Fostine Carracillo pour 20 Minutes
L'essentiel
- Le passage à l’heure d’hiver offre une heure de sommeil supplémentaire, mais peut aussi provoquer une fatigue inhabituelle.
- Ce décalage perturbe temporairement notre horloge biologique, tandis que la baisse de luminosité accentue la somnolence.
- Pour retrouver son énergie, mieux vaut conserver des horaires réguliers et profiter de la lumière naturelle dès le matin.
Chaque automne, la promesse est séduisante : une heure de sommeil supplémentaire. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 heures du matin, les horloges reculeront à 2 heures. Pourtant, malgré ce repos théoriquement prolongé, certaines personnes se sentiront plus fatiguées que d'habitude. Difficultés à émerger le matin, baisse d'énergie ou envie de se coucher plus tôt : le passage à l'heure d'hiver n'est pas toujours aussi reposant qu'espéré. Un paradoxe qui s'explique par le fonctionnement de notre organisme, bien moins facile à régler qu'une montre.
Une heure de sommeil gagnée, mais pas toujours récupérée
Le passage à l'heure d'hiver semble offrir une occasion idéale de prolonger sa nuit. Encore faut-il parvenir à en profiter. Une personne habituée à se réveiller spontanément à 7 heures peut parfaitement ouvrir les yeux à 6 heures, selon la nouvelle heure, sans réussir à se rendormir. Le bénéfice attendu disparaît alors rapidement. D'autant que dormir une heure de plus ne suffit pas nécessairement à compenser plusieurs nuits de mauvaise qualité ou une fatigue déjà installée.
Ce changement reste généralement mieux toléré que celui du printemps, qui nous prive d'une heure. Il impose néanmoins une modification soudaine de nos habitudes. Horaires des repas, du coucher et du réveil : tous ces repères se retrouvent décalés, même lorsque notre corps n'est pas encore prêt à suivre. Ce décalage peut sembler minime, mais il suffit parfois à perturber le sommeil pendant plusieurs jours.
Pourquoi notre horloge biologique n'apprécie pas le changement d'heure
Notre organisme possède sa propre horloge interne, située dans le cerveau. Celle-ci régule de nombreuses fonctions essentielles, notamment le sommeil, la vigilance, la température corporelle et certaines sécrétions hormonales. Son fonctionnement repose sur un cycle d'environ 24 heures, principalement synchronisé par la lumière naturelle. Autrement dit, notre corps ne se fie pas uniquement à l'heure affichée sur notre téléphone pour déterminer quand il doit dormir ou rester éveillé.
Or, cette horloge ne s'adapte pas instantanément aux nouveaux horaires. Pendant quelques jours, certaines personnes peuvent ressentir le besoin de dormir plus tôt, se réveiller prématurément ou connaître des nuits plus agitées. Ce léger décalage suffit parfois à provoquer une fatigue inhabituelle, malgré un temps de sommeil apparemment satisfaisant. L'organisme doit progressivement retrouver un équilibre entre ses habitudes biologiques et les nouveaux horaires imposés par le quotidien.
Le manque de lumière accentue la fatigue en automne
Le passage à l'heure d'hiver intervient également à une période où les journées raccourcissent. Si le changement d'heure ne réduit pas la durée d'ensoleillement, il avance l'heure du coucher du soleil sur nos montres. Résultat, les occasions de profiter de la lumière naturelle après le travail deviennent plus rares. Cette obscurité précoce peut également donner l'impression que la journée est déjà terminée, alors qu'il reste encore plusieurs heures avant le coucher.
Cette diminution de l'exposition lumineuse n'est pas sans conséquences. La lumière représente l'un des principaux signaux permettant au cerveau de distinguer les périodes d'éveil et de repos. Lorsqu'elle vient à manquer, notre rythme biologique peut être moins bien synchronisé, favorisant une sensation de somnolence au cours de la journée. Les personnes qui passent l'essentiel de leur temps à l'intérieur peuvent particulièrement ressentir les effets de cette baisse de luminosité.
Mélatonine et sérotonine : deux acteurs de notre énergie
La luminosité influence également la production de certaines substances essentielles à notre équilibre. C'est notamment le cas de la mélatonine, une hormone favorisant l'endormissement, dont la sécrétion augmente avec l'obscurité. Les variations saisonnières de lumière peuvent modifier son rythme de production et contribuer à une somnolence plus marquée. Cela explique en partie pourquoi il arrive de ressentir une envie de dormir dès la fin de l'après-midi, alors que la journée est encore loin d'être terminée.
La sérotonine, impliquée dans la régulation de l'humeur, est également associée à notre exposition lumineuse. Chez certaines personnes, les changements saisonniers peuvent s'accompagner d'une baisse de motivation, d'irritabilité ou de difficultés à se concentrer. La fatigue ressentie dépasse alors la simple question du nombre d'heures passées au lit. Dans certains cas, cette sensibilité aux variations de lumière peut même contribuer à l'apparition d'un trouble affectif saisonnier.
Pourquoi certaines personnes sont plus fatiguées que d'autres
Nous ne sommes pas tous égaux face au changement d'heure. Les enfants, les personnes âgées, les travailleurs de nuit et celles et ceux qui rencontrent déjà des difficultés de sommeil peuvent être davantage perturbés. Leur organisme a parfois besoin de plusieurs jours, voire d'une semaine, pour retrouver son rythme habituel. Les contraintes professionnelles et familiales peuvent également compliquer cette adaptation, notamment lorsqu'il est impossible de modifier ses heures de coucher et de lever.
La qualité du repos compte également autant que sa durée. Une nuit ponctuée de réveils peut laisser une impression d'épuisement, même après huit heures passées au lit. Le sommeil profond participe notamment à la récupération physique, tandis que le sommeil paradoxal joue un rôle important dans le fonctionnement cérébral. Lorsque ces différentes phases sont perturbées, une heure supplémentaire ne garantit donc pas un réveil en pleine forme.
Comment retrouver de l'énergie après le passage à l'heure d'hiver ?
Pour faciliter cette transition, l'un des réflexes les plus efficaces consiste à s'exposer à la lumière naturelle dès le matin. Ouvrir les volets au réveil, prendre son petit-déjeuner près d'une fenêtre ou marcher quelques minutes dehors permet d'aider l'horloge biologique à retrouver ses repères. Même lorsque le ciel est couvert, une sortie à l'extérieur reste bénéfique. L'idéal est de profiter régulièrement de la lumière du jour, plutôt que de rester enfermé jusqu'à la tombée de la nuit.
Mieux vaut également conserver des horaires de sommeil réguliers, limiter les écrans en soirée et éviter les excitants trop tard dans la journée. L'activité physique contribue aussi à améliorer la qualité des nuits, tout en aidant à maintenir un bon niveau d'énergie. Dans la majorité des cas, la fatigue liée au changement d'heure s'atténue progressivement, une fois les nouveaux horaires intégrés. Si elle persiste plusieurs semaines ou s'accompagne d'une baisse durable du moral, il est préférable de consulter un professionnel de santé.