Épisiotomie lors de l’accouchement : qu’est-ce que c’est et comment se pratique-t-elle ?
Encore trop pratiquée à l’accouchement, l’épisiotomie reste une intervention lourde de conséquences. Quand est-elle réellement nécessaire ? Peut-on l’éviter ? On fait le point sur cette incision controversée et les moyens d’y échapperBébés et Mamans pour 20 Minutes
L’épisiotomie ne devrait être pratiquée que dans certains cas bien précis… pourtant, dans certains hôpitaux, elle reste une pratique de routine. Mais concrètement, qu’est-ce que l’épisiotomie ? Comment se déroule-t-elle et quand est-elle réellement nécessaire ?
Qu’est-ce que l’épisiotomie et comment se pratique-t-elle ?
L’épisiotomie consiste en une petite incision réalisée au niveau du périnée, au moment final de l’accouchement. Son but ? Élargir l’ouverture vaginale pour faciliter la sortie du bébé. Voilà en résumé ce qu’est une épisiotomie.
Même si cette pratique reste fréquente à l’hôpital (souvent plus qu’elle ne le devrait), elle est loin d’être anodine pour la maman. Elle nécessite des points de suture, qui peuvent être douloureux dans les jours suivant l’accouchement et qui peuvent laisser une cicatrice gênante. Cette cicatrice peut entraîner des douleurs lors des rapports sexuels et affecter le fonctionnement des muscles profonds du périnée.
Mais alors, pourquoi continue-t-on à pratiquer autant d’épisiotomies ? Et peut-on les éviter ? Les raisons souvent avancées pour justifier cette intervention sont les suivantes :
- Prévenir les déchirures spontanées graves (3ème ou 4ème degré, touchant l’anus et le rectum).
- Faciliter la réalisation des points de suture.
- Réduire les risques de souffrance fœtale lors de la phase d’expulsion.
- Diminuer les séquelles de l’accouchement comme l’incontinence urinaire ou le prolapsus.
Que peut-on faire pour éviter l’usage du bistouri à l’accouchement ?
Bonne nouvelle, cette incision peut souvent être évitée, à condition de respecter certaines pratiques en amont.
Le massage périnéal
Dès la 35ème semaine de grossesse, il est vivement recommandé de masser quotidiennement le périnée, à l’intérieur et à l’extérieur, pendant 10 minutes. Ce geste simple réduit efficacement les risques de déchirures et d’épisiotomie, surtout pour un premier accouchement.
Choisir librement sa position d’accouchement
La future maman doit pouvoir vivre sa dilatation et son accouchement dans la position de son choix. Cela permet une meilleure mobilité du bassin, une adaptation progressive des tissus vaginaux à la sortie de la tête du bébé et un usage optimal de la gravité pour faciliter l’expulsion.
Limiter l’usage de la péridurale
Même si elle soulage la douleur, la péridurale peut altérer la perception des contractions et rendre les poussées moins efficaces. Mieux vaut donc éviter une péridurale systématique, pour favoriser un accouchement plus naturel.
Éviter le déclenchement de l’accouchement
Le déclenchement médicalisé (avec prostaglandines ou ocytocine) accélère le travail de manière non physiologique. Résultat, le périnée n’a pas le temps de s’adapter, ce qui augmente le risque d’épisiotomie. Laisser la nature faire son œuvre, c’est donner au périnée la possibilité de s’étirer progressivement : d’abord les muscles profonds, puis les moyens, et enfin les superficiels. En écoutant son corps et en suivant le rythme du bébé, la future maman maximise ses chances d’un accouchement sans déchirure, ni incision.
Avoir confiance en ses capacités
C’est peut-être l’élément le plus important : croire en soi. Une femme informée, soutenue et en confiance est bien plus à même d’accoucher sans intervention, simplement guidée par sa sage-femme.
Se renseigner sur le protocole de la maternité
Avant le jour J, prenez le temps de vous informer sur les pratiques de la maternité que vous avez choisie. L’épisiotomie y est-elle fréquente ? Peut-on choisir librement sa position pour accoucher ? Ces réponses peuvent faire toute la différence.
