Google: Polémique après les propos d'un employé sur les «différences biologiques»

ETATS-UNIS Selon l'auteur, les femmes sont plutôt prédestinées à des carrières «dans le social ou l'artistique»...

M.C. avec AFP

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Selon l'auteur, les femmes sont plus enclines «aux sentiments et à l'esthétique qu'aux idées», ce qui fait qu'elles optent pour des carrières «dans le social ou l'artistique».

Selon l'auteur, les femmes sont plus enclines «aux sentiments et à l'esthétique qu'aux idées», ce qui fait qu'elles optent pour des carrières «dans le social ou l'artistique». — PATTIER MATHIEU/SIPA

Une note qui ravive le débat sur la « culture sexiste et de harcèlement » dans le milieu technologique. Google était dimanche au centre d’une controverse après la prise de position d’un salarié dans un message interne expliquant que la très faible présence des femmes dans la « tech » était due à des différences biologiques.

Dans cette lettre de 3.000 mots publiée dimanche par le site Gizmodo, un ingénieur de sexe masculin affirme que « les choix et les capacités des hommes et des femmes divergent, en grande partie, en raison de causes biologiques et (donc) ces différences peuvent expliquer le pourquoi on n’a pas une représentation égale des femmes dans la tech et (dans les positions de) leadership ».

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Les aptitudes naturelles des hommes les conduisent à devenir programmateurs en informatique, alors que les femmes sont, selon l’auteur dont l’identité n’a pas été dévoilée, plus enclines « aux sentiments et à l’esthétique qu’aux idées », ce qui fait qu’elles optent pour des carrières « dans le social ou l’artistique ».

Liberté d’exprimer « des points de vue différents, y incompris politiques »

« Ce n’est pas un point de vue que l’entreprise et moi soutenons, promouvons ou encourageons », a rejeté dans un courriel aux salariés Danielle Brown, la responsable diversité de Google, recrutée récemment chez Intel et en fonction seulement depuis un mois.

Dans ce message, elle affirme que le débat en interne est animé « par les principes d’égalité à l’emploi qu’on trouve dans notre code de conduite, nos politiques et règles anti-discrimination ». Elle ajoute toutefois que Google a toujours voulu défendre « une culture dans laquelle ceux qui ont des points de vue différents, y incompris politiques, se sentent en sécurité pour les exprimer ».

« Ce sont des stéréotypes et c’est nocif »

Contacté par l’AFP, Google n’a pas fait de commentaire. Il était difficile de savoir dimanche soir si le géant de l’internet prévoyait de prendre des mesures disciplinaires contre l’ingénieur en question. Ari Balogh, le patron des ingénieurs, a pour sa part dénoncé des « stéréotypes nuisibles ».

« Un des aspects du message qui m’a le plus profondément troublé est son parti pris sous-jacent qui veut que des hommes ou des femmes ressentent ou agissent d’une certaine façon. Ce sont des stéréotypes et c’est nocif », écrit-il dans un courriel interne.

Actuellement, 69 % des salariés de Google sont des hommes, une proportion qui monte à 80 % dans les emplois technologiques, selon les derniers chiffres du groupe. Chez Facebook, les femmes n’étaient que 27 % parmi les cadres supérieurs en 2016. Quant à Apple, il compte 37 % de femmes au total.

La publication de la note intervient après des scandales et démissions liés au manque de diversité dans des fleurons de la Silicon Valley. Travis Kalanick, le co-fondateur d’Uber, a démissionné le 21 juin après une série de renvois et de démissions d’employés et de hauts cadres, sur fond d’accusations de sexisme et de harcèlement. L’ancien patron du géant de la location de voitures avec chauffeur, connu pour ses blagues sur ses conquêtes féminines, était accusé d’avoir lui-même encouragé une culture d’entreprise propice aux dérapages.