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Twitter lance un ultimatum aux propriétaires de comptes haineux

Twitter serre la vis et lance un ultimatum aux propriétaires de comptes haineux

MODÉRATIONToute personne affiliée à une organisation violente s’exposera à une suspension de son compte sur Twitter à partir du 18 décembre…
Hélène Sergent

Hélène Sergent

L'essentiel

  • Le réseau social a modifié le 17 novembre ses conditions générales d'utilisation.
  • Une modération des comptes haineux et violents «depuis et en dehors» du réseau social pourra s'appliquer.

Vivement critiqué par les internautes et parfois par les autorités publiques de certains états, Twitter semble opérer un virage plus répressif en matière de modération. Longtemps, la plateforme de microblogging a délégué à ses utilisateurs le signalement de comptes ne respectant pas ses conditions générales d’utilisation. Il y a trois jours, le réseau social a apporté une modification importante qui inquiète les défenseurs des libertés individuelles.

A partir du 18 décembre prochain, Twitter pourra sanctionner ses utilisateurs qui publieraient « des images ou symboles haineux dans votre image ou bannière de profil », qui se livreraient à « des comportements inappropriés, tels que du harcèlement ciblé, ou pour exprimer de la haine envers une personne, un groupe ou une catégorie protégée » mais aussi ceux qui seraient associés « à des organisations qui, par leurs propres déclarations ou activités sur la plateforme comme en dehors, utilisent la violence à l’encontre de civils pour servir leur cause, ou incitent à la violence à cette fin ».

Des modalités inconnues

C’est ce dernier point qui interroge plus particulièrement. Twitter pourrait donc exercer une action de contrôle pour des activités qui n’auraient pas lieu sur son site ? Dans quelle mesure ? Avec quel outil ? Quelles sont ces organisations et comment Twitter cible ces groupes ? Sollicité par 20 Minutes, Twitter n’a pas souhaité répondre à nos demandes. En revanche, des détails sur ces modalités pourraient être publiés le 18 décembre prochain, jour de la date effective de ces sanctions.

Cette modification intervient à la fin d’une séquence particulièrement répressive sur le réseau. Aux Etats-Unis, plusieurs comptes de suprémacistes blancs comme Tim « Treadstone » Gionet alias « Baked Alaska » ont été suspendus et certains se sont vus retirer leur badge de certification. En France, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a directement interpellé Twitter pour renforcer sa « lutte » contre le cyber-harcèlement.

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Une forme de censure ?

Pour les militants des libertés individuelles et les défenseurs de la neutralité du Net, cette nouvelle politique s’inscrit dans un mouvement de « censure plus ancien » opéré par tous les géants du Web. « Cette nouvelle mesure n’est pas surprenante. Twitter régule le débat public et les débats qui s’expriment sur sa plate-forme. Les Etats veulent que Twitter - et d’autres - jouent le rôle de la police. Ces entreprises privées acceptent de plus en plus ce rôle car ça les légitime dans le débat public, ça montre qu’ils ne sont plus seulement des acteurs économiques mais aussi politiques », assène Arthur Messaud, militant au sein de la Quadrature du Net.

Interrogé par le site américain Mashable, Andrew Torba le fondateur du réseau social alternatif et sans publicité Gab s’interroge sur l’efficacité de la mesure : « Cela créerait un précédent très inquiétant. Des règles comme celles-ci vont renforcer les convictions de ces dissidents qui pensent qu’ils sont réduits au silence parce qu’ils disent la "vérité" ».