Victoria Berne
L'essentiel
- Le morceau No Title du producteur Nodey est devenu la bande-son officielle de la mobilisation lycéenne sur les réseaux sociaux et est présenté par certains internautes comme « l’hymne de la génération Z ».
- La musique a été composée en 2015 pour accompagner le court métrage Technophobe du youtubeur Cyprien qui cumule 45 millions de vues.
- Le titre n’était pas disponible sur les plateformes de streaming avant 2025 mais connaît désormais un vrai succès.
En quelques notes, il est reconnaissable. Sur les réseaux sociaux, No Title, du producteur Nodey, accompagne depuis plusieurs jours les images de la mobilisation lycéenne. Pancartes, établissements bloqués, cortèges : le morceau semble s’être imposé comme la bande-son officielle du mouvement.
Certains internautes le présentent même comme « l’hymne de la génération Z ». Pourtant, cette musique n’a pas été composée pour une manifestation… Et son histoire commence onze ans plus tôt.
Une musique entendue sur YouTube
Génération Z, mais surtout génération YouTube. Pour beaucoup les vidéos publiées sur ce réseau social ont constitué une partie importante de leur culture. Et si ce titre a la prétention de devenir l’hymne de cette génération c’est aussi car il vient d’un court métrage du youtubeur Cyprien. En 2015, il publie Technophobe : il y incarne un jeune homme qui devient soudainement allergique aux nouvelles technologies et doit apprendre à vivre sans téléphone, ordinateur ou télévision. Pour accompagner cette découverte, Nodey compose un morceau instrumental : No Title.
La vidéo cumule aujourd’hui 45 millions de vues. Le média Dure Vie explique que cette seconde vie s’expliquerait par le fait que de nombreux lycéens ont entendu ce morceau pendant leur enfance. Une familiarité qui pourrait contribuer à en faire un point de ralliement, au moment de mettre leur mobilisation en images.
Un morceau rempli de nostalgie ?
Pour le producteur Nodey, les intentions de composition de ce titre reposaient sur la nostalgie : « L’idée, c’était de créer un moment à la fois nostalgique, parce que le personnage de Cyprien redécouvre la vie sans la technologie », explique-t-il dans un entretien accordé à C quoi l’info. Et pour la batterie, sa référence n’est autre que Sunday Bloody Sunday de U2. « Il y a une espèce de truc un peu martial, un petit peu guerrier », explique le producteur. Il se demande si cette énergie a pu contribuer à l’appropriation du morceau par les jeunes :
« Il y a à la fois ce côté très espoir dans les accords, mais en même temps un côté très martial, tout en étant positif dans la rythmique. »
Si aujourd’hui le titre est disponible sur les plateformes, ce n’était pas le cas avant 2025 : « Moi je l’ai composé il y a dix ans, la musique, mais je ne l’ai sortie que maintenant. Les gens demandaient le morceau et ils disaient : "Ah, mais le son n’est pas en streaming !" Et c’est là où je me suis dit, "bon ben si les gens le veulent en streaming, je vais le mettre en streaming" », explique Nodey.
L’hymne d’une génération ?
« Je ne sais pas à quel point c’est devenu un hymne, ce morceau, mais moi, si c’était le cas, je suis super honoré », témoigne le producteur auprès du média. Sous la vidéo vieille de onze ans, des commentaires récents ont été rajoutés : « Merci Cyprien d’avoir créé sans faire exprès l’hymne de la Gen Z », écrit un utilisateur. « En 2026, la musique de Technophobe est devenue l’hymne national de la Gen Z », témoigne un autre.
Le temps nous dira si ce morceau deviendra de façon plus pérenne l’hymne de cette génération. En attendant, le titre connaît un vrai succès : il s’est même hissé à la 23e place du classement Shazam, explique C quoi l’info. Signe qu’un grand nombre de personnes cherchent à mettre un nom sur ces quelques notes utilisées sur les réseaux sociaux. Et selon les données que Spotify nous a communiquées, le titre connaît sur les sept derniers jours une augmentation d’écoutes de + 1.300 %.