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Saut à la perche: Renaud Lavillenie est-il le nouveau Sergueï Bubka?

Saut à la perche: Renaud Lavillenie est-il le nouveau Sergueï Bubka?

ATHLETISME – Le Français a vu son saut à 6,07 mètres invalidé aux championnats d'Europe...
Romain Baheux

Romain Baheux

Il se serait rapproché un peu plus de l’idole. Déjà assuré du titre de champion d’Europe en salle avec un bond à 6,01 mètres, Renaud Lavillenie a franchi la barre des 6,07 mètres dimanche, devenant «officieusement le deuxième meilleur sauteur de l’Histoire» selon les mots de son entraîneur. Officieusement seulement car les juges de Göteborg a invalidé le saut du champion olympique, la barre touchant les taquets métalliques en retrait des poteaux. Et les larmes du Français n’y ont rien changé. «C’est indéniable, c’est plus difficile de sauter haut aujourd’hui qu’il y a 20 ans, juge Georges Martin, ancien entraîneur de Pierre Quinon et Thierry Vigneron. Les taquets sont plus courts, la barre ne peut plus décoller et on ne peut plus la remettre avec la main.»

«Il doit viser le record du monde»

La performance de Lavillenie a au moins permis de relancer le débat sur la probabilité de voir un jour le mythique record du monde de Sergueï Bubka (6,15 mètres) se faire battre. Fantasme dans la discipline, il semble dans les cordes de l’Auvergnat. «A 6,01 m, il a une bonne marge, juge Romain Mesnil, double vice-champion du monde en 2007 et 2009. A chaque fois qu’on voit des limites à sa technique, il parvient à les repousser.» «A moyen terme, il peut le faire, poursuit Georges Martin. Il ne se contentera pas juste de devenir le deuxième meilleur performeur mondial. Il doit viser le record du monde vu la réussite qu’il a.»

Lavillenie veut s’en donner les moyens. Après son titre olympique, il a changé d’entraîneur en quittant Damien Inocencio pour Philippe D’Encausse avec qui il va tenter de franchir un autre palier. Avec l’ambition de perfectionner sa technique qui s’est considérablement amélioré par rapport à ses débuts. «Il a pris beaucoup de puissance, il retombe moins sur sa perche, décrit Mesnil. Il a le même angle de saut que celui d’un sauteur en longueur maintenant.» «Il va falloir qu’il passe un cap psychologique en se confrontant à des perches plus dures, analyse Martin. Techniquement, il s’est vraiment bien amélioré. Il peut passer six mètres tous les jours en sautant comme un porc mais pour battre le record du monde, il doit bien sauter.» Pour ne plus laisser son sort entre les mains des juges.