Dora Christian
L'essentiel
- Les lunettes de vitesse, initialement portées par des sportifs de haut niveau lors d’événements comme le Tour de France ou l’UTMB, sont devenues des accessoires de mode du quotidien adoptés par un public bien plus large que les seuls athlètes.
- Adrien Marmara, opticien chez Optic 2000, observe que « seulement un client sur quatre qui en achète pratique une activité physique » et constate « l’émergence d’un public non sportif, notamment les jeunes, séduit par l’esthétique sportswear ».
- Selon lui, le succès de ces lunettes s’explique par « l’alliance entre une réponse technique parfaite et un phénomène de mode pop culture véhiculé par les réseaux sociaux », avec une offre diversifiée allant des modèles Decathlon à 29,99 euros aux lunettes de luxe comme Miu Miu.
On a eu l’habitude de voir les lunettes de vitesse lors du Tour de France ou en course à pied sur des champions de l’UTMB comme Blandine L’Hirondel. Mais depuis peu, leur cercle d’acheteurs s’est bien élargi pour être réapproprié par la sphère du lifestyle, jusqu’à devenir des lunettes de soleil du quotidien, à part entière.
Quand le succès de la course à pied gagne aussi les dressings
Ceux qui sont connectés ne seront pas étonnés ! On peut même dire qu’on avait vu venir cette tendance qui s’est installée progressivement. Cela a commencé avec la vague d’accros au running, évidemment. Depuis le succès fou qu’a rencontré la course à pied, l’équipement devait suivre, soit le kit du « runner fashion » avec tout son attirail : gilet d’hydratation, plaques carbone, gels, casquette, écouteurs à conduction osseuse et ces fameuses lunettes aux teintes colorées et réfléchissantes. Ce qu’on leur trouve ? Elles donnent un look athlétique qui renvoie à la performance, comme les plus grands, à l’image de Jimmy Gressier ou Mathieu Blanchard qui en portent aussi !
Adrien Marmara, associé et opticien Optic 2000, constate également cet engouement autour des lunettes de vitesse dans sa boutique à Yerres (Essonne). Et « cet été n’a fait que confirmer la tendance », assure-t-il, avant de confier que seulement un client sur quatre qui en achète pratique une activité physique. « Nous observons l’émergence d’un public non sportif, notamment les jeunes, séduit par l’esthétique sportswear », reconnaît l’opticien.
Ces dernières années, l’offre s’est beaucoup développée, avec des modèles adaptables à la vue, plus simples et accessibles pour ceux qui privilégient le style et ne cherchent pas forcément les qualités initiales de ces lunettes. On pense notamment aux modèles Decathlon à 29,99 euros qui visent davantage cette nouvelle cible, contrairement aux modèles techniques chez des marques spécialisées comme Bollé (à 183 euros la paire), proposées par Optic 2000 par exemple.
Un nouvel accessoire de mode à part entière
« Aujourd’hui, les lunettes de vitesse vont au-delà de leur fonction première. Leur succès s’explique par l’alliance entre une réponse technique parfaite et un phénomène de mode pop culture véhiculé par les réseaux sociaux », remarque l’opticien. En clair, sa clientèle ne vient plus uniquement pour des motivations liées à la performance, mais aussi pour un aspect purement esthétique.
« Ces masques et lunettes galbées sont devenus un véritable marqueur de style assumé », décrypte Adrien Marmara. Désormais, tout le monde s’en empare, à commencer par le luxe avec des marques telles que Miu Miu, qui reprennent clairement l’esthétique des lunettes de vitesse sur leurs solaires.