VIDEO. Julien Blanc le «pick-up artist» prié de quitter l’Australie

HARCELEMENT L'expert en séduction suisse, dont les «recettes» de drague partagées lors d'onéreux séminaires tiennent du harcèlement sexuel, a vu son visa révoqué...

Mathias Cena

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Dans une vidéo qui enflamme les réseaux sociaux, le Suisse Julien Blanc "enseigne" aux hommes comment "se faire des Japonaises".
Dans une vidéo qui enflamme les réseaux sociaux, le Suisse Julien Blanc "enseigne" aux hommes comment "se faire des Japonaises". — YouTube / msdoom99

Tournée australienne écourtée pour Julien Blanc. Le «pick-up artist» suisse, visé depuis quelques jours par une campagne internet planétaire pour dénoncer ses tactiques de drague souvent synonymes de harcèlement sexuel, a quitté le pays jeudi, selon un tweet de la police de l’Etat de Victoria. Son visa a été révoqué: «Cet homme ne mettait pas en avant des idées politiques, mais le harcèlement des femmes, des valeurs qui sont haïes dans ce pays», a déclaré le ministre de l’Intérieur, Scott Morrison, sur Sky News.

 

L’un après l’autre, des hôtels de luxe à Sydney, Melbourne et Brisbane, où Julien Blanc devait tenir les fameux séminaires au cours desquels il explique ses trucs «infaillibles» pour «séduire» les femmes, ont renoncé à accueillir le Suisse après une campagne sur internet et une pétition qui a recueilli plus de 30.000 signatures sur le site Change.org.

«Pikachu»

A l’origine de cette colère, une vidéo publiée par l’indélicat sur sa page Facebook (et retirée depuis) où il se vante, en tant qu’«homme blanc», de pouvoir harceler des femmes japonaises en toute impunité. Images à l’appui, il explique dans un passage particulièrement sordide qu’il lui suffit de se promener dans la rue, d’attirer des passantes à lui et de plaquer leur visage sur son entrejambe en criant «Pikachu». Scandalisée, une internaute américaine d’origine asiatique a lancé la campagne et son hashtag #takedownjulienblanc, tandis qu’une youtubeuse traduisait la vidéo en japonais.

La mobilisation a payé. D’après les médias locaux, le «séminaire» prévu à Melbourne jeudi, faute d’hôtel pour l’accueillir, a été déplacé au dernier moment sur une péniche. Sur place, Julien Blanc avait été remplacé par un dénommé Max, qui devait dispenser ses conseils de drague devant une cinquantaine de spectateurs, mais «des dizaines de manifestants» ont empêché l’embarcation de quitter le quai. La police, arrivée sur les lieux, a alors protégé la sortie des participants, qui ont quitté le bateau aux cris de «Non aux agressions sexuelles» et «Honte à vous».

Quel avenir pour «l'artist»? Les comptes Facebook et Twitter de Julien Blanc ne sont plus mis à jour depuis mardi. Les vidéos vers lesquelles renvoient certains posts ont été rendues privées ou supprimées, et le fond d’écran de sa page Facebook qui indiquait les dates des séminaires en Australie a été changé.

D’après son blog, des dates de sa «tournée» étaient prévues jusqu’au 15 novembre en Australie, puis à partir du 24 novembre aux Etats-Unis, où des hôtels, à Austin et à Seattle, ont déjà annoncé qu’il n’était plus le bienvenu. On ignore si les sessions restantes en Australie auront lieu, «l’assistant» de Blanc devant lui aussi «quitter le territoire sous peu» selon la police de l’Etat de Victoria.

Avant de gagner les Etats-Unis, Julien Blanc devait visiblement passer par Tokyo, comme il s’en vantait sur Twitter; un post qui a aussi été effacé. Ira-t-il finalement au Japon, où les comportements qu’il promeut sont passibles de 10 ans de prison, à condition que les victimes portent plainte? Pour l’instant, malgré l’existence d’une version japonaise de sa vidéo, toute l’affaire semble n’y avoir que peu attiré l’attention.