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Facebook: «17 millions de personnes ont vu ma photo en 15 jours!»

Expérience de viralité sur Facebook: «17 millions de personnes ont vu ma photo en 15 jours!»

ENTRETIENProfesseur de français à Grenoble (Isère), Stéphane Fantini dresse le bilan de l’expérience de viralité d’une photo de lui publiée sur Facebook le 18 octobre…
Vincent Vanthighem

Propos recueillis par Vincent Vanthighem

Mais oui, mais oui,! Et les élèves de Stéphane Fantini, 42 ans, seront peut-être ravis de retrouver le chemin de l’école, ce jeudi. Ils attendent avec impatience que leur professeur de français, qui enseigne en classe de 4e à Grenoble (Isère), leur livre les résultats de .

Le principe était simple. Après avoir publié une simple photo de lui – un peu floue d’ailleurs – sur le réseau social, l’enseignant a incité les internautes à la partager au maximum pour montrer à ses élèves les effets, vertueux ou non, d’Internet. Avant de retourner dans sa classe, il a accepté de dresser le bilan de cet exercice pour 20 Minutes

Les vacances de la Toussaint sont finies. Vous allez annoncer les résultats de l’expérience à vos élèves ce jeudi ?

Non, j’ai finalement prévu de le faire le jeudi 10 novembre. Demain, je n’ai qu’une heure de cours avec eux. Ce ne sera pas suffisant pour tout expliquer. D’autant que nous emménageons dans un nouveau collège après des travaux et qu’il faut le temps de prendre nos marques.

Mais vous avez déjà une idée de ce que l’expérience a donné ?

Bien sûr. En quinze jours, . Elle a suscité plus d’un million de réactions, commentaires, dont 140.000 partages. J’avais demandé aux internautes d’indiquer simplement la ville et le pays où ils se trouvaient au moment où ils ont vu le post.

Cela m’a permis de découvrir que cette publication a traversé les océans. toute la planète a eu accès à ma photo. L’Afrique, le Japon, la Russie, le Brésil et bien sûr toute l’Europe.

Quelles sont les réactions d’internautes qui vous ont le plus marqué ?

J’en retiens deux. Un internaute a détouré ma photo pour créer un faux profil à mon nom. C’était une initiative bienveillante, une blague potache puisque le profil indiquait que je ne pouvais pas être à l’origine de cette expérience car j’étais professeur et que c’était les vacances !

Mais c’est surtout le mail qu’un internaute m’a envoyé qui m’a marqué. A partir de la simple photo et de mon nom, il est parvenu à enquêter sur moi. Il a retracé mon itinéraire professionnel, retrouvé la trace de ma thèse, mes implications dans diverses associations et des informations sur ma famille. Alors que je suis plutôt quelqu’un qui fait attention à son empreinte sur Internet.

Quelles conclusions en tirez-vous ?

Nous allons en débattre avec les élèves. Mais il y a deux angles d’attaque selon moi. D’abord, leur faire comprendre qu’une simple photo peut « exploser » sur Internet et que cela peut avoir des conséquences, par exemple, si vous vous apprêtez à entrer dans le monde professionnel. Ensuite, quels conseils faut-il suivre si on est confronté à ce genre de situation.

L’expérience n’a-t-elle pas été perturbée par l’intérêt médiatique qu’elle a suscité ?

Je ne sais pas. Beaucoup de médias en ont parlé au moment du lancement. Mais sur ce point aussi, je trouve l’expérience intéressante. De très nombreux articles ont été consacrés à cette expérience mais seuls trois médias m’ont appelé pour en savoir plus que ce qu’ils avaient pu lire par ailleurs. Le Monde, et 20 Minutes. . Cela nourrira la réflexion sur le module « S’informer, informer, déformer » que je dois aborder avec les élèves.

Avez-vous eu des retours de votre hiérarchie, de l’académie ?

Non mais la direction du collège en a peut-être eu. Cela doit passer par la voie hiérarchique classique. En revanche, j’ai reçu des demandes de professeurs qui souhaitent aborder le sujet avec leurs élèves et surtout de parents d’élèves qui ont trouvé l’idée originale. Beaucoup m’ont expliqué qu’ils ne savaient pas comment parler de ce sujet avec leurs enfants sans passer pour de vieux moralistes.

[Edit: Lundi 7 novembre à 9h53.] Suite à la parution de cette interview, l'académie de Grenoble a pris contact avec Stéphane Fantini et envisage de faire part de ses travaux sur la viralité sur le site internet de la Direction des affaires numériques. D'autres médias ont également réalisé des reportages sur son expérience.