Origine des produits transformés : Comment obtenir une meilleure transparence
Argent•Information essentielle pour une démarche écologique ou pour soutenir la production locale, l’origine des produits alimentaires est pourtant bien souvent absente, mais cela pourrait changerJ.P. pour 20 Minutes
D’où viennent les produits alimentaires que vous achetez ? Si la législation française impose déjà aux professionnels d’indiquer la provenance géographique des produits bruts – viandes, volailles, poissons, légumes et fruits —, les aliments transformés n’y sont en revanche pas soumis. Pourtant, cette information est essentielle lorsqu’on fait attention à la qualité sanitaire d’un produit, pour soutenir la production hexagonale mais aussi effectuer des achats écologiquement plus responsables.
Une demande de transparence
Les consommateurs sont bien conscients des enjeux : 86 % disent vouloir disposer d’un affichage clair de l’origine des produits alimentaires, d’après une étude menée à la rentrée 2023 par Appinio pour le compte du collectif En Vérité, qui milite activement pour une obligation de transparence dans le secteur alimentaire. Parmi les motivations invoquées, les sondés citent en priorité le soutien aux producteurs locaux (59 %), la qualité des produits (57 %), le goût des denrées (41 %), ainsi que la réduction de leur empreinte carbone (29 %). À défaut d’indication, 68 % des acheteurs se réfèrent aux listes d’ingrédients et aux labels de certification pour trouver des informations sur l’origine… ce qui est largement insuffisant face à l’omerta des industriels, comme le dénonce une récente étude d’UFC-Que Choisir.
L’association a relevé les mentions de 243 aliments transformés de grandes marques du type conserves, plats préparés, salades, sandwichs, jambon, charcuterie, etc. À l’heure du bilan, 47 % des ingrédients examinés ne comportent pas du tout d’origine, tandis que 22 % ont une origine générique et floue, telle qu'« origine UE » ou « non UE ». Les céréales et les légumes en boîte sont les plus mauvais élèves avec un manque d’information constaté pour 84 % des ingrédients. UFC fustige encore « les différences considérables en matière de transparence pour des produits de mêmes gammes et de compositions comparables », avec des origines détaillées de façon plus ou moins partielles selon les marques (parfois pour 1 ingrédient sur 5 ou 1 sur 10 ou 7 sur 10…). En clair, c’est au bon vouloir des enseignes !
Vers une mention volontaire
Pour changer la donne, les associations de défense des consommateurs demandent depuis longtemps la mention de l’origine des produits alimentaires transformés sur les emballages. Un avis du Conseil national de la consommation de 2021 a d’ailleurs recommandé de renforcer les dispositifs en la matière. Et une première étape a justement été franchie en ce sens puisque le gouvernement a entériné une démarche baptisée « Origine-Info » élaborée en collaboration avec la CLCV, Familles rurales, Foodwatch, UFC-Que choisir et le collectif En Vérité. Une fois le cahier des charges finalisé et le logo déterminé, une expérimentation sera menée au cours de l’été 2024. Les marques volontaires pourront alors utiliser ce visuel pour présenter de façon synthétique les différentes origines des ingrédients composant leurs produits alimentaires transformés. Mais déjà des voix s’élèvent parmi les associations pour demander que le futur affichage soit obligatoire et non facultatif, sous peine de n’avoir aucun effet…


















