Capture d'écran du compte Twitter du Château de Versailles
Capture d'écran du compte Twitter du Château de Versailles - Twitter

«Quand on a ouvert le bureau en France, ce sont les musées qui ont été les premiers à venir nous voir.» Juliette Ryst, directrice du développement chez Twitter, ne comprend pas le cliché sur les conservateurs de musée poussiéreux et rétrogrades. La semaine des musées sera l’occasion de voir à quel point ils sont connectés.

L’idée de la #museumweek est française, conçue par Twitter France et douze musées ou sites culturels. Reprise au niveau européen par plus de 520 musées, elle compte 91 participants en France, 300 en Angleterre, 70 en Espagne… «Nous sommes fiers que notre marché, encore en développement par rapport au monde anglo-saxon, soit une source d’inspiration pour l’Europe», explique Justine Ryst.

Les musées dépoussièrent leurs #twittocimaises

De lundi à dimanche, ces musées vont tweeter chaque jour sous un thème, et un hashtag, différents. Par exemple les coulisses lundi, les coups de cœur mercredi et des appels à la création dimanche 30 mars.


«Certains musées, comme celui de Cognacq-Jay, ont créé un compte spécialement pour l’occasion», se félicite Justine Ryst. D’autres sont actifs depuis plusieurs années. Ils forment la communauté des «muséogeeks» et n’ont pas attendu la #museumweek pour activer leur créativité.

Ouverture des #reserves-dièses

C’est le cas de Sébastien Magro, community manager du musée du Quai Branly. Contributeur acharné du wiki muzeonum.org, il a co-crée le hashtag #jourdefermeture consistant à tweeter des images des coulisses des musées lors de leur fermeture hebdomadaire. «La communauté est très inventive, dynamique et connectée


Charles d’Hérouville, de la Cité de la Musique, confirme: «On se pose tous les mêmes questions de ce qu’on peut et veut montrer en fonction de la diversité des publics. On est tous copains aussi.»

La vraie vie des #musées

Le leitmotiv de ces twittos en charge du compte de prestigieuses institutions est de sortir de la pure com’. Benjamin Benita, de la Cité des Sciences et du Palais de la découverte, «a d’abord envie de démontrer que le musée est un lieu social et vivant, de flânerie.»


«On veut stimuler l’appropriation dynamique de connaissances.» Les visiteurs sont invités à utiliser selfie, mème ou whaling pour célébrer les sciences. «L’une de nos motivations est de montrer que la science fait partie du bagage du citoyen moderne.»

Des #cahashtaglogues d’exposition

Au Centre Pompidou, Gonzague Gauthier peut compter sur les artistes exposés. Valérie Mréjen va notamment bientôt raconter une histoire inédite sur le compte Twitter du musée.


«Pour l’exposition Lichtenstein, on a demandé à nos abonnés d’imaginer pourquoi la Crying Girl pleurait. C’est un travail sur la narration inspiré de ce que fait la Tate avec ses concours de légende d’œuvres

Ni troll ni lol

L’une des questions centrales des muséogeeks est le ton à adopter sur le compte Twitter dans un écosystème où allusions et second degré permettent de détourner la règle des 140 signes.


«On a choisi de ne pas adopter un ton sarcastique, explique Sébastien Magro, du Quai Branly. On utilise les codes de la culture Internet bien sûr, on fait des clins d’œil à l’actualité. Mais on ne fait pas du lolcat parce que nos œuvres ont un contexte culturel particulier qu’il faut expliquer et non pas moquer.»

Montrer le travail des #restauratweet

Charles d’Hérouville, à la Cité de la Musique, se permet plus de clins d’œil. «C’est un compte de mélomanes. Chez nous, il y a des musiciens qui viennent tous les jours. Je peux montrer les choses en direct, la restauration d’instruments aussi bien que des concerts live.»


Pour autant, la mission purement informative des comptes Twitter des musées n’est pas négligeable. Au Château de Versailles, il arrive que des visiteurs demandent des conseils de visite via le compte Twitter, sorte de hotline (terme de l’âge de Caramail) du Château.

RT les conservateurs

Maïté Labat s’estime «chanceuse» de pouvoir compter sur les conservateurs mais aussi les restaurateurs, les jardiniers, les fontainiers pour lui faire remonter des informations à diffuser sur le compte Twitter bilingue du Château.


«On est dans un dialogue permanent avec les visiteurs.» Et comme dans tout dialogue, il y a des moments profonds et d’autres plus badins. «En ce moment, on tweete pas mal d’images des jardins avec les bourgeons. L’hiver dernier, on a eu des super images sous la neige. On a aussi plusieurs chantiers de restauration. C’est intéressant de faire partager cette quotidienneté.»

Jack Lang ajouté à vos favoris

La popularité croissance des comptes Twitter des musées montre que les visiteurs s’approprient l’outil. Et rend Justine Ryst optimiste. Même si elle rêve, pour la #museumweek, d’un destin similaire à ceux de la Fête de la musique ou des Journées du patrimoine, elle rappelle le dogme de Twitter du «Test and Learn», apprendre en marchant en français.

Le temps dira si les muséogeeks vivent leur âge d’or ou leur préhistoire.

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