Christelle Pellissier
L'essentiel
- Kylian Mbappé a quitté son équipementier historique, Nike, pour une marque beaucoup moins connue du grand public, On.
- Créée en 2010 par l’ancien triathlète Olivier Bernhard, avec Caspar Coppetti et David Allemann, la marque On se focalise dans un premier temps sur une technologie dédiée aux chaussures de running.
- Doucement mais sûrement, l’équipementier élargit son champ d’action, au tennis d’abord en collaboration avec Roger Federer, puis au lifestyle, et enfin au football et au golf.
Un magnifique tacle glissé. La marque On est parvenue à convaincre Kylian Mbappé de s’engager à ses côtés pour plusieurs années, au détriment de son équipementier historique Nike. Un tour de force pour ce tout jeune équipementier, 16 ans à peine, qui ambitionne de rivaliser avec les géants du monde du sportswear.
« On continue de s’imposer comme la marque sportswear mondiale la plus qualitative », peut-on lire dans une communication sur ses objectifs financiers pour 2029. Sur les trois dernières années, l’équipementier a bénéficié d’un taux de croissance annuel moyen de 35 %, témoignant d’une ascension fulgurante. Mais quelle est donc cette marque encore inconnue au bataillon - ou presque - il y a moins d’une semaine ?
Une chaussure en tuyaux d’arrosage et… Federer
C’est dans les Alpes suisses que la marque On trouve son origine. Olivier Bernhard, triathlète à la retraite, cherche à révolutionner le marché de la chaussure de running avec une semelle d’un nouveau genre. Il crée un tout premier prototype agrémenté de morceaux de tuyau d’arrosage, avant d’être rejoint par Caspar Coppetti et David Allemann en 2010. A force d’essais, d’échecs et d’améliorations, la technologie CloudTec voit le jour. Ce système d’amorti breveté (et primé) se caractérise par « une absorption des chocs à la fois horizontalement et verticalement » pour donner l’impression de « courir sur les nuages. »
Deux ans plus tard, en 2012, la première paire de chaussures de la marque, la Cloudsurfer, est lancée sur le marché. Puis arrivent d’autres modèles, avec la volonté qu’ils soient plus légers et performants grâce aux retours des athlètes enrôlés au fil des années, ainsi que la première ligne de vêtements. Fin 2019, On frappe un grand coup (droit) avec l’arrivée d’un certain Roger Federer en tant que co-entrepreneur. « Nous avons des amis en commun qui ont organisé une rencontre, après que nous l’avons vu poster une photo de chaussures On sur Instagram », a expliqué David Allemann au Temps. La marque élargit son champ d’action au tennis, avec l’idée de développer toute une gamme avec l’un des meilleurs joueurs de tous les temps. C’est ce qu’on appelle une bonne pioche - ou un coup de maître.
De Zendaya à Mbappé
Au-delà de ses technologies et de son engagement en matière de durabilité, la force de la marque réside dans son portefeuille d’athlètes. Iga Swiatek, Henry Bernet, João Fonseca pour le tennis, Lisa Tertsch ou Solveig Lovseth pour le triathlon, et Katie Schide ou Baptiste Chassagne pour le trail… La visibilité de l’équipementier ne cesse d’augmenter au fil des années. D’autant plus qu’elle n’en oublie pas ses gammes lifestyle, en enrôlant coup sur coup FKA twigs et Zendaya. En seize ans, la marque n’a cessé de se diversifier jusqu’à séduire plus de 7 millions d’athlètes, s’implanter dans quatre-vingt-dix pays et, clou du spectacle, être cotée à la Bourse de New York.
Pas question de s’arrêter là pour autant. Septembre 2026, la marque On s’engage sur un nouveau terrain de jeu, le football, sport le plus populaire au monde. Et pas n’importe comment, puisqu’elle s’y est risquée aux côtés de Kylian Mbappé, un ambassadeur et actionnaire de choix, et Thierry Henry en tant que directeur du football. Une nouvelle qui a mis un sacré coup de projecteur sur l’équipementier. Lequel a annoncé dans la foulée vouloir aussi s’imposer dans l’univers du golf. Un coup de maître qui pourrait rapporter (très) gros.
Estimé à 3 milliards de francs suisses en 2025, le chiffre d’affaires annuel de la marque devrait atteindre « au moins 5,6 milliards de francs suisses » d’ici trois ans. Pas assez pour faire trembler les géants du sportswear, mais de quoi commencer à les inquiéter.