• En décembre dernier, une mesure similaire mais facultative avait été mise en place pour les ressortissants de 38 pays
  • Depuis le 25 mai, tout demandeur de visa doit fournir les informations sur ses comptes sur les réseaux sociaux sur un agent consulaire l’exige
  • Cette mesure ne devrait concernait qu'« 1 % des plus de 13 millions de demandeurs annuels de visas dans le monde entier »

« Votre passeport et votre pseudo Twitter s’il vous plaît ». Depuis le 25 mai, le pays exige désormais, quelle que soit la nationalité du voyageur, des informations sur leur identité et leurs comptes sur les réseaux sociaux, dans un contexte de durcissement de la politique migratoire américaine.

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Un responsable du département d’Etat a confié vendredi à l’AFP que ce resserrement des contrôles était en vigueur et s’appliquait à tout demandeur de visa pour lequel un agent consulaire jugerait avoir besoin d’informations sur les comptes qu’il possède sur des réseaux sociaux. Il a toutefois estimé que seul « 1 % des plus de 13 millions de demandeurs annuels de visas dans le monde entier » pour les Etats-Unis seraient affectés par ces nouvelles règles.

« Pour confirmer une identité »

« Le département d’Etat a commencé à collecter des informations supplémentaires pour les demandeurs de visas du monde entier quand un officier consulaire estime qu’une telle information est nécessaire pour confirmer une identité », a expliqué ce cadre du ministère des Affaires étrangères.

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Dans ce cas de figure, « des demandeurs de visas devront fournir des informations supplémentaires, notamment leurs comptes sur les réseaux sociaux, les numéros de leurs anciens passeports, des informations supplémentaires sur les membres de leur famille et un historique plus long de leurs voyages, emplois et contacts », a-t-il détaillé.

Ces nouvelles procédures, sur lesquelles le département d’Etat n’a pas officiellement communiqué, découlent d’un « mémorandum du président (américain Donald Trump) datant du 6 mars 2017 sur le renforcement des contrôles pour les demandes de visas », a expliqué le responsable.

Un formulaire du ministère - intitulé « DS-5535- Questions supplémentaires pour les demandeurs de visa » et facilement téléchargeable - contient effectivement plusieurs sections supplémentaires, notamment la nécessité de fournir les noms et les comptes de réseaux sociaux éventuellement utilisés.

Risque de discrimination ?

Aucune marque de plateformes d’échange et de partage de contenus - comme Twitter, Facebook ou Instagram - n’est cependant mentionnée dans ce formulaire. Interrogé sur les risques de discrimination, le cadre du département d’Etat a tenu à souligner « qu’en vertu de la législation des Etats-Unis, il n’y a aucune inéligibilité de visa fondée sur la race, la religion, l’ethnie, l’origine nationale, les opinions politiques, le genre ou l’orientation sexuelle ».

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Ces procédures plus strictes s’inscrivent dans le cadre d’une politique migratoire et de visas que l’administration Trump entend durcir. Ainsi l’exécutif américain a saisi jeudi soir la Cour suprême afin qu’elle rétablisse son décret migratoire, dénoncé par ses détracteurs comme « anti-musulman » et suspendu depuis fin mai par la justice.

Le tollé du décret « anti-immigration »

Tout juste investi le 20 janvier, le président Trump avait pris un décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis de réfugiés syriens pour une durée illimitée, de tous les réfugiés d’autres pays pour 120 jours et les ressortissants de sept pays à majorité musulmane (Iran, Irak, Libye, Somalie, Syrie, Soudan et Yémen) pour 90 jours.

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Mais ce premier décret, qui avait soulevé un tollé aux Etats-Unis et dans le monde, avait été rapidement suspendu par plusieurs juges américains. L’administration Trump avait alors présenté en mars une seconde mouture du décret : l’Irak avait disparu de la liste et l’interdiction permanente des réfugiés syriens avait été supprimée.

Ce deuxième décret avait aussi été suspendu par deux juges fédéraux, dans le Maryland et à Hawaï, entraînant la saisie de deux cours d’appel, dont celle de Virginie, laquelle a confirmé le 25 mai sa suspension.