VIDEO. Instagram, pire réseau social pour la santé mentale des jeunes

WEB Selon une étude britannique, Instagram aggrave l’anxiété autour de l’image de soi…

P.B.

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Illustration de lycéens sur leur smartphone.

Illustration de lycéens sur leur smartphone. — S.POUZET/SIPA

Ce n’est sans doute pas une surprise. Dans un monde obsédé par l’image dans lequel Kim Kardashian retouche ses selfies et des fitness models s’affichent enceintes ou post-accouchement avec un ventre quasi plat, Instagram est le réseau social « le pire pour la santé mentale » des jeunes utilisateurs, selon une étude britannique.

Réalisée par la Royal Society pour la santé publique auprès de 1 500 Britanniques de 14 à 24 ans, l’étude #StatusofMind (pdf) examine l’impact des cinq principaux réseaux sociaux occidentaux (Facebook, Instagram, Snapchat, Twitter et YouTube). Et si tout est loin d’être noir, notamment avec un effet positif sur l’expression de soi et la créativité, l’organisation demande un effort des entreprises technologiques et des pouvoirs éducatifs.

L’impact positif de YouTube

Alors que 90 % des jeunes sont présents sur des réseaux sociaux, tous les services ont un impact négatif sur le sommeil. Tous accentuent également, à des degrés divers, le cyber-harcèlement (7 jeunes sur 10 en ont fait l’expérience) et la « FoMo » (« fear of missing out » ou « la peur de manquer quelque chose » en VF), une nouvelle forme d’anxiété sociale qui nous pousse à être tout le temps connectés pour ne rien rater (une soirée, la saison finale de Game of Thrones ou le dernier mème débile).

Globalement, Instagram, Snapchat et Facebook, très centrés autour de l’image, sont les pires pour l’image corporelle de soi, surtout chez jeunes filles, l’anxiété et la dépression, car nous sommes surexposés à des vies idéalisées. YouTube est le seul à avoir en moyenne un impact positif (communauté, empathie, soutien).

Repérer et signaler les comportements à risque

La Royal Society fait des recommandations sur deux axes. L’organisation demande aux géants du Web de développer des algorithmes pour repérer et signaler les comportements à risque (anxiété, dépression) et identifier les photos retouchées. Enfin, elle estime que familiariser les jeunes à l’école sur une utilisation saine des réseaux sociaux permettrait de combattre les abus. En France, des collèges ont mis en place des projets ponctuels, mais il y a encore un long chemin à parcourir pour former les élèves. Et aussi les parents.