Slingbacks : Comment ces chaussures « vieillottes » ont réussi leur remontada ?
Ces chaussures de grand-mère s’offrent une nouvelle réputation auprès de la Gen ZDora Christian
L'essentiel
- Les slingbacks, autrefois considérées comme des chaussures de « grand-mère bourgeoise », sont devenues un incontournable du dressing grâce aux défilés et aux tendances « quiet luxury » et « old money », au point que même la Gen Z les adoptent.
- Ces chaussures sont appréciées car elles sont « plus légères », pratiques et « plus jeunes » selon Aloïs Guinut, conseillère en image, qui précise qu’il faut « choisir des modèles fins » pour éviter l’effet « mamie ».
- Comme elles allongent les jambes, on peut associer les slingbacks avec des jeans raccourcis à la cheville, des mini-jupes ou des jupes midi.
C’est vrai que ça faisait déjà un bon moment qu’on voyait les slingbacks revenir ! Souvenez-vous : la paire de slingback Jonak, d’inspiration Chanel, avait même fait l’objet d’une condamnation pour parasitisme économique le 16 octobre 2024. Drôle d’ascension pour une paire autrefois cantonnée à l’image de chaussures de « grand-mère bourgeoise » ! Mais grâce aux défilés, et porté par les tendances « quiet luxury » et « old money », ce classique a profité d’un véritable revirement de réputation, à tel point qu’il est devenu un incontournable du dressing, même chez la Gen Z.
Les slingbacks, de vieillottes à désirables
Aloïs Guinut, conseillère en image, est sans équivoque : « On en voit énormément dans les défilés et, depuis quelques années, dans les boutiques grand public. Par conséquent, on en voit aussi beaucoup aux pieds des Parisiennes ».
Elle avoue même en proposer régulièrement à ses clientes, qu’il s’agisse de talons trotteurs façon Chanel, un peu épais et bien stables, ou de « kitten heels » plus fins. Dans les deux cas, il s’agit de chaussures peu hautes et confortables, idéales à la mi-saison, lorsque le temps se radoucit, jambe nue ou avec des collants très fins.
Si les slingbacks ont perdu leur étiquette de « chaussures de mémé », celle du prix, en revanche, continue de faire grincer des dents. Sur les réseaux sociaux, les astuces se multiplient et les hashtags regroupent les recherches de « dupes » pour s’offrir cette paire iconique à moindre coût.
En tête de liste, le modèle proposé par Jonak (135 euros), souvent présenté comme le dupe du modèle emblématique Chanel, affiché à 1.060 euros dans ses coloris beige et noir. Plus récemment, c’est également la version signée Miu Miu (990 euros) qui a gagné en désirabilité.
Des chaussures « légères » et « jeunes »
Malgré ce que l’on a pu en penser pendant des années, les slingbacks sont aujourd’hui un véritable must. À mi-chemin entre la ballerine et l’escarpin, « elles sont plus légères », pratiques et donc « plus jeunes », affirme Aloïs Guinut. À condition toutefois de « choisir des modèles fins, et pas un peu patauds », qui peuvent vite faire « mamie », précise la conseillère en image.
« Et encore ! », nuance-t-elle. « Jeanne Damas a beaucoup porté, il y a quelques années, des chaussures dites “de mamie”, plus basses, épaisses et confortables, qu’elle a ensuite intégrées dans les collections Rouje ». « Moi-même, je m’étais acheté des slingbacks de la marque allemande Worishofer dans la boutique 58M, qui les proposait dans toutes les couleurs. Bien stylisées, plus personne ne pense que ce sont des chaussures de mamie ! ».
Récemment, le modèle a encore évolué avec l’apparition de versions à talons aiguilles, qui séduisent davantage la Gen Z. Mais avec ce talon pointu, « on s’éloigne du modèle de base », souligne la styliste. Une porte d’entrée, néanmoins, vers la slingback classique.
Comment porter les slingbacks ?
En ce qui concerne la styliste, elle aime porter les mettre avec des jeans légèrement raccourcis à la cheville, ou au contraire avec des jeans longs et larges, comme ceux très en vogue en ce moment. Par exemple, le bootcut façon Kendrick Lamar.
On peut aussi les adopter avec des mini-jupes, car « elles allongent la jambe », affirme la professionnelle, qui conseille alors des talons ronds ou en forme d’amande, comme chez Chanel, ainsi que des talons trotteurs. Avec des jupes midi, « les versions fines et pointues, de type kitten heels, sont très élégantes ».
Dernier avertissement pour éviter le fashion faux pas : assurez-vous que le talon ne se décolle pas trop de la chaussure, car la marche devient alors difficile et désagréable à cause de la bride. On y perd tout le charme et l’élégance.



















