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Quel métier faire quand on aime voyager ?

Quel métier faire quand on aime voyager ?

Passeport professionnelVoyager n’est plus réservé aux congés : certains métiers intègrent désormais le déplacement au cœur même du quotidien professionnel
Fostine  Carracillo pour 20 Minutes

Fostine Carracillo pour 20 Minutes

L'essentiel

  • Certains métiers permettent aujourd’hui de voyager sans attendre les vacances.
  • Que ce soit pour des missions ponctuelles ou un départ longue durée, travailler à l’étranger devient accessible dans de nombreux secteurs.
  • Ces professions intègrent désormais le déplacement comme une composante naturelle du quotidien professionnel.

Pourquoi attendre les congés pour parcourir le monde quand certaines professions permettent de le faire au quotidien ? Dans un contexte où les entreprises multiplient les échanges internationaux, de nombreuses carrières s’ouvrent à ceux qui rêvent de traverser les frontières sans poser de RTT. Qu’il s’agisse de missions ponctuelles ou d’une installation durable à l’étranger, certaines fonctions intègrent désormais le voyage comme une dimension naturelle du travail.

Guide touristique

Raconter une ville, un monument ou une époque, c’est le quotidien du guide touristique, qui devient le temps d’une visite un passeur d’histoires. Pour capter l’attention d’un groupe, encore faut-il maîtriser son sujet : recherches, repérages et préparation minutieuse sont indispensables avant de se lancer. Chaque trajet s’anticipe, chaque anecdote s’ajuste, et face aux questions des visiteurs, il vaut mieux avoir quelques réserves de connaissances à portée de voix. Aisance orale, sens du contact et curiosité naturelle font partie des qualités essentielles pour guider sans lasser, tout comme la maîtrise d’au moins une langue étrangère.

Le métier reste souvent saisonnier, rythmé par les périodes de vacances et les afflux touristiques. Les opportunités se concentrent dans les musées, les collectivités locales ou sur les sites historiques, où les guides et accompagnateurs de voyages adaptent leur discours au public. En France, aucune formation unique n’est exigée : études en histoire, en langues ou certificat professionnel permettent d’accéder à cette profession. Le salaire, quant à lui, reste modeste, autour de 1.600 à 2.200 euros brut selon les saisons, mais il peut être ponctuellement amélioré par les pourboires laissés par des visiteurs conquis.

Découvrir le métier d'accompagnateur de voyages

Diplomate

Être diplomate, c’est faire du déplacement une composante naturelle de son quotidien. Chargé de représenter son pays à l’étranger, il intervient lors de rencontres officielles, de congrès internationaux ou d’événements diplomatiques, partout où la voix de son État doit se faire entendre. Mais derrière l’image protocolaire se cache un métier aux enjeux complexes, où chaque prise de parole, chaque échange informel participe à défendre les intérêts nationaux sur la scène internationale.

Avec le temps et l’expérience, certains gravissent les échelons pour accéder au poste d’ambassadeur, poursuivant ainsi leur mission de représentation sous une forme plus institutionnelle. Là encore, les affectations se succèdent au fil des années et des besoins, faisant du voyage non pas un choix, mais une exigence inhérente au métier.

Steward ou hôtesse de l’air

Derrière l’image de carte postale et les destinations qui s’enchaînent, le quotidien du personnel navigant commercial reste avant tout un travail exigeant. Présents bien avant l’embarquement, stewards et hôtesses de l’air contrôlent la sécurité de la cabine, vérifient les stocks à bord et se préparent aux aléas du vol. Une fois en altitude, leur rôle ne se limite pas au service des plateaux repas : assurer la sécurité, gérer les imprévus, et répondre avec courtoisie à des passagers parfois épuisés fait partie intégrante du métier. Pour suivre le rythme, une excellente condition physique est indispensable, tout comme un bon niveau d’anglais et une aisance naturelle dans les échanges.

S’ils profitent d’avantages non négligeables, comme ceux de voyager tout en étant payés, de bénéficier de réductions sur les billets ou de dormir dans de beaux hôtels, les désillusions sont possibles : certaines escales se résument à quelques heures entre deux vols. L’accès au métier reste néanmoins relativement ouvert : un baccalauréat suffit, même si de nombreux candidats visent un bac + 2 ou plus dans le tourisme ou les langues. Une formation courte, le CCA, est obligatoire, tout comme une attestation de nage et un bon score au TOEIC. Quant au salaire, il oscille généralement entre 1.700 et 2.000 euros brut en début de carrière, avec des progressions possibles au fil des années.

