Pourquoi les enfants sont-ils complètement dingues des pompiers ?
Dans les livres, les dessins animés, les chansons, les jouets… Les enfants raffolent des histoires de pompiersClio Weickert
L'essentiel
- Les pompiers passionnent les enfants. Ils les retrouvent dans les livres, dans les dessins animés ou encore les chansons.
- Ce mercredi, France 4 lance un nouveau programme jeunesse sur les jeunes sapeurs pompiers, « A l’école des pompiers ».
- « Les enfants les associent au fait de porter secours et assistance. C’est un métier valorisant et valorisé », explique la psychologue Aline Nativel Id Hammou.
Chacune de leurs apparitions provoque des scènes d’hystérie. Les mélodies de leurs sirènes enchantent les plus jeunes. Plus forts que les Black Pink et Taylor Swift réunies, on vous le donne en mille : les pompiers.
Telles de véritables rock stars, les soldats du feu passionnent les enfants. Les petits en mangent à toutes les sauces : dans les livres (Au feu petit Pierre, L’âne Trotro super-pompier…), en dessins animés (Sam le pompier, La Pat' Patrouille…), en chanson (Au feu les pompiers, le grand classique)… Et, désormais, à la télé avec le programme jeunesse que lance France 4 (et la plateforme Okoo) ce mercredi, à 13h30 : « A l’école des pompiers », une série documentaire sur le monde des jeunes sapeurs-pompiers (JSP). Mais pourquoi cette profession rend-elle complètement zinzins les enfants ?
Des super-héros, pour de vrai
Chez les bambins, c’est avant tout une histoire de stimuli : le rouge vermillon des pompiers accroche particulièrement leur regard et la sirène lancinante happe tout autant leurs oreilles. « Au fur et à mesure qu’ils grandissent, il peut y avoir une question d’admiration par rapport au métier et ce qu’il représente, en dehors de l’attractivité, du jeu ou de l’aspect sensoriel », explique Aline Nativel Id Hammou, psychologue clinicienne et psychothérapeute spécialisée dans le domaine de l’enfance et de la famille.
Jules, 5 ans, adore tout ce qui entoure l’univers des pompiers : le casque, l’uniforme, le camion… A ses yeux, ce sont des « super-héros ». Un avis que partage Mara, 4 ans : « Les pompiers éteignent le feu, ils sauvent les gens quand ils ont mal. Ils sauvent des chats aussi. J’aimerais être pompier parce que c’est super. »
« Les enfants les associent au fait de porter secours et assistance. C’est un métier valorisant et valorisé », explique la psychologue. Et de poursuivre : « Il y a cette image du sportif, courageux, brave. Ce n’est pas le super-héros qui n’existe que dans l’imaginaire, c’est un être humain à qui on peut attribuer des pouvoirs héroïques, voire magiques. Pour eux, ils sont capables de maîtriser cet élément si fort et si puissant qu’est le feu », souligne Aline Nativel Id Hammou.
Le pompier modèle
Ce béguin, les pompiers en ont bien conscience. Il faut dire que les enfants se montrent particulièrement démonstratifs lorsqu’un soldat du feu croise leur route.
« Ils sont toujours ravis de venir dans nos casernes, confirme le lieutenant Raphaël Rondot, membre du conseil d’administration de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers de France. Quand on les accueille dans des centres de secours, on se rend bien compte qu’ils ont des étoiles dans les yeux. Pour eux, c’est un peu un rêve. »
Les petits se reconnaissent aussi un peu en eux. Tout comme les pompiers, ils partagent un sens du collectif et passent leurs journées avec leurs pairs, que ce soit à la crèche ou à l’école. « Il y a l’image de la caserne, cette idée de solidarité, d’entraide, de fidélité, de loyauté… Les enfants sont très sensibles à la question du groupe, au fait de se rassembler et de s’associer », précise Aline Nativel Id Hammou.
Résultat : les pompiers font figure de modèles pour les plus jeunes. « En ce qui concerne le développement de la personnalité, de la confiance en soi et de l’estime de soi, la plupart des enfants vont choisir des modèles ayant des caractéristiques comme la force, le courage ou la beauté, note Aline Nativel Id Hammou. Il y a toute une dimension de développement des compétences psychosociales. Ces valeurs de respect, d’entraide, c’est plus ou moins ce que les adultes leur demandent d’être ou de devenir. »
Au feu les pompières
Si de nombreuses petites filles se passionnent pour les pompiers, des stéréotypes persistent. Par exemple, les camions miniatures sont rangés dans les rayons « jouets pour garçons ». « Il faut sortir du cliché que les petites filles s’intéressent aux pompiers juste parce qu’elles les trouvent beaux. Or, c’est souvent ce qu’on peut entendre », déplore la psychologue.
Dans les faits, les jeunes sapeuses-pompières représentent un tiers des 28.400 JSP de France. En activité, les femmes représentaient 22 % des sapeurs-pompiers civiles en 2023, contre 6 % seulement vingt ans plus tôt.
« Ça évolue positivement, commente le lieutenant Raphaël Rondot. On voit bien que ça se féminise. Nos sections JSP sont ouvertes à tous, garçons et filles. On cherche à avoir des citoyens incarnant tous types de profils. »
Parmi les pompiers en herbe qui apparaissent dans la série de France 4, il y a Victoire, une lycéenne de 17 ans en Charente-Maritime. Elle souhaite plus tard intégrer la brigade de sapeurs-pompiers de Paris et encourage les jeunes filles à se lancer.
« Il ne faut pas hésiter, on est capable de plein de choses. En rentrant dans le milieu, j’ai compris que ça donnait confiance en soi de voir qu’on pouvait se dépasser. Or, en tant que fille, on ne nous montre pas forcément la possibilité de faire des métiers "durs" », dit-elle. Au feu les pompières, y’a la maison qui brûle.



















