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« Culpabilité solaire » : c’est quoi ce mal-être qui ressurgit chaque été ?
flemme

« Culpabilité solaire » : c’est quoi ce mal-être qui vous ronge dès le retour des beaux jours ?

Il fait beau, il fait chaud, les terrasses sont bondées, mais certains préfèrent rester enfermés. Et en ont honte. Un mal-être qui porte un nom, la « culpabilité solaire »… C’est grave docteur ?
Christelle Pellissier

Christelle Pellissier

L'essentiel

  • La « sunshine guilt » ou « culpabilité solaire » désigne le mal-être ressenti par les personnes qui ne sortent pas profiter du beau temps.
  • Ce phénomène est lié à l'image idéalisée de l'été et accentué par les réseaux sociaux, créant une forme de FOMO (fear of missing out) chez ceux qui restent à l'intérieur.
  • Il est important d'écouter son corps et ses envies plutôt que de se forcer à sortir quand la motivation n'y est pas.

Le soleil joue encore un peu à cache-cache mais les températures grimpent, les jours s’allongent doucement, et les ponts de mai appellent à l’oisiveté. L’imaginaire collectif en est persuadé : la période est (forcément) idéale pour s’aérer l’esprit et faire le plein de vitamine D. Oui, mais voilà, tout le monde ne transpire pas d’enthousiasme à l’idée de mettre un pied dehors dès l’apparition du moindre rayon de soleil.

Que ce soit par fatigue, devoir, ou flemme… Certains restent enfermés quand il fait beau. Rien de fou, a priori, si ce n’est que leur voix intérieure, tout comme le monde extérieur, les rappelle vite à l’ordre. Résultat, c’est la panique, l’angoisse, la honte, comme l’explique la créatrice de contenu Renee Reina sur ses réseaux sociaux : « Il fait beau dehors, je devrais sortir pour me balader mais je suis tellement fatiguée ». Et de légender sa publication : « Je ne veux du soleil que quand j’ai de l’énergie ».

Un cas loin d’être isolé

Ce sentiment de mal-être, de remords, ou de honte, lié au fait de n’avoir ni l’envie ni la motivation de sortir par une belle journée ensoleillée porte un nom, la « sunshine guilt », ou « culpabilité solaire » en français. Et elle touche bien plus de personnes qu’on ne l’imagine. Une enquête Forbes Health* fait état de 48 % d’adultes concernés par ce sentiment négatif à un moment ou un autre pendant l’été, notamment chez les Z (65 %) et les milléniaux (66 %). Alors que l’été est censé être synonyme d’optimisme et de détente, la « culpabilité solaire » peut se traduire par de l’anxiété (42 %) et du stress (40 %).

A priori, il n’y a aucun mal à rester chez soi quand il fait beau, surtout si la fatigue ou le manque de motivation se font ressentir. Ce sentiment de malaise serait en réalité induit par l’idée que l’on se fait de la saison estivale. Nature, activité physique, amis ou famille, vacances : l’été n’est associé - toujours dans l’imaginaire collectif - qu’à des expériences positives, renforçant les sentiments négatifs de celles et ceux qui ne plongent pas dans cette euphorie collective. Un malaise qui ne fait que croître pour les habitants des régions où le soleil se fait rare, les incitant à en profiter dès qu'il apparaît.

Une autre forme de FOMO

Ce n’est pas tout. Un coup d’œil sur les réseaux sociaux, et voilà les procrastineurs submergés par des clichés ensoleillés sur lesquels proches et influenceurs prennent la pose en terrasse, dans des parcs, au bord de la plage. Bref, partout où eux ne sont pas. La « culpabilité solaire » n’en est que plus grande. Et c’est là, non pas le fait d’une idée préconçue, mais d'une forme de FOMO (pour « fear of missing out »), autrement dit la peur de rater quelque chose.

« Au niveau sociétal, en raison des messages diffusés par les médias et des informations issues de nos réseaux sociaux, nous supposons que la plupart des gens profitent du soleil », décrypte la Dr Sabrina Romanoff, psychologue clinicienne formée à Harvard et membre du conseil consultatif de Forbes Health. Et de conclure : « Il peut y avoir un sentiment d’exclusion lorsque nous préférons rester chez nous et nous ressourcer, et que ces aspirations semblent bien différentes de celles de la population générale ».

Notre rubrique bien-être

Quelle que soit la raison de cette « culpabilité solaire », mieux vaut écouter son corps et ses envies, qu’il s’agisse de dormir, de flemmarder devant Netflix, ou de se détendre avec un bon livre, plutôt que de se forcer à sortir sans en avoir la motivation. Vous profiterez du soleil un autre jour.

*Enquête menée auprès de 2.000 Américains, du 10 au 14 juin 2024.