Chercheur

Dans certains domaines comme la biologie, l’environnement ou l’anthropologie, le travail de chercheur ne se limite pas au laboratoire. Collecter des échantillons, effectuer des relevés sur le terrain et analyser des données peuvent impliquer de nombreux déplacements à l’étranger, parfois dans des zones reculées. Ces missions s’inscrivent dans une démarche plus large : faire avancer la connaissance scientifique et publier ses travaux dans des revues spécialisées. Congrès internationaux et collaborations avec des chercheurs du monde entier font également partie intégrante de cette profession, tout comme la transmission de ces savoirs en devenant enseignant-chercheur.

L’accès au métier exige un parcours universitaire long, souvent jusqu’au doctorat, après un master ou une école d’ingénieurs. Une fois diplômé, le chercheur partage son temps entre travail de terrain, analyse de résultats et échanges avec ses pairs, contribuant au progrès des connaissances dans sa discipline.

Découvrir le métier d'enseignant-chercheur

Photographe de voyages

Parcourir le monde un objectif à la main, c’est le quotidien de ceux qui choisissent la photographie de voyage comme métier. Derrière chaque image de plage déserte ou de marché animé se cache un travail bien plus complexe : négocier des contrats, trouver les bons partenaires, démarcher des hôtels ou agences pour vendre son regard, et tenter de tirer un revenu stable de cette activité. Freelance le plus souvent, le photographe de voyages jongle entre les clichés destinés à la communication touristique et les séries plus personnelles qu’il peut proposer aux magazines, banques d’images ou sites spécialisés. Choisir des lieux moins fréquentés devient une stratégie pour se démarquer, sans pour autant céder aux sirènes de destinations politiquement risquées.

Sur le terrain, il lui faut autant de patience que de curiosité. Un paysage ne se laisse pas toujours capturer au premier lever de soleil, et obtenir le sourire d’un inconnu demande parfois de savoir nouer un lien en quelques secondes. Être à la fois sociable et capable de travailler seul pendant des heures, maîtriser parfaitement la retouche comme son appareil, savoir raconter une histoire en une image : autant de compétences qui ne s’apprennent pas seulement sur les bancs des écoles, même si un BTS ou un bac professionnel photographie pose de bonnes bases. Côté salaire, rares sont ceux qui dépassent les 2.000 euros brut par mois, la majorité des photographes de voyages devant se contenter de revenus plus modestes, souvent irréguliers.

Découvrir le métier de photographe

Journaliste reporter d’images

Toujours prêt à dégainer sa caméra, le journaliste reporter d’images vit au rythme des reportages. De terrain en terrain, souvent à l’étranger, il filme, capte le son, interroge et monte lui-même ses sujets avant leur diffusion. Caméraman, preneur de son, interviewer et monteur : le JRI cumule les casquettes et jongle avec la technique autant qu’avec les rencontres humaines. Dans certaines rédactions, il partage parfois la tâche avec un rédacteur-reporter, mais bien souvent, il travaille seul, suivant l’actualité au plus près et s’adaptant aux imprévus, ces invités permanents du métier.

Malgré ce que l’on pourrait croire, ses destinations ne riment pas toujours avec carte postale. Certaines missions le mènent en zone de conflit ou en pleine catastrophe naturelle. Loin des clichés, la majorité des JRI exercent néanmoins dans des conditions plus classiques, tout en restant soumis à la pression du direct et aux horaires imprévisibles. Les écoles de journalisme restent la voie royale pour accéder au métier, même si d’autres parcours liés à l’audiovisuel ou à la communication peuvent ouvrir des portes. Côté rémunération, tout dépend du statut, mais le salaire mensuel oscille en général entre 2.000 et 2.500 euros brut.

Découvrir le métier de journaliste reporter d'images

Interprète

Prêter sa voix à celles des autres, tel est le quotidien de l’interprète. En coulisses d’une conférence, au cœur d’un congrès international ou lors d’une visite officielle, il transforme instantanément les mots d’une langue en une autre. Aucun discours ne lui résiste : prises de parole politiques, réunions d’affaires, échanges culturels, chaque intervention devient un exercice d’équilibriste où précision et réactivité s’imposent. Certains travaillent main dans la main avec les guides touristiques pour accompagner des visiteurs venus du monde entier. D’autres évoluent dans des univers plus institutionnels. Mais partout, leur rôle est le même : rendre le dialogue possible.

