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Ligue 1: Pour Jean-Louis Triaud, «tant mieux pour Paris et pour Monaco et tant pis pour les autres»
FOOTBALL – Le président des Girondins de Bordeaux fait le point sur la situation de son club, qui doit apprendre à n’être qu’un outsider de la Ligue 1 dans l’ombre des gros que sont Monaco et Paris...Propos recueillis par Marc Nouaux
Jean-Louis Triaud, le président bordelais, a livré son sentiment sur le nouveau paysage du football français avant de recevoir le PSG. Candidat au titre dans un passé récent, son club doit maintenant se contenter des miettes. Une situation difficile à admettre.
Comment apprend-on à exister dans l’ombre des deux gros clubs ?
On n’a pas le choix... Tu subis. On sait qu’il y a deux clubs, je ne peux pas valider les chiffres du budget du PSG, j’ai entendu parler de 450 millions, je n’en suis pas sûr mais je sais que c’est largement plus que le nôtre qui doit être autour de 65 millions. Monaco, c’est pareil si on met à la sauce française leur budget, il dépasse largement les 250 ou 300 millions… c’est comme ça.
L’ambition est donc mesurée par fatalité…
Sur un match on peut tout espérer même contre ces équipes mais sur la durée d’un championnat, ce n’est pas réaliste de penser que l’on peut finir devant. Il n’y a qu’à se référer aux autres championnats étrangers quand il y a la présence de deux clubs qui écrasent le championnat, ils sont toujours premiers et seconds.
Ce nouveau contexte est-il difficile à admettre?
On ne se pose pas la question. C’est une réalité qui s’impose à toi, qu’est-ce que l’on peut y faire? Quand c’est fait, on constate, on se dit tant mieux pour les Parisiens et pour Monaco et tant pis pour les autres. On peut faire un Grand Stade mais qu’est-ce que l’on peut y faire de plus. Cela ne sert à rien de ruminer.
Ce nouveau paysage du football français vous plaît ?
Je n’ai pas à donner mon avis… Qu’est-ce que ça peut faire? C’est la réalité, ça ne sert à rien de commenter pendant des heures, ni de se taper la tête contre les murs. Cela ne changera rien. Il peut y avoir des côtés positifs…
Pensez-vous à une solution miracle pour rivaliser?
A moins d’essayer de ruiner les Qatariens et M. Rybolovlev mais à mon avis ça va être difficile… [Sourires]. Il n’y a pas de solution, ce n’est pas un problème en soi. C’est une réalité que l’on est bien obligé d’admettre. C’est la même chose en Espagne à la seule différence près qu’à Paris jusqu’à maintenant, les Qatariens assument leurs investissements et ne mettent pas leur club en déficit alors que c’est le cas à Madrid. Disons, que c’est un peu moins choquant pour l’instant en France.
Bordeaux peut-il viser un podium à moyen terme?
On peut être sur le podium mais il y a une place qui va se jouer entre cinq ou six clubs. La seule chose que l’on peut espérer en étant optimistes, c’est qu’un jour, Paris et Monaco, en étant tellement brillants en Coupe d’Europe, offrent à la France une 4e place comme les Anglais ou les Espagnols. Ce serait le point positif au moins.
L’ambition d’un club comme Bordeaux aujourd’hui c’est de rentrer dans les six premiers et de viser une Coupe donc…
On doit viser de la 3e à la 6e place. Et une Coupe à condition d’avoir un bon tirage et espérer, si on joue Paris ou Monaco, qu’ils soient mobilisés pour des objectifs importants en Ligue des champions et qu’ils lâcheront un peu les Coupes en question.
Vendredi, ce sera le retour de Laurent Blanc avec le PSG au stade Chaban-Delmas…
Pour moi, ce n’est pas un événement, on va jouer contre le PSG et pas contre Laurent Blanc. Je suis content pour lui qu’il soit à Paris. S’il n’avait eu que des mauvais résultats à Bordeaux, il est évident que Paris n’aurait pas pensé à lui.



















