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« C’est vraiment la fête » pour Bigflo et Oli, en tournée pour « Karma »

« Impossible de trouver Bigflo et Oli nuls en live »… Le duo voit les choses en grand pour la tournée des Zénith

show xxl•De leurs premiers concerts sous le préau du lycée aux plus grandes salles de France, Bigflo et Oli ont fait du chemin… Avec le « Karma Tour », les deux frères toulousains promettent un spectacle XXL
Victoria  Berne

Victoria Berne

L'essentiel

  • Bigflo et Oli sont en pleine tournée Karma Tour avec un spectacle ambitieux.
  • Les deux frères toulousains ont commencé leur carrière en 2012 en donnant des concerts sous le préau de leur lycée et en participant aux Rap Contenders.
  • Leur cinquième album Karma propose un regard différent, plus sombre et plus brut.

«Impossible de trouver Bigflo et Oli nuls en live », la phrase est lancée avec l’assurance et l’humour qui caractérisent les deux frères toulousains, en plein milieu de leur Karma Tour. Après une série de cinq Zénith à Toulouse dès la sortie de leur album Karma et une tournée des festivals, les deux rappeurs traversent la France pour des shows XXL.

Karma Tour ou l’art de la mise en scène

Ce retour sur scène semble avoir une saveur particulière pour les deux rappeurs, dix ans après leurs premiers pas dans la musique : « La tournée, pour nous, c’est vraiment la récompense », confie Bigflo. « Le moment où on fait l’album en studio, c’est chiant, de le finir, c’est dur. Tout ça, c’est pour amener au concert, où là, c’est vraiment la fête, la consécration ». La scène est importante pour eux, et cela se mesure dans la scénographie mise en place. Et Karma Tour ne déroge pas à cette règle, et il est sûrement le plus ambitieux de leur carrière : « On a un décor que je trouve honnêtement le plus abouti, c’est quasiment un décor de théâtre », explique Oli.

Pour ce concert, ils ont décroché la lune… Huit musiciens sur scène, des arrangements retravaillés, de la neige, même un avion géant qui survole le public… « Tous les morceaux sont arrangés différemment. Ça joue de la batterie, de la trompette, il y a des décors », détaille le cadet. Et ce goût du grand spectacle ne vient pas de nulle part… Les deux frères le doivent notamment aux artistes qu’ils admiraient adolescents : « Diam’s a été très novatrice, tout le monde lui a piqué beaucoup de choses sur ses idées en live », estime Oli. Mais cette volonté de « spectacle » vient aussi de leurs expériences personnelles. « On sait ce que c’est d’être dans la foule et on a un peu plus la notion de ce que les gens attendent dans le live », raconte Bigflo.

Du préau de leur lycée aux plus grandes salles

Pour mesurer le chemin parcouru, il suffit de remonter à 2012. À l’époque, Bigflo et Oli sont encore deux adolescents toulousains qui donnent des concerts sous le préau de leur lycée Saint-Sernin. Ils commencent à se faire connaître grâce aux Rap Contenders et enchaînent les premières parties : « Des fois je ratais les cours, ou je sortais plutôt les vendredis pour faire la première partie d’Orelsan ou de la Sexion » témoigne Oli. Pour les Rap Contenders, « On avait une dérogation, sinon tu ne mets pas un mec de 14 ans sur Internet comme ça. Mais ça qui est magique c’était qu’on ne réalisait pas » explique Bigflo.

En regardant les images de leurs débuts, les deux frères n’ont pas vraiment l’impression que le temps est passé. « Il n’y a pas grand-chose qui a changé techniquement à part qu’on est un peu moins ringard… » plaisante Bigflo. « Moi, j’ai la même bande de potes déjà du lycée. On est toujours ensemble, on a toujours beaucoup d’ambition… » poursuit son frère. Leur longévité, ils l’expliquent aussi par leur position singulière dans le rap français : « On adore cette position d’outsider et c’est ce qu’on a toujours été dans le rap français, même encore un peu aujourd’hui », estime l’aîné. « On n’a jamais été les gars du moment et c’est peut-être aussi pour ça qu’on dure aussi longtemps. »

L’album avant la tournée

Si les deux rappeurs ont rapidement retrouvé le chemin de la scène, leur cinquième album, Karma, mérite aussi qu’on s’y attarde. Un projet dans lequel les deux frères se livrent davantage : « Il y a un regard un peu différent, et un peu plus sombre, un peu brut, qui a été le dénominateur commun de cet album-là, qui est plein de liberté », explique Oli. « Le temps joue sur l’écriture et sur le prisme par lequel tu regardes la vie, le monde. »

Parmi les morceaux les plus intimes figure W_Osaka_hotel.mp3, enregistré dans des circonstances particulières. « J’étais pas mal déprimé ce jour-là et j’étais en voyage justement à Osaka. Ma meuf était dans la salle de bain, moi je me faisais chier, je n’avais rien à faire et j’ai eu envie d’expulser ma tristesse dans un son », raconte le rappeur. Enregistré sur le dictaphone de son iPhone, le morceau a finalement été conservé enregistrement. Ce titre évoque notamment sa prise d’antidépresseurs, sujet qu’il n’a jamais considéré comme tabou : « On vient un peu de cette école-là, un peu à fleur de peau », confie-t-il. Pour autant, les deux artistes tiennent à rappeler que cette sensibilité n’est pas nouvelle dans leur discographie. Dès leurs débuts, ils abordaient déjà des sujets difficiles, parfois éloignés de l’image plus grand public qui leur a été associée au fil des années. « C’est pour ça qu’on est contents de faire une tournée des Zénith, comparé à une tournée de festivals. On a le temps de faire des morceaux qu’on ne pourrait pas faire ailleurs, en développant notre univers, chacun nos solos », conclut Oli.