye», explique Olivier Pain. Avec un petit verre de bière ou de vin pour accompagner tout ça? Là, deux écoles s’affrontent. Il y a les jamais, et les presque jamais. «Ça peut m’arriver dans les périodes de tension. Comme je ne bois pas d’alcool d’habitude, le moindre verre me casse complètement. C’est juste pour amorcer la chute vers le matelas», se marre Alain Duclos. Si ça permet d’éviter celle qui obligerait à abandonner si près de Buenos Aires, alors ça va.


















