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Moustiques : pourquoi certains se font-ils plus piquer ?
Buffet à volonté

Moustiques : Pourquoi certaines personnes se font-elles piquer plus que les autres ?

Vous êtes la cible numéro un des moustiques ? Plusieurs détails invisibles à l’œil nu pourraient expliquer pourquoi ils vous choisissent presque à chaque fois
Fostine  Carracillo pour 20 Minutes

Fostine Carracillo pour 20 Minutes

L'essentiel

  • Certaines personnes attirent davantage les moustiques que d’autres, mais ce n’est pas une question de « sang sucré ».
  • CO2, odeur corporelle, microbiote, chaleur ou encore groupe sanguin peuvent jouer un rôle.
  • Pour limiter les piqûres, les protections classiques restent les plus efficaces.

Il suffit parfois d’une soirée en terrasse pour constater l’injustice : pendant que certains profitent tranquillement de l’extérieur, d’autres accumulent les piqûres. Pourtant, les moustiques ne choisissent pas leurs victimes au hasard, et l’idée selon laquelle ils préféreraient simplement le « sang sucré » ne tient pas vraiment. Leur attirance dépend d’un ensemble de signaux que nous émettons sans même nous en rendre compte, de notre respiration à notre odeur corporelle en passant par la chaleur de notre peau.

Le dioxyde de carbone les aide à repérer leurs cibles

Avant même de s’approcher suffisamment pour sentir la peau, le moustique dispose d’un premier indice particulièrement efficace : le dioxyde de carbone. Nous en rejetons continuellement lorsque nous respirons, et ces insectes sont capables de le détecter à plusieurs dizaines de mètres. Plus une personne en émet, plus elle peut donc être facilement repérée.

Cela explique en partie pourquoi certaines catégories de personnes semblent davantage exposées. L’activité physique augmente par exemple la respiration et la production de CO2. Les femmes enceintes peuvent également en rejeter davantage en raison des modifications de leur métabolisme. La quantité de dioxyde de carbone constitue toutefois seulement une première étape dans le processus qui conduit le moustique jusqu’à sa cible.

Notre odeur corporelle fait une grande différence

Une fois à proximité, l’odorat prend le relais. La transpiration contient plusieurs molécules auxquelles les moustiques sont sensibles, notamment l’acide lactique. Après un effort ou lors de fortes chaleurs, la combinaison de la sueur, de la température corporelle et des odeurs émises par la peau peut donc augmenter notre attractivité.

Mais deux personnes qui transpirent autant ne dégagent pas nécessairement la même odeur. Chaque peau possède une signature chimique particulière, façonnée notamment par la génétique, l’alimentation ou encore l’activité physique. C’est l’une des raisons pour lesquelles une personne peut se faire piquer à répétition alors que son voisin, installé exactement au même endroit, semble presque épargné.

Le microbiote de la peau entre aussi en jeu

Notre peau abrite naturellement une multitude de micro-organismes, parmi lesquels des bactéries qui constituent le microbiote cutané. En transformant notamment certains composants de la sueur, ces micro-organismes produisent des substances volatiles. Leur composition varie fortement d’un individu à l’autre et contribue donc à créer une odeur corporelle unique.

Plusieurs recherches ont montré que certains de ces composés sont particulièrement attractifs pour les moustiques. Les acides carboxyliques, présents à la surface de la peau, font notamment partie des substances étudiées. Certaines bactéries cutanées pourraient également rendre une personne plus ou moins attirante. La fameuse « peau à moustiques » serait donc en partie une question de chimie.

Le groupe sanguin pourrait avoir une influence

Le groupe sanguin est lui aussi régulièrement évoqué. Des travaux ont montré que les moustiques peuvent manifester une préférence pour certains groupes, en particulier le groupe O. Il ne faut cependant pas imaginer qu’ils connaissent le goût du sang avant de piquer : leur sélection repose sur les signaux qu’ils perçoivent à la surface du corps.

Le groupe sanguin ne suffit donc pas à expliquer à lui seul les différences observées. Il vient plutôt s’ajouter à une combinaison beaucoup plus complexe associant CO2, odeurs corporelles, microbiote, température ou encore prédispositions génétiques. Selon l’espèce de moustique, l’importance de chacun de ces facteurs peut également varier.

Les vêtements et la chaleur peuvent vous rendre plus visible

L’odorat n’est pas le seul sens utilisé par ces insectes. Lorsqu’ils approchent de leur cible, ils s’appuient aussi sur des indices visuels et thermiques. Les couleurs foncées, comme le noir ou le bleu marine, peuvent notamment les rendre plus faciles à repérer.

Ces vêtements absorbent également davantage la chaleur, un autre signal susceptible d’aider le moustique à localiser sa prochaine cible. Porter des habits clairs, amples et couvrants constitue ainsi un moyen simple de limiter l’exposition de la peau, même si aucune couleur ne garantit évidemment d’échapper totalement aux piqûres.

Peut-on vraiment devenir moins attirant pour les moustiques ?

Changer complètement son odeur corporelle est pratiquement impossible. Une partie de ce qui attire les moustiques dépend en effet de caractéristiques biologiques et génétiques sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle. Modifier son savon, son alimentation ou son parfum peut également produire des résultats très variables : un produit qui semble fonctionner chez une personne peut avoir l’effet inverse chez une autre.

La meilleure stratégie reste donc de réduire les occasions de se faire piquer. Éliminer les eaux stagnantes autour de son logement limite les lieux de ponte, tandis que moustiquaires, vêtements couvrants et répulsifs adaptés constituent des protections plus fiables. Si certaines personnes continueront probablement à attirer davantage les moustiques que leur entourage, ce n’est finalement ni une question de « bon » ou de « mauvais » sang, mais le résultat d’un subtil mélange de signaux biologiques.