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Canicule : Est-ce vraiment bon pour la peau de se brumiser le visage avec de l’eau quand il fait chaud ?
C’est un geste qui fait du bien sur le moment mais l’utilisation d’un brumisateur peut avoir un effet asséchant en cas d’utilisations trop répétéesClaire Frayssinet
L'essentiel
- Les brumisateurs d’eau procurent un rafraîchissement instantané, mais peuvent être nocifs pour la peau car « l’eau pulvérisée s’évapore rapidement à l’air libre, ce qui provoque une perte en eau transépidermique et accentue la déshydratation cutanée » explique la dermatologue Patricia Lüdtke.
- Les brumes hydratantes sont recommandées comme alternative aux brumisateurs d’eau, car elles contiennent des ingrédients bénéfiques pour la peau tels que « la glycérine, l’Aloe vera, le Panthénol, le Sorbitol, des Céramides ou encore du Squalane ».
- Pour une protection optimale de la peau pendant les fortes chaleurs, il est conseillé d’adopter des mesures complémentaires.
Si les mini-ventilateurs ont conquis les urbains en quête de rafraîchissement dans les transports en commun, il est un autre accessoire qui encombre nos sacs lors des grosses chaleurs : le brumisateur d’eau. Il peut être d’eau thermale, acheté en pharmacie ou rechargeable à l’eau du robinet.
Son pshiiiiiiit et les microgouttelettes qu’il dépose sur notre visage sont synonymes d’une satisfaction immédiate et d’un rafraîchissement instantané. Et pourtant, ce geste n’est pas si anodin pour notre barrière cutanée.
Des températures élevées qui agressent la barrière cutanée
Les fortes chaleurs, comme le grand froid d’ailleurs, sont agressives pour la barrière cutanée. Comme l’explique le docteur Patricia Lüdtke, dermatologue et médecin esthétique qui divulgue ses conseils sur Instagram sous le nom [email protected].
« La canicule soumet la peau à un véritable stress thermique. La chaleur peut entraîner une déshydratation, des œdèmes (notamment au niveau des jambes), une augmentation de la production de sébum et de sueur, ainsi que des rougeurs et irritations. Chez les personnes à la peau sensible, cela peut provoquer des réactions cutanées comme la lucite estivale bénigne ou, chez les patients atteints de rosacée, une exacerbation des rougeurs. Par ailleurs, une transpiration excessive peut irriter certaines zones, notamment les plis cutanés (aine, aisselles, dessous des seins… »
Autant de désagrément qui donne envie de se rafraîchir le visage avec un bon spray d’eau bien fraîche. Erreur ! « Les sprays d’eau thermale, ne devraient pas être utilisés simplement pour se rafraîchir en été, précise Patricia Lüdtke. Beaucoup d’entre elles ont un pH élevé (entre 7 et 8,5), donc plus alcalin que celui de la peau (qui est de 4,5 à 5,5). Un usage trop fréquent peut altérer le film hydrolipidique et fragiliser le manteau acide protecteur de la peau ». Et ce n’est pas mieux avec l’eau du robinet puisque « l’eau pulvérisée s’évapore rapidement à l’air libre, ce qui provoque une perte en eau transépidermique et accentue la déshydratation cutanée ». Pour la dermatologue, « il est recommandé d’appliquer une crème hydratante juste après la brumisation, afin de créer un effet occlusif et de retenir l’humidité dans la peau ».
Ne jetez pas tout de suite vos eaux thermales car, utilisées à bon escient, elles sont utiles pour traiter des pathologies identifiées. « Elles peuvent soulager les rougeurs, les démangeaisons et les irritations, renforcer la barrière cutanée et stabiliser les peaux sensibles, atopiques ou sujettes au psoriasis. Elles sont particulièrement indiquées après des actes dermatologiques (laser, peelings, photothérapie, etc.). Certaines marques comme Avène, La Roche-Posay, Uriage ou Vichy sont cliniquement reconnues et peuvent être recommandées selon le besoin » complète la Dr Lüdtke.
Des brumes hydratantes plus efficaces pour protéger la peau
Mais alors, si se mouiller avec de l’eau n’est pas le geste le plus approprié, comme se rafraîchir le visage et s’hydrater la peau pendant ces grosses chaleurs ? Patricia Lüdtke propose de « privilégier une brume cosmétique, car elle contient généralement des actifs hydratants qui aident à retenir l’eau dans l’épiderme ».
De nombreuses marques cosmétiques se sont d’ailleurs engouffrées dans ce filon en nette expansion. Ce marché des brumes et sprays hydratants est porté par la demande des consommateurs pour des produits de soin de la peau qui hydratent et rafraîchissent instantanément la peau avec un geste facile à adopter tout au long de la journée. Le déferlement de la K-beauty n’est pas innocent dans cette tendance estivale. Des marques leaders sur le marché coréen comme LaNeige, Yepoda ou Curèl ont investi ce nouveau format.
Méthodes onéreuses, ou gratuites
Tous les produits disponibles sur le marché ne se valent pas, il est important de regarder la composition de la brume pour faire un choix éclairé.
« « Une brume hydratante efficace ne doit pas seulement rafraîchir, mais véritablement maintenir l’hydratation dans la peau, explique la dermatologue. La simple présence d’eau ne suffit pas, il faut des ingrédients fonctionnels, comme la glycérine, l’Aloe vera, le Panthénol, le Sorbitol, des Céramides ou encore du Squalane. Ces actifs permettent d’hydrater en profondeur, de renforcer la barrière cutanée et de prévenir la perte en eau ». »
Des ingrédients qu’on peut retrouver par exemple chez les marques cosmétiques françaises Garancia et Clarins ou encore dans la cosmétique de luxe telle que Dior, Chanel ou La Mer.
Notre rubrique BeautéMais pas la peine de casser son PEL pour garder une bonne hydratation. L’utilisation d’une brume seule n’est pas suffisante pour garder une peau bien hydratée sous 40°. La Dr Lüdtke rappelle qu'« il faut aussi de boire suffisamment d’eau pour maintenir une bonne hydratation globale, utiliser un écran solaire à large spectre (SPF 30 minimum), éviter l’exposition directe au soleil entre 12 heures et 16 heures et privilégier des vêtements amples et couvrants, ainsi qu’un chapeau à larges bords ».



















