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question rhétoriqueLes télétravailleurs du vendredi sont-ils des glandeurs ?

Les télétravailleurs du vendredi sont-ils des glandeurs ?

question rhétoriqueLe vendredi est le jour le plus télétravaillé de la semaine, ce qui n’est pas forcément du goût des patrons, qui suspectent des départs en weekend anticipé ou un manque d’assiduité chez leurs employés
De nombreuses entreprises ont sonné le rappel, et réduit la part de télétravail dans l'emploi du temps de leurs salariés, quand elles n'ont pas interdit le lundi et le vendredi télétravaillé.
De nombreuses entreprises ont sonné le rappel, et réduit la part de télétravail dans l'emploi du temps de leurs salariés, quand elles n'ont pas interdit le lundi et le vendredi télétravaillé.  - Getty Images/iStockphoto / Getty Images
Virginie Tauzin

Virginie Tauzin

L'essentiel

  • Le vendredi est le jour le plus télétravaillé en France, suivi du mercredi et du lundi, au coude à coude.
  • Même si l’association des DRH n’observe pas de perte de productivité ce jour-là, dans la tête de certains chefs d’entreprise vendredi télétravaillé est synonyme de peu d’efficacité et de weekend anticipé.
  • Lui-aussi accolé au weekend, le lundi jouit cependant d'un statut différent. C'est le jour de départ de la semaine. D'après Alexis Berthel de l'ANDRH, en plus des réunions importantes, il y a la volonté, chez les salariés, de venir sur site pour voir du monde, retrouver les collègues.

Le no man’s land du vendredi : les bureaux sont vides et les quartiers d’affaires désertés… Vous pensez les employés partis en week-end, médisants que vous êtes ? Si le vendredi est le jour le plus télétravaillé de la semaine, le fait qu’il soit accolé au samedi et au dimanche sème le trouble : les salariés sont-ils en train de bosser ou de préparer le dîner qu’ils organisent avec des amis le soir même ? « Le vendredi, c’est un vrai sujet », ose Anne-Lise Langlais, fondatrice du studio de production Aurevoir Charlie, qui « [se] pose des questions » sur la gestion de cette journée au sein de son équipe de huit personnes : « Je n’ai pas encore pris de décision mais on peut se demander si c’est une bonne chose, quand on voit que, parfois, on n’a personne sur place. Le lundi peut aussi être problématique : il faut que les gens soient là car on a besoin de se réunir. »

« La fin du télétravail n’a pas sonné »

Pour que tout le monde soit sur site en début de semaine, jours de réunions où se définissent plans et objectifs, « de nombreuses entreprises ont imposé la présence les lundis et mardis, précise Alexis Berthel, DRH et membre de l’association nationale des DRH (ANDRH). Dans ce cas, les salariés peuvent choisir deux jours de télétravail sur les trois restants. » D’autres boîtes ont carrément décidé de mettre un point final au travail à distance, aux Etats-Unis (Google, Amazon, Zoom, Disney…) et désormais en France, comme Groupama Immobilier depuis le 14 novembre.

Pour Alexis Berthel et l’ANDRH, ces quelques entreprises, même si elles font beaucoup parler d’elles, ne doivent pas faire oublier que « les managers ont développé un savoir-faire dans la gestion du télétravail et, dans une majorité de cas, cela fonctionne. La fin du télétravail n’a pas sonné en France », assure-t-il. Fin 2022, le même collectif observait d’ailleurs que vendredi télétravaillé ne rimait pas avec baisse de la productivité pour les entreprises.

Le salarié est déjà parti en week-end, et alors ?

Chez Welcome to the Jungle, on n’a aucun problème avec le lundi ni avec aucun jour de la semaine : « Potentiellement, le collaborateur va partir en week-end un peu plus tôt, et alors ? Il a peut-être été super efficace le vendredi matin et atteint ses objectifs en quatre heures », lance Mathilde Fontaine, responsable des opérations RH de la start-up parisienne, à la pointe sur la question du bien-être au travail. Une flexibilité dont convient l’indécise Anne-Lise Langlais, chez Au revoir Charlie : « Si l’employé décélère le vendredi mais revient le lundi avec la niaque, c’est OK. »

Et le mercredi dans tout ça ? Deuxième jour le plus télétravaillé après le vendredi pour des raisons d’organisation familiale, il peut aussi éveiller des doutes sur l’efficacité du salarié (le plus souvent de la salariée). Des doutes qu’Alexis Berthel lève aussitôt : « On peut très bien avertir son employeur qu’on ne sera pas en poste le temps d’emmener son enfant à une activité, et ainsi jouer la transparence. En même temps, si vous bossez au 25e étage d’une tour de la Défense, aller fumer en bas peut vous prendre vingt minutes pendant lesquelles votre manager ne sait pas où vous êtes. » Finalement, les soupçons de flemme qui pèsent sur le télétravailleur peuvent sans doute se résoudre ainsi : des challenges adaptés et intéressants et une bonne dose de « téléconfiance » .

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