Christelle Pellissier
L'essentiel
- Andie MacDowell a défilé lundi soir aux côtés d’Eva Longoria, Kendall Jenner, Jane Fonda ou encore Viola Davis en ouverture de la fashion week de Paris.
- Pour l’occasion, elle se confie à 20 Minutes sur son rapport à la beauté, et sur le regard de la société sur l’âge des femmes.
- « Nous sommes à une époque où les femmes doivent se soutenir mutuellement », indique-t-elle notamment.
Chemise, cravate et longue jupe fendue, Andie MacDowell nous reçoit avec l’aisance et le charisme qui la caractérisent, à la veille du défilé L’Oréal Paris. Ambassadrice de la marque depuis plus de quatre décennies et ancienne mannequin, l’actrice hollywoodienne est bien évidemment rodée à l’exercice, tout comme à celui des interviews.
C’est sans détour qu’elle évoque son rapport à la beauté depuis le début de sa carrière, ainsi que le regard de la société sur l’âge des femmes. Interview.
Vous êtes ambassadrice L’Oréal Paris depuis plus de quarante ans. Le regard sur la beauté des femmes a-t-il changé ?
Oui, je pense qu’il a changé. Nous sommes à une époque où les femmes doivent se soutenir mutuellement, et c’est ce que j’aime dans ce défilé. La solidarité entre femmes est une des valeurs fortes de L’Oréal Paris, et j’adore ça. Il est important de montrer des femmes se soutenir, se défendre et s’élever mutuellement.
Qu’en est-il de la beauté des femmes âgées de plus de 40 ans ?
C’est une problématique qui se pose toujours, et à laquelle les hommes n’ont pas à faire face. Culturellement, dans notre société, les femmes ont dû se battre pour tellement de droits. Nous devons avoir conscience de la façon dont nous sommes perçues, que ce soit au cinéma ou dans la société. C’est la raison pour laquelle il est important que la sororité soit la déclaration de ce défilé, parce qu’en ce moment le pouvoir des femmes est au centre de l’attention. J’aimerais voir beaucoup plus de femmes plus âgées au cinéma parce que dans la réalité nous sommes tellement nombreuses. Encore aujourd’hui, il n’y en a pas assez, et ce n’est pas représentatif de la réalité.
Y a-t-il un moment dans votre vie et votre carrière où votre âge est devenu un problème ?
J’ai vieilli, je vieillis… Mais je n’y pense pas, honnêtement, je vis dans le moment présent. J’ai déjà vécu tous les autres moments de ma vie, donc le seul moment que j’ai, c’est maintenant. Je me concentre sur le fait d’être la meilleure version de moi-même et sur mon épanouissement en tant que personne. Finalement, c’est le seul pouvoir que j’ai, la seule chose que je peux faire, car je n’ai pas le pouvoir de changer le regard ou les idées que les autres peuvent avoir.
L’estime de soi est l’une des valeurs du défilé. Vous sentez-vous plus sûre de vous aujourd’hui qu’à vos débuts ?
Je suis juste différente. C’était une autre époque, une autre sorte d’énergie. Quand j’ai commencé, je ne comprenais pas toutes les subtilités du monde, je n’avais pas autant d’expérience. Mais ça ne m’empêchait pas d’avoir de l’assurance. La première fois que je suis venue à Paris, ou quand j’ai déménagé à New York, je ne connaissais personne, et ça demande de l’assurance. Aujourd’hui, j’ai engrangé des connaissances et de l’expérience donc j’ai un autre type de confiance en moi. Ma vision globale des choses a changé.
Vous avez deux filles. Que leur avez-vous transmis en matière de beauté et d’estime de soi ?
J’ai deux filles, mais aussi un fils. Ils ont tous les trois été élevés avec une féministe, et c’est pour ça que mon fils est si génial aujourd’hui. Ils savent qu’il faut prendre soin de soi, à tous les niveaux, apprendre à gérer ses émotions et faire son introspection pour comprendre qui on est et ce qu’on a à offrir. J’ai travaillé sur tellement d’aspects avec mes enfants, et maintenant ce sont eux qui me rappellent parfois mes propres messages.
Peut-on dire que les choses changeront vraiment le jour où les journalistes cesseront de vous poser des questions sur la beauté et l’âge des femmes ?
L’idée est de savoir si vous posez ces questions aux hommes. C’est ça le sujet. J’ai vu un truc génial sur Instagram où des hommes sont interviewés, et on ne leur pose que des questions habituellement destinées aux femmes. Les hommes ne peuvent pas répondre tellement c’est absurde. S’ils se connectaient à leur féminité, tout irait tellement mieux. Le vrai pouvoir est de comprendre ce que signifie être sensible et prendre soin des autres. Les femmes le font, c’est ce qui nous rend si profondes, si puissantes. Notre capacité à avoir de l’empathie, peu importe ce qu’on en dit, est la chose la plus importante qu’un être humain possède.