Quand l’épisiotomie est-elle vraiment nécessaire ?
Il existe effectivement des cas où l’épisiotomie peut s’avérer utile. Par exemple, si le bébé montre des signes de souffrance fœtale, une incision peut permettre de le faire naître plus rapidement.
Autre cas possible : si l’étirement des tissus du périnée s’éternise et qu’une déchirure imminente menace.
Enfin, lors d’un accouchement instrumental (par ventouse notamment), l’épisiotomie peut faciliter la sortie du bébé.
Cela dit, la majorité des accouchements se déroulent naturellement, sans complication, et surtout, sans besoin d’épisiotomie.
L’épisiotomie se fait-elle sous anesthésie ?
Si l’incision est pratiquée juste avant la naissance, au moment où les tissus sont déjà très tendus, une anesthésie n’est généralement pas nécessaire car la douleur est atténuée naturellement.
En revanche, si l’épisiotomie est réalisée avant que la tête du bébé ne soit engagée dans le vagin, une anesthésie locale est indispensable, car plusieurs couches musculaires sont concernées.
Quoi qu’il en soit, l’anesthésie locale est toujours réalisée avant les points de suture. Ces derniers sont généralement résorbables : inutile de revenir à l’hôpital pour les retirer.
Comment se pratique la coupe ?
Il existe deux types d’épisiotomie :
- L’épisiotomie médiane : l’incision est faite entre la vulve et l’anus, dans l’axe. Elle est moins douloureuse, entraîne moins de saignements, et permet une reprise plus rapide des rapports sexuels. Cependant, elle comporte un risque plus élevé de déchirure qui peut s’étendre.
- L’épisiotomie médio-latérale : l’incision est faite en biais, de la vulve vers l’anus. Elle ouvre davantage les tissus, est plus douloureuse, cicatrise plus lentement, et peut retarder la reprise des rapports. Il est donc essentiel de bien peser les avantages et les inconvénients.
Conseils pour soulager les douleurs liées à l’épisiotomie
Si vous avez eu une épisiotomie ou une déchirure nécessitant des points, quelques désagréments sont à prévoir dans les jours suivants. Voici quelques astuces pour mieux vivre cette période et favoriser une cicatrisation rapide.
- Évitez de rester longtemps debout.
- Allongez-vous pour allaiter, autant que possible.
- En position assise, utilisez un coussin en forme de donut pour soulager la pression.
- Nettoyez la zone une à deux fois par jour avec un désinfectant doux, par exemple à base de calendula.
- Veillez à avoir un transit régulier pour éviter toute pression sur la zone du périnée.
- En cas de difficultés pour aller à la selle, vous pouvez utiliser des micro-lavements à base de glycérine, de mauve ou de camomille, avec l’accord de votre médecin.
- Changez régulièrement de protection hygiénique pour garder la plaie bien sèche.
- Si la douleur est trop intense, n’hésitez pas à demander un antalgique (comme le paracétamol).
En règle générale, les douleurs disparaissent en une semaine. Si l’incision a été plus large, il faut parfois compter jusqu’à 30 à 40 jours pour une guérison complète.
L’épisiotomie, une intervention à envisager avec discernement
Si l’épisiotomie peut parfois se révéler nécessaire pour garantir la sécurité de la maman ou du bébé, elle ne doit en aucun cas être systématique. De nombreuses alternatives permettent aujourd’hui de l’éviter, à condition d’être bien préparée, informée et soutenue.
Massage périnéal, liberté de mouvement, accouchement physiologique, confiance en soi… autant de clés qui vous donnent un rôle actif dans votre accouchement. N’hésitez pas à discuter de vos souhaits avec votre équipe médicale en amont, car un accouchement respecté est avant tout un accouchement éclairé. Votre corps sait ce qu’il fait – faites-lui confiance !



















