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Et si le « friluftsliv » norvégien était l’antidote au Blue Monday ?

Blue Monday : Le « friluftsliv », mode de vie « épanouie » norvégien, est-il l'antidote à la morosité ?

A tes souhaits !Vous traînez la patte aujourd’hui ? Normal, c’est le Blue Monday, considéré par certains comme le jour le plus déprimant de l’année. Bonne nouvelle (il en faut), cet art de vivre à la norvégienne pourrait vous aider à y faire face
Le Blue Monday, ce n'est pas si grave
Christelle Pellissier

Christelle Pellissier

L'essentiel

  • Le Blue Monday, considéré comme le jour le plus déprimant de l'année, correspond au troisième lundi du mois de janvier.
  • Le « friluftsliv », ou « vie en plein air », est une philosophie de vie norvégienne basée sur les liens profonds avec la nature sauvage.
  • Cette pratique, qui contribuerait au bonheur des Norvégiens (septième pays le plus heureux au monde), pourrait constituer une source d'inspiration pour faire face au stress du quotidien.

«Faut vraiment aller travailler, là ? ». Il fait froid, il fait gris, il fait nuit, on la trouve où la motivation, nous ? Vous n’avez peut-être pas attendu ce lundi 19 janvier pour vous faire la réflexion, mais cette journée serait encore plus déprimante que les autres. On l’appelle le Blue Monday, le « lundi déprimant ».

A la base, un concept marketing brillant - il faut le reconnaître - ne reposant sur aucun élément scientifique. Et ce, même si certains évoquent l’accumulation, en ce jour précis, de facteurs déprimants. La météo maussade, les journées courtes, le porte-monnaie délesté des achats de fin d’année, et l’arrêt des bonnes résolutions - trois semaines, c’est le max qu’on puisse faire - seraient fatals pour le moral.

Qu’on y croie ou pas, cette théorie alimente les conversations à la machine à café. Alors à 20 Minutes, on a cherché l’antidote à ce fameux « lundi déprimant ». Et on a trouvé : un mode de vie fait pour atténuer le stress tous les jours de l’année - parce qu’on n’est pas sur une ambiance tip-top dans le monde en ce moment. Il est en tout cas appliqué en Norvège, qui n’est autre que le septième pays le plus heureux du monde. On parle du « friluftsliv », autrement dit la « vie en plein air ». Et si on s’en inspirait ?

Une vie connectée… à la nature

Souvent associé à Henrik Ibsen, qui a utilisé ce néologisme dans un poème datant du XIXe siècle, le « friluftsliv » était alors lié à l’idée « d’être en communion avec la nature ». Au fil des siècles, le terme a perdu une partie de son sens originel pour finalement évoquer des activités de plein air. Helga Synnevåg Løvoll, professeure de « friluftsliv » à l’université de Volda (oui, c’est une discipline académique...), précise toutefois que « la date et les circonstances de l’apparition de ce terme font encore débat ». Quelle qu’en soit l’origine exacte, le « friluftsliv » peut être considéré comme une philosophie de vie basée sur les liens profonds que l’on noue au quotidien avec la nature sauvage.

« Il y a en Norvège un état d’esprit culturel très fort qui consiste à accepter la nature et la météo telles qu’elles sont, y compris la pluie et la neige, et être constamment prêt à profiter du temps passé à l’extérieur. »

Helga Synnevåg Løvoll

Cet état d’esprit est tourné vers le développement personnel, et ce dès la petite enfance. Voilà pourquoi le « friluftsliv » est cité en exemple par de nombreux médias internationaux comme antidote au stress. Il serait même la clé du bonheur des Norvégiens. « Une vision un peu simpliste », selon cette professeure dont l’enseignement combine l’apprentissage du métier de guide, la promotion de la santé et le « friluftsliv ». Elle précise toutefois : « La nature fait partie de notre conception d’une vie épanouie. Nous savons que ceux qui profitent activement de la nature qui les entoure sont plus heureux ». Raison pour laquelle le « friluftsliv » occupe une place importante dès la petite enfance, à la crèche ou à l’école.

Comment s’en inspirer en France ?

Avec ses 450.000 lacs, ses fjords et ses forêts de conifères, la Norvège est propice à ce mode de vie. Mais la France n’a pas à rougir en la matière. Il est tout à fait possible d’embrasser la même philosophie pour réduire son niveau de stress. Helga Synnevåg Løvoll propose pour cela des conseils simples. « En hiver, habillez-vous chaudement. Partez en balade dans les environs et observez les couleurs, les odeurs et les oiseaux. Apportez quelque chose pour vous asseoir, et peut-être une tasse de thé à déguster, tout en profitant du lieu ».

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Les bienfaits de la nature sur le stress et l’anxiété ont déjà fait l’objet de nombreuses études scientifiques. L’une des dernières en date, menée par la Harvard T.H. Chan School of Public Health, met notamment en lumière les bienfaits de la verdure, sous toutes ces formes, sur la santé mentale des citadins. Mais le « friluftsliv » va encore plus loin. La professeure l’articule autour de cinq piliers : tisser des liens sociaux, être physiquement actif, observer la nature, apprendre constamment de nouvelles choses et donner aux autres.

Plus qu’une simple balade en forêt, l’idée est vraiment de « se déconnecter du stress quotidien » - et de son smartphone - par une immersion dans la nature, comme le précise l’organisation Norsk Friluftsliv, qui regroupe 19 associations bénévoles consacrées au « friluftsliv ». Et la France commence, doucement mais sûrement, à embrasser cet état d’esprit. La preuve avec la multiplication dans plusieurs villes, dont Paris et Lyon, de crèches en plein air, inspirées des pays scandinaves. L’idée étant de favoriser la santé mentale et physique des plus petits, comme l’appliquent à grande échelle les Norvégiens.

Ne pas négliger l’écologie

Aussi important soit-il, le « friluftsliv » peut faire débat en Norvège à l’ère de la mondialisation des loisirs et du voyage, et de la surconsommation, comme le souligne Helga Synnevåg Løvoll. Des notions qui vont à l’encontre de ses valeurs originelles. L’écologie occupe donc une place essentielle dans cette philosophie de vie. Dans le pays des fjords, une loi de 1957 encadre « les droits et obligations des personnes séjournant dans la nature et l’utilisant en Norvège », comme on peut le lire sur le site du gouvernement.

Notre rubrique Bien-Être

La professeure confirme : « [Cette loi] autorise la randonnée sur les terrains privés et publics, à condition de respecter les devoirs liés à cette liberté, comme celui de ne laisser aucune trace ». Autrement dit, il est possible de se promener, de cueillir de baies ou des fleurs, voire de camper à condition de respecter la faune et la flore sauvage. Une condition essentielle pour permettre aux générations futures de continuer à appliquer cette philosophie de vie.