«Kisses in Tokyo», une vidéo pour promouvoir un appareil de traduction automatique.
«Kisses in Tokyo», une vidéo pour promouvoir un appareil de traduction automatique. - Youtube/ili

ll fait tomber les barrières de la langue… et, en option, celles du mauvais goût. Ili, un petit appareil de traduction automatique présenté cette semaine par une startup japonaise au CES de Las Vegas, suscite l’enthousiasme des internautes et des professionnels par ses promesses technologiques. Mais le spot publicitaire réalisé pour le promouvoir, dans lequel il est utilisé par un Occidental pour embrasser des Japonaises dans la rue, s’attire de nombreuses critiques.

En voyant la vidéo, difficile de ne pas penser à Julien Blanc, le Suisse auto-proclamé « artiste de la drague », dont les vidéos diffusées en ligne ont provoqué une campagne de protestation planétaire fin 2014.

« Ce n’est pas de la communication, c’est du harcèlement sexuel »

« Je vais essayer d’embrasser des filles que je n’ai jamais rencontrées en utilisant cet appareil de traduction, Ili », explique un certain « Dean, du Royaume-Uni » au début du film. Puis, son outil en main, il parcourt les rues de Tokyo à la rencontre de jeunes nipponnes, leur expliquant par l’intermédiaire du dispositif que « c’est normal en Grande-Bretagne ». Les réactions provoquées par l’appareil – réellement impressionnant – vont de la surprise à la gêne, qui se transmet au spectateur.

« Cela fait longtemps que je n’ai pas vu une publicité aussi dégoûtante », écrit un internaute dans les commentaires de la vidéo sur YouTube, ajoutant : « En tant que startup, vous devriez avoir honte. Ce n’est pas de la communication, c’est du harcèlement sexuel. » Un autre dit habiter au Japon et craindre que ce genre de vidéo n’aggrave la stigmatisation des étrangers dans le pays.

Prix de l'innovation

Alors que certains commentaires saluent « l’humour » de la vidéo (sans qu’on sache si les protagonistes sont des acteurs) et s’indignent du puritanisme des réactions, beaucoup se disent impressionnés par la technologie, en regrettant parfois qu’elle soit utilisée de cette manière.

Le dispositif fabriqué par la jeune société Logbar, encore à l’état de prototype, a reçu le prix de l’innovation au CES de Las Vegas. Il fonctionne sans connexion internet et devrait être commercialisé à partir de juillet.  Il comprend et parle pour l’instant l’anglais, le japonais et le chinois et de prochaines versions devraient ajouter d’autres langues comme le français, le thaïlandais, le coréen, l’arabe, l’espagnol et l’italien. Et, on l’espère, la langue de la diplomatie.

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