Membre du bureau national du Parti socialiste, Gérard Filoche a publié vendredi soir sur Twitter un montage utilisé par la fachosphère, avant de le supprimer. L’essayiste d’extrême-droite Alain Soral a notamment été convoqué par le Tribunal de grande instance de Paris pour avoir diffusé la même image, décrite par le procureur de la république comme « un photomontage représentant Emmanuel Macron […] avec devant lui le globe terrestre et derrière lui les photographies de Messieurs Patrick Drahi, Jacob Rothschild et Jacques Attali, et les drapeaux israélien et américain ». Alors que plusieurs responsables PS demandent son excusion, Gérard Filoche s’explique auprès de 20 Minutes.

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Pourquoi avoir diffusé une image antisémite et complotiste ?

Je ne peux pas vous répondre, je n’en sais rien. Il y en a des dizaines d’images comme cela qui circulent. Peut-être pas toutes comme cela, c’est vrai. Parfois c’est Macron qui crie devant des affiches, Macron qui hurle dans un meeting, etc. Là, il n’a pas un brassard nazi, c’est un dollar. Par contre, le montage est intolérable, mais je n’avais rien vu du tout. J’ai été distrait, c’est sûr, je n’ai regardé que le premier plan de l’image, pas les drapeaux israéliens et américains ni les personnages dans le fond. Quand on me l’a dit, je l’ai tout de suite enlevée évidemment.

Vous en connaissiez l’origine ?

Qu’elle ait atterri sur mon Twitter est une grosse connerie. Je l’ai dit aussitôt, je l’ai enlevée, je me suis excusé trois fois depuis, je peux le redire dix fois si nécessaire. Maintenant, je ne comprends pas pourquoi il y a une chasse à l’homme derrière. Qui peut croire une seconde que je suis raciste et antisémite alors que je milite à gauche depuis 55 ans ? Ce n’est quand même pas mon genre, tout le monde le sait. Que poursuivent-ils, quels sont leurs mauvais buts ?

« Ils », c’est qui ?

Les macroniens qui défendent leur chef, leurs élections à main levée et leur classe sociale, et quelques individus socialistes qui en profitent pour essayer de m’attaquer sur autre chose. Car moi, je défends le SMIC à 1.800 euros, la retraite à 60 ans et la semaine de 32 heures. Mais pour ça, personne ne m’appelle.

Plusieurs responsables PS ont demandé une exclusion. Vous avez été contacté ?

Par personne. Ceux qui font des communiqués contre moi sont sournois. Ils mènent une lutte politique en vue du congrès, pas par rapport à ça. L’aile droite du PS essaie de me cogner dessus pour un mauvais prétexte. L’aile gauche sait qui je suis : un fondateur de SOS Racisme notamment.

Vous craignez une exclusion ?

Non, et on ne m’en a pas parlé. Dans le train, j’ai vu les tweets indignés s’accumuler. C’est une vraie campagne ! Imprévisible pour moi, déconnectée de la réalité. Mais les tweets n’excluent pas, aucune instance ne s’est réunie, et surtout, ça n’a rien à voir. Pourquoi voulez-vous qu’on m’exclue ? Sur quel motif ? On va me dire que je suis antisémite, moi ?