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Pourquoi les intitulés de poste ronflants sont des repoussoirs à candidats

Pourquoi les intitulés de postes trop ronflants pénalisent les recruteurs

recrutementSelon une étude américaine, la façon dont sont formulées les offres d’emploi peut changer - pour le pire - le profil de candidats intéressés
Youssef Zein

Youssef Zein

L'essentiel

  • Une étude américaine montre que les annonces de recrutement « pompeuses » attirent les candidats narcissiques, et le fondateur du cabinet de recrutement Elma constate que ce type d’annonces « à l’américaine » se développe en France.
  • Les annonces de recrutement trop sophistiquées seraient contre-productives.
  • Indiquer la rémunération dans l’annonce attire davantage de candidats et fait gagner du temps aux deux parties.

En matière de recrutement, le diable peut se cacher dans les détails. Selon une étude publiée en août dans le magazine américain Management Science, les annonces pompeuses, à la recherche de profils types « esprits libres », « dotés d’un esprit novateur » ou « ambitieux » auraient tendance à attirer les candidats aux comportements narcissiques. A ce jour le phénomène n’a pas été relevé dans nos contrées. Mais Alexandre Ricard, fondateur du cabinet de conseil en recrutement Elma, constate une importation de ces annonces de postes « à l’américaine », où les soft skills sont mis au premier plan.

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Par soft skills, il faut comprendre l’intelligence relationnelle, la capacité à communiquer ou encore les aptitudes interpersonnelles. En bref, toutes les qualités indépendantes de votre seul travail. Alexandre Ricard est critique de cette approche et reste d’avis qu’une annonce trop décalée peut devenir une épine dans le pied : « Les annonces sophistiquées sont contreproductives. Un client américain avait publié une annonce, remplie de termes anglo-saxons complètement ubuesques. Ce genre de pratique met les recruteurs en difficulté et a tendance à faire fuir les candidats. »

Simplicité

Selon Hellowork, la France compterait le plus grand nombre de candidatures de l’Union Européenne. Si les employeurs souhaitent drainer ces candidats, il faut être clair et transparent. Les annonces nébuleuses ne rencontreraient pas le succès escompté. C’est en tout cas ce qu’observe le fondateur d’Elma : « Les intitulés originaux n’attirent pas, parce que personne n’a vraiment le sentiment de remplir les conditions présentes ».

Derrière ces intitulés pour le moins loufoques, il y a la volonté d’évaluer les soft skills. Alexandre Ricard est d’avis qu’il vaut mieux les « observer lors d’un entretien plutôt que les poser comme condition de poste. »

Transparence

Le média Maddyness qui s’adresse aux entrepreneurs écrivait en juin dernier que la mention du salaire était devenue « un impératif pour attirer les candidats. » A ses yeux, indiquer la rémunération est la meilleure façon de séduire un candidat car « ça attire beaucoup plus de candidats et fait gagner du temps à chacune des parties ». Suite à la directive Européenne 2023/970, la mention du salaire sera obligatoire sous chaque offre d’emploi à partir de juin 2026. D’ici-là, les recruteurs ont visiblement tout intérêt à aller droit au but sans transformer leur annonce en une tentative de haïku.