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Ils dénichent les top models de demain… Qui sont les scouts ?

« J’ai envie de les protéger, de m’occuper d’elles »… On a suivi une scout de mannequin en pleine Fashion Week

catwalk•Lors de la semaine de la Haute Couture de juin dernier, Marie-Caroline Koralewski nous a emmenés dans les coulisses de son métier. « 20 Minutes » a pu la suivre toute une journée…
Victoria  Berne

Victoria Berne

L'essentiel

  • Marie-Caroline Koralewski, explique que le métier de scout consiste à repérer de nouveaux mannequins selon des critères stricts et les tendances.
  • Il n’existe pas de formation spécifique pour devenir scout, c’est « un métier de passion » selon Marie-Caroline.
  • La directrice d’agence porte un regard critique sur l’évolution du secteur car les critères de taille et mensurations se sont durcis, et malgré une « vague de mannequins curves », cette mode « est partie assez vite ».

Savez-vous comment Adriana Karembeu a commencé sa carrière de mannequin ? Repérée dans la rue, elle a ensuite participé à un concours. La personne qui repère de nouveaux visages porte un nom : scout. Pendant la semaine de la haute couture, Marie-Caroline Koralewski, directrice de New Wave Agency, nous a ouvert les portes de son agence. Entre coaching des nouveaux visages et défilés, on l’a suivie dans une journée bien remplie.

Avoir « l’œil »

« La phase la plus difficile, c’est de trouver les mannequins, parce qu’évidemment, on a des critères assez stricts et puis aussi on suit les tendances », explique Marie-Caroline Koralewski. « Chaque scout a son œil ». Dans la rue, elle cherche une présence, « le petit truc en plus », ou ce qu’elle appelle aussi « l’aura ».

Mais une fois le mannequin repéré, son travail ne fait que commencer. Elle lui apprend à poser, à prendre la lumière et à réaliser ses premières photos (les « polas ») avant de le présenter aux agences. Ce matin de juin, elle entraîne deux jeunes femmes aux futurs rendez-vous qui les attendent. L’accompagnement se poursuit après les premiers castings. Marie-Caroline Koralewski fait le lien avec les agences, organise les déplacements et aide les mannequins à construire leur carrière, parfois à l’international. « Ce que je préfère, c’est être avec mes mannequins », confie-t-elle.

Un métier passion

Quelle étude faut-il faire alors pour devenir scout ? « Il n’y a pas d’études, c’était vraiment un métier de passion. Quand j’ai commencé à travailler, j’étais dans la mode, mais je travaillais chez Chanel et chez Paco Rabanne ; j’étais chef de produit », explique la directrice d’agence. « Un jour, j’ai eu un vrai déclic au moment où les mannequins venaient faire les fittings pour la Fashion Week. Je me suis dit : « En fait, ce qui me passionne énormément, ce sont les mannequins. J’ai envie de les protéger, j’ai envie de m’occuper d’elles. »

Et cet apprentissage ne sait pas fait sur les bancs de la fac : « J’ai regardé beaucoup de documentaires. Il n’y en avait pas beaucoup à l’époque sur les scouts qui se plaçaient dans les gares ou les aéroports et qui attendaient de trouver la perle rare. Je me suis dit que c’était un métier de dingue. Par chance, j’ai trouvé ma première mannequin dans le village juste à côté du mien, dans le Lot. J’ai eu un coup de chance monumental. »

Un milieu toujours stéréotypé

La scout porte pourtant un regard critique sur l’évolution du secteur. « Je trouve que ça n’a pas évolué dans le bon sens », estime-t-elle. Si la minceur n’a jamais quitté les podiums des défiles, selon Marie-Caroline, les agences demandent désormais aux mannequins de pouvoir travailler aussi bien sur des défilés que sur des shootings ou des essayages. Résultat : les critères de taille et de mensurations se sont durcis, laissant moins de place à des profils différents… « Il y a eu une vague de mannequins curves, mais cette mode est partie assez vite. Il y en a peut-être une ou deux qui marchent bien et qui sont connues. »