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« Taisez-vous, à genoux ! »… On a testé un escape game kidnapping

« Taisez-vous et à genoux ! »… On a testé un escape game kidnapping

Même pas peurIl fallait oser… Un journaliste de « 20 Minutes » a testé un escape game assez particulier à Metz : un kidnapping, suivi d’énigmes plus classiques. Une sacrée expérience !
Thibaut Gagnepain

Thibaut Gagnepain

L'essentiel

  • Un nouvel escape game est proposé à Metz depuis fin décembre. Comme son nom l’indique, « Metz Kidnap » propose d’abord un kidnapping à ses participants.
  • Seul un lieu de rendez-vous, dans un parking, est donné.
  • Un journaliste de 20 Minutes a testé le concept au sein d’une équipe de quatre personnes. Récit.

Pas simple de trouver des équipiers. « Non, trop peur, je te jure », me répond poliment une amie. « Aucune envie d’être kidnappé », sourit un autre. Gaëlle, elle, n’hésite pas longtemps : « Oui, ça me dit bien », se réjouit la trentenaire avant de proposer cet escape game à son concubin Julien et sa fille, Elea. Nous voilà donc quatre volontaires, soit le nombre maximum.

Je pars avec un tout petit avantage. La veille, un message WhatsApp m’a été envoyé. Dans une vidéo, deux individus cagoulés me demandent « des caractéristiques de chacun des membres du groupe. Une peur, un loisir, une obsession ». « Si vous le faites bien, on saura vous remercier, mais si vous le faites mal… », ajoutent-ils, armes au poing. Le ton est donné, tout comme une adresse de rendez-vous. Plus précisément un parking sous-terrain dans la proche banlieue de Metz, avec code d’accès et place numérotée.

Le lendemain, nous sommes à l’heure et descendons de la voiture. Déjà sur nos gardes mais aussi avec le sourire : c’est un jeu, pas de panique ! Un homme passe juste devant nous. Julien, téméraire : « Vous êtes de l’escape game ? ». Pas de réponse. L’individu s’engouffre derrière une porte. Fausse alerte. Non ! Un autre, tout de noir vêtu et armé, surgit quelques secondes plus tard et ordonne : « Taisez-vous et à genoux ! ». Nous nous exécutons sans broncher. « Vous êtes à nous », ajoutent maintenant deux de ses complices en nous enfilant des capes. Et des masques occultant. Le kidnapping a démarré.

Deux des trois kidnappeurs.
Deux des trois kidnappeurs. - Metzkidnap

« Tenez-vous par les épaules et avancez », lancent les ravisseurs qui nous frôlent avec une batte de base-ball. Nous ne pouvons retenir quelques gloussements mais obéissons tous, jusqu’à monter dans une camionnette. « Le premier qui l’ouvre, je m’en occupe », menace un de nos bourreaux. Silence complet, moteur et musique d’ambiance en roulant. « Ça joue les gros bras mais ça écoute de la flûte de pan », tente Julien, toujours aussi provocateur. Réponse du pilote : « Tu vas te calmer. On va s’occuper de toi »

Dans le noir complet, le trajet paraît long. Fait-on simplement le tour du pâté de maison pour nous perdre ? Impossible à dire. « Vous allez vous ambiancer. Dansez et frappez dans vos mains », enjoint un kidnappeur en envoyant un des titres de la bande originale du film Inglourious Basterds. Ni la première ni la dernière référence à l’œuvre de Quentin Tarantino. Là encore, tout le monde suit. Pour les riverains ou les automobilistes qui nous croisent, la scène doit être stupéfiante.

Sur une croix en bois, les bras menottés

Après peut-être un quart d’heure de trajet, le véhicule s’arrête enfin. Nous devons encore nous tenir par les épaules jusqu’à une pièce assez sordide. Des murs sont recouverts de bâches plastiques où du sang (du vrai ? !) a giclé. Des masques à gaz sont pendus à côté d’armes, de malles, d’un établi avec instruments de torture… Bienvenue dans une planque. A côté, un couloir mène à une armoire métallique qu’Eléa a le droit de découvrir en premier. Une autre membre de l’équipe se retrouve allongée dans un congélateur et moi… sur une croix en bois, les bras écartés et menottés ! Est-ce que ça va virer à la soirée sadomasochiste ? Pas vraiment quand je vois Julien passer à l’interrogatoire en premier.

« Qu’est-ce que tu sais de notre organisation ? Que faisais-tu dans ce parking ? », le questionnent-ils avec virulence, sans être grossiers. Enfin presque. Gaëlle a droit à un « pauvre conne » lorsqu’elle a le malheur de poser une question. Chacun passera à son tour sur cette chaise… Avec toujours des attaques personnalisées grâce à mes infos de la veille et des moyens coercitifs pour nous faire parler. Comme quand Elea se retrouve de dos et entend le bruit d’une tronçonneuse. Ce n’est pas un effet musical mais bien une vraie machine qui vient d’être démarrée !

Dans ces conditions, difficile de pas avoir un peu peur. Les ravisseurs sont parfaitement dans leur rôle et on se prend au jeu. Quitte à avoir quelques éclairs de doute par moments : Et si c’était vrai ce truc ? ! Heureusement, nos kidnappeurs finissent par quitter les lieux et l’escape game plus traditionnel peut démarrer. Le but ? Sauver le monde, tout simplement. Avec fouille, code, énigme, clés dissimulées, aide par talkie-walkie. Il nous en faut d’ailleurs pas mal pour finir en une heure et demie la mission.

« Vous avez réussi votre test d’entrée, vous faites maintenant partie de l’organisation », nous félicitent à la fin nos bourreaux, avant une photo souvenir et le retour au parking. Toujours masqués. « Soyez sur vos gardes », lâchent-ils avant de nous laisser. Nous scrutons tous les lieux avant de nous réfugier dans la voiture, un brin transpirant. Bilan ? Tout le monde a le sourire. « On ne voit pas le temps passer. Côte immersif et interactif, c’est vraiment bien foutu », estime Gaëlle, rejointe par Elea qui parle d’une « super expérience ». « C’était fort en sensations », conclut Julien.