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Est-il efficace de dire aux enfants de manger, car des enfants ont faim ?
argumentation zéro

Est-il efficace de dire aux enfants de finir leur plat, car « des enfants meurent de faim » ?

Avez-vous entendu cette sornette enfant ? l’avez-vous assