Quel métier faire quand on aime être au contact des enfants ?
pédagogie•Travailler auprès des jeunes enfants exige des qualités précises et ouvre la voie à plusieurs métiers, parfois accessibles sans diplômeFostine Carracillo pour 20 Minutes
L'essentiel
- Les métiers de la petite enfance exigent rigueur, patience et sens des responsabilités.
- Certains sont accessibles sans diplôme, d'autres nécessitent une formation spécifique ou un concours.
- Les conditions de travail et les salaires varient selon les postes, les structures et l'expérience.
S’occuper de jeunes enfants, ce n’est pas qu’une affaire de vocation : c’est un quotidien qui exige sang-froid, attention, écoute, et une capacité à créer du lien en toute circonstance. Dans les crèches, à domicile ou à l’école, les professionnels de la petite enfance font preuve d’un sens aiguisé de la pédagogie et d’une grande fiabilité. Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, que l’idée d’accompagner les premières découvertes d’un enfant vous stimule et que vous êtes prêt à vous investir avec sérieux, plusieurs métiers s’offrent à vous, y compris sans diplôme.
Assistante maternelle
Accueillir des enfants chez soi ou en Maison d’Assistantes Maternelles (MAM), c’est offrir un cadre rassurant quand les parents sont au travail, mais aussi savoir transformer chaque moment du quotidien en temps d’apprentissage ou de jeu. Entre les repas, les couches, les siestes, les balades et les activités qui s’enchaînent, les journées sont rythmées et demandent une bonne dose d’organisation, de douceur et d’énergie. Peinture, histoires, pâte à modeler ou simple jeu de cubes : tout devient prétexte à stimuler la curiosité des plus petits et à favoriser leur autonomie, en toute sécurité.
Pour exercer ce métier, aucun diplôme n’est exigé, mais l’agrément du département est indispensable. Il repose sur une évaluation du logement, de votre environnement familial et de vos aptitudes. Une fois cet accord obtenu, une formation de 120 heures vous sera proposée, financée par la Région. Le statut d’assistante maternelle s’accompagne d’un salaire horaire minimum de 3,50 euros brut par enfant, mais la rémunération dépend aussi de votre expérience, du nombre d’enfants accueillis, du lieu d’exercice et des horaires proposés. L’agrément doit être renouvelé tous les cinq ans.
Agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM)
Présente aux côtés de l’enseignant, l’ATSEM joue un rôle central dans le bon déroulement de la journée scolaire en maternelle. Elle accompagne les enfants dans les gestes du quotidien, participe aux activités pédagogiques, veille à leur hygiène, les aide à s’habiller, les encadre à la cantine ou lors des sorties, et assure le rangement de la classe. Elle contribue activement à l’éveil des plus petits et à leur bien-être, avec attention et disponibilité.
Pour exercer ce métier, il faut réussir un concours organisé par les collectivités, accessible aux titulaires du CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance ou aux parents de trois enfants ou plus. Le concours comprend une épreuve écrite et un oral, et permet, en cas de réussite, d’intégrer une liste d’aptitude pour postuler dans les communes. Le salaire débute à environ 1.800 euros brut par mois, avec une progression régulière selon les échelons, pouvant dépasser les 2.000 euros en fin de carrière.
Auxiliaire de puériculture
L’auxiliaire de puériculture intervient là où les tout-petits commencent leur vie sociale : crèches, maternités, haltes-garderies, pouponnières ou centres de PMI. Présente dès les premiers mois, elle assure les soins d’hygiène, veille à la sécurité des enfants, les accompagne dans leurs gestes du quotidien et participe à leur éveil en proposant des jeux adaptés à leur âge. Elle travaille main dans la main avec les professionnels de santé ou les éducateurs pour offrir un cadre à la fois rassurant, stimulant et structurant.
Pour exercer ce métier, il faut obtenir le Diplôme d’État d’Auxiliaire de puériculture (DEAP), accessible dès 17 ans sans condition de diplôme. La formation, d’une durée d’un an, alterne théorie et stages sur le terrain, souvent dans plusieurs structures pour permettre une vision complète du métier. Côté rémunération, le salaire en début de carrière tourne autour de 1.800 euros brut mensuels, et peut atteindre 2.000 euros avec l’expérience, selon la structure et les responsabilités. Des primes peuvent s’y ajouter, notamment dans le secteur public.
Découvrir le métier d'auxiliaire de puéricultureÉducateur de jeunes enfants
Au croisement du jeu, de l’écoute et de l’observation, l’éducateur de jeunes enfants accompagne les moins de 7 ans dans leurs premiers apprentissages. Il les aide à grandir, à s’ouvrir au monde, à exprimer ce qu’ils ressentent et à vivre avec les autres. Derrière chaque activité proposée se cache une intention : encourager la parole, développer l’autonomie, apprendre les règles de la vie en groupe ou simplement offrir un moment de plaisir partagé. En crèche, en halte-garderie ou en centre de loisirs, son rôle est d’inventer des espaces d’éveil adaptés au rythme et aux besoins de chaque enfant.
Pour exercer, il faut décrocher le Diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants après trois années de formation mêlant cours théoriques et stages sur le terrain. L’entrée se fait désormais sur dossier via Parcoursup, suivie d’un entretien. Côté rémunération, un éducateur débutant touche environ 1.680 euros brut par mois dans le secteur privé, et 1.890 euros dans la fonction publique, avec une progression pouvant dépasser les 3.000 euros en fin de carrière.
Découvrir le métier d'éducateur de jeunes enfantsAccompagnant d'élèves en situation de handicap (AESH)
L’AESH accompagne les élèves en situation de handicap dans leur parcours scolaire, en les aidant à gagner en autonomie et en facilitant leur participation à la vie de la classe. Présent durant les cours et parfois sur les temps périscolaires, il soutient l’élève dans les apprentissages, l’encourage à interagir avec les autres et lui apporte l’aide nécessaire pour suivre une scolarité dans les meilleures conditions. Ce rôle essentiel, au carrefour de l’éducatif et du social, s’exerce en lien étroit avec les enseignants et l’équipe pédagogique. Malgré une revalorisation récente, le métier reste marqué par la précarité, le temps partiel étant encore largement répandu.
Pour exercer ce métier, il faut être titulaire du baccalauréat, d’un diplôme d’accompagnement éducatif et social avec spécialisation en éducation inclusive, ou justifier d’une expérience significative auprès de personnes en situation de handicap. La rémunération débute à 1.825 euros brut par mois, sur la base d’un premier échelon, avec une évolution selon l’ancienneté. Une indemnité de fonction, versée au prorata du temps travaillé, complète le salaire à hauteur de 1.529 euros brut par an.
Sage-femme
La sage-femme suit les femmes tout au long de leur parcours de maternité, de la grossesse à l’accouchement, et même au-delà. Elle surveille l’état de santé de la mère et de l’enfant, propose des séances de préparation à la naissance, assiste l’accouchement et prend en charge les premiers soins du nouveau-né. Elle joue également un rôle essentiel de conseil auprès des jeunes parents, afin de les aider à répondre aux besoins de leur enfant dans les premiers jours. Présente dans des moments déterminants, elle allie compétences médicales, écoute et capacité à rassurer, dans un cadre à la fois exigeant et profondément humain.
L’accès à ce métier passe par six années d’études, dont une première année de médecine, suivie d’une formation spécifique en maïeutique. En milieu hospitalier, le salaire dépend d’une grille indiciaire, selon le grade, l’ancienneté et les horaires, avec des primes en complément. En libéral, la rémunération évolue selon l’activité, avec un revenu moyen d’environ 2.500 euros net par mois au démarrage, pouvant dépasser les 4.000 euros après plusieurs années d’exercice.
Découvrir le métier de sage-femmeProfesseur des écoles
Le professeur des écoles accompagne les élèves de la maternelle au CM2 dans l’apprentissage des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, mais aussi découvrir l’histoire, les sciences, les arts ou le sport. En classe, il transmet des connaissances, encadre les activités, veille à la progression de chacun et s’assure que les bases sont acquises. En dehors des heures de cours, il prépare ses séances, corrige les exercices, conçoit des supports pédagogiques, échange avec les familles et participe à la vie de l’école aux côtés de ses collègues. C’est un métier aux responsabilités multiples, qui demande rigueur, organisation et sens de l’écoute.
Pour devenir professeur des écoles, il faut suivre un Master MEEF après une licence, puis réussir le concours national de recrutement (CRPE) en fin de première année. La deuxième année de formation se fait en alternance, avec un temps de présence en classe. Le salaire moyen dans le public s’élève à environ 2.660 euros net par mois, avec une progression régulière selon l’ancienneté, les échelons et les primes prévues par la fonction publique.
Découvrir le métier de professeur des écolesJuge des enfants
Le juge des enfants intervient dès lors qu’un mineur est en danger, en difficulté ou confronté à la justice. Il peut être saisi par les parents, un service social, ou même par l’enfant lui-même. Sa mission consiste à évaluer la situation et à prendre les mesures nécessaires pour protéger le mineur : accompagnement éducatif, aide sociale, voire placement en structure spécialisée. Que ce soit dans le cadre civil ou pénal, ses décisions s’inscrivent toujours dans l’intérêt de l’enfant, en tenant compte de son environnement, de son histoire et de ses besoins.
Pour accéder à cette fonction, il faut suivre un parcours long et exigeant. Après un master en droit ou un diplôme d’un institut d’études politiques, les candidats doivent réussir le concours d’entrée à l’École nationale de la magistrature, située à Bordeaux. La formation dure 31 mois et alterne cours théoriques et mises en situation sur le terrain. Le métier requiert des qualités d’écoute, de discernement et une solide maîtrise du droit, au service de décisions parfois lourdes de conséquences.
Découvrir le métier de juge des enfantsAnimateur petite enfance
L’animateur petite enfance intervient auprès des enfants en dehors du temps scolaire, dans les crèches, les haltes-garderies, les centres de loisirs ou encore pendant les vacances. Il organise des activités adaptées à leur âge, encadre les temps de jeux, veille à la sécurité de chacun et contribue à leur éveil dans un cadre structuré. Au-delà de l’aspect récréatif, il s’agit d’un rôle exigeant qui demande du sérieux, une bonne capacité d’adaptation, le sens des responsabilités et un travail en étroite collaboration avec les équipes éducatives.
Aucun diplôme n’est obligatoire pour exercer ce métier, mais le BAFA est très souvent requis ou apprécié, notamment dans les structures accueillant du jeune public. L’animateur travaille fréquemment à temps partiel et débute généralement au niveau du SMIC. Avec l’expérience, le salaire peut progresser et atteindre jusqu’à 2.000 euros brut par mois, selon l’employeur, la zone géographique et les éventuelles primes ou indemnités prévues.
Psychologue de l'aide sociale à l'enfance (ASE)
Le psychologue de l’aide sociale à l’enfance intervient auprès de mineurs confrontés à des situations de grande fragilité, qu’il s’agisse de violences, de troubles relationnels ou de difficultés éducatives. À travers des évaluations et des bilans psychologiques, il identifie les besoins de l’enfant et propose un accompagnement adapté, pouvant aller d’un simple suivi à une orientation vers une prise en charge thérapeutique. En lien avec les travailleurs sociaux, il peut participer aux décisions de placement, intervenir auprès des familles lorsque cela est nécessaire, et contribuer à l’évaluation des familles d’accueil. Lorsqu’un enfant reste dans son foyer tout en étant suivi, il agit dans le cadre d’une mesure d’AEMO (aide éducative en milieu ouvert).
Ce poste s’exerce dans la fonction publique territoriale, sous l’autorité des conseils départementaux. Il nécessite l’obtention d’un master 2 en psychologie et une bonne connaissance du travail en équipe pluridisciplinaire. Les postes sont peu nombreux, ce qui rend l’accès au métier relativement concurrentiel. En début de carrière, la rémunération est d’environ 1.615 euros brut par mois, avec une évolution possible en fonction de l’ancienneté, du grade et des responsabilités confiées.


