L’accès à cette profession reste exigeant. La plupart passent par un master en LEA ou en LLCER, qui leur permet d’approfondir la maîtrise des langues et des cultures. Une fois formé, chacun trace sa route : certains choisissent de s’installer là où la demande est forte, d’autres préfèrent suivre les opportunités à travers le monde. Dans ce métier, rien n’interdit de poser ses valises dans le pays de son choix, du moment que l’on sait manier les mots avec rigueur et précision.

Découvrir le métier d'interprète

Professeur de FLE

Enseigner le français à ceux qui ne le parlent pas n’a rien d’une carrière figée entre quatre murs. Le professeur de FLE, sigle de Français Langue Étrangère, voit son métier comme un passeport. Que ce soit dans une école d’Alliance française à l’autre bout du monde ou dans un centre linguistique niché en France, il transmet bien plus qu’une langue : une culture, des usages et un art de converser. En France comme à l’international, ses élèves sont aussi divers que ses lieux d’enseignement, des étudiants aux salariés en passant par les demandeurs d’emploi. Derrière cette promesse de voyage se cache toutefois une réalité plus incertaine : contrats courts et statuts précaires rythment une carrière où les déplacements fréquents compensent souvent l’absence de stabilité.

Au quotidien, patience et pédagogie restent ses meilleurs alliés, tout comme la maîtrise des outils numériques, devenus indispensables pour concevoir des supports de cours adaptés aux besoins des apprenants. Si un master FLE reste la voie la plus directe vers le métier, les exigences peuvent varier à l’étranger, où l’expérience et les compétences comptent parfois davantage que le diplôme. La rémunération, elle aussi, fluctue selon les structures et les pays, même si beaucoup parviennent à gagner confortablement leur vie, avec des salaires généralement supérieurs à 1.800 euros nets par mois.

Animateur de club de vacances

Dans les coulisses des séjours ensoleillés, l’animateur de club de vacances orchestre chaque journée comme un véritable spectacle. Jeux, tournois, soirées à thème ou découvertes locales : rien n’est laissé au hasard pour rythmer le quotidien des vacanciers. Derrière le sourire et l’énergie communicative, le travail demande rigueur et organisation : les activités ne s’improvisent pas, et les préparations se font souvent loin des projecteurs, tôt le matin ou après les dernières danses. Selon les clubs, certains se spécialisent : enfants, adolescents, ou animations sportives, chacun trouve sa scène.

S’il suffit souvent du BAFA pour entrer dans la danse, les compétences sportives ou linguistiques peuvent vite ouvrir les portes des destinations plus lointaines. Résistance physique et bonne humeur permanente sont essentielles : les journées sont longues, les pauses rares, et les moments de repos précieux. Le salaire, lui, reste proche du Smic, mais l’hébergement, la restauration et le cadre de travail permettent de vivre une expérience à la fois formatrice et dépaysante.

Digital nomad

Être digital nomad, c’est choisir de travailler là où d’autres partent en vacances. Ce n’est pas un métier, mais une manière d’organiser sa vie : exercer son activité professionnelle depuis un café au Vietnam, une colocation à Lisbonne ou un beach club à Bali, à condition d’avoir une bonne connexion Internet et un solide sens de l’organisation. Le télétravail généralisé depuis la crise sanitaire a ouvert la voie à cette liberté nouvelle : pourquoi rester chez soi quand on peut continuer à travailler tout en changeant de décor ? Certains optent pour l’itinérance permanente, d’autres préfèrent poser leurs valises quelques mois dans chaque pays, mais tous réinventent la frontière entre travail et voyage.

En pratique, ce mode de vie séduit surtout les freelances du numérique : développeurs web, graphistes, créateurs de contenu ou experts en marketing digital. Peu importe le métier, à condition de pouvoir travailler seul, à distance, et de s’autodiscipliner pour tenir ses délais. Derrière les plages et les couchers de soleil, rester concentré n’a rien d’évident. La formation, elle, dépend du projet professionnel : écoles spécialisées, formations courtes ou cursus universitaires mènent à ces métiers. Côté revenus, tout dépendra du secteur, des compétences, et de la capacité à décrocher des missions régulières.