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Le chef « discret » Michaël Arnoult décroche trois étoiles au Guide Michelin 2026

Michelin 2026 : En attribuant trois étoiles à Michaël Arnoult, le guide gastronomique sacre un chef discret

SANS FLONFLONSSon établissement « Les Morainières », ouvert en 2005, avait reçu sa première étoile deux ans après
Explicagif: Comment sont attribuées les étoiles du Guide Michelin ?
Olivier Mimran

O.M. avec AFP

Pour vivre heureux, vivons cachés… Habituellement à l’écart des projecteurs, le chef Michaël Arnoult a intégré, lundi 16 mars 2026, le cercle très fermé des toques triplement étoilées en magnifiant le terroir de Savoie – dans le sud-est de la France –, aux fourneaux de son établissement Les Morainières, qui domine la vallée du Rhône.

« Le luxe est de consommer ce qui pousse à côté de la maison », fait valoir le chef de 48 ans, qui a repris en 2005, avec son épouse Ingrid, cette auberge isolée de la commune de Jongieux pour en faire une place forte de la gastronomie internationale.

« Ne pas griller les étapes »

Après avoir obtenu une première étoile en 2007, puis une deuxième cinq ans plus tard, cette table est la seule à décrocher le « Graal » d’un troisième macaron dans le palmarès 2026 du Guide Michelin, dévoilé lundi 16 mars à Monaco.

« Quand on a démarré, on n’était que tous les deux, explique ce chef natif d’Orléans (Centre) à l’AFP. On a eu une étoile, et on est passé à trois. On a toujours fait comme ça, petit à petit, on ne pouvait pas griller les étapes ».

L’impératif de la qualité

Le choix de s’implanter dans un endroit aussi reculé était « un projet un peu fou, reconnaît-il aujourd’hui, aux côtés de sa femme qui assure le service en salle. On n’avait pas d’argent, pas grand-chose et c’est pour ça qu’on s’est retrouvé là, mais on avait plein de courage et de l’ambition ».

Un tel lieu les a d’ailleurs obligés à se surpasser : « On ne pouvait pas faire autre chose que de la qualité pour faire venir les clients ». Aujourd’hui, la clientèle internationale se presse aux Morainières pour savourer un tartare d’écrevisse en gelée et les produits des environs.

Simplicité et sincérité

Mais la simplicité n’a pas quitté les lieux. « Notre petite maison, il faut la voir, il n’y a pas de dorure. C’est la simplicité et la sincérité, et moi, je trouve ça formidable ; et si ça peut faire rêver des tas d’autres restaurants… », sourit-il.

Avant de s’installer en Savoie, Michaël Arnoult a beaucoup voyagé : sa carrière commence au milieu des années 1990, comme commis au restaurant gastronomique italien La Romantica, à Paris, avant de se poursuivre en Angleterre, à l’Oakley Court Hotel de Windsor – près de Londres – où il officie comme saucier, puis sous-second.

D’heureux hasards

Au début des années 2000, il entre, avec sa femme, au prestigieux Flocons de Sel du chef Emmanuel Renaut, à Megève, dans les Alpes françaises (sud-est), en se fiant à sa bonne étoile et au hasard : « j’ouvre le journal de L’Hôtellerie sur la carte de France, on ferme les yeux, on pose le doigt, ça tombe sur les Alpes. On regarde et on tombe sur une annonce du Flocons de Sel. On appelle et on a été recrutés », racontait-il au Gault & Millau.

Quelques années plus tard, le couple a un coup de cœur pour cette vieille bâtisse de Jongieux à qui le Michelin vient de décerner son troisième macaron. « On savait qu’un jour ou l’autre il aurait fallu qu’on ait ces trois étoiles pour que les gens viennent jusqu’à nous », observe-t-il.

L’amour du territoire

La première étoile en 2007 n’avait pourtant pas été qu’une bénédiction pour le couple : « on était en panique parce qu’on n’était pas prêts. On servait tout sur des ardoises parce qu’on n’avait pas un rond, se remémore-t-il. Quand on vous met des étoiles alors que vous n’avez rien de clinquant, vous êtes effrayé ».

Notre dossier « Guide Michelin 2026 »

Une conviction ne l’a jamais quitté : son amour de la Savoie et de la vallée qui entoure son restaurant et nourrit son inspiration. « La philosophie de travail n’est pas bien compliquée. Il n’y a qu’à regarder autour de nous, déclarait-il en 2023. On essaie de défendre un territoire, défendre le travail des hommes sur ce territoire, qu’on puisse se rendre compte de tout ce qui nous entoure, de toute la richesse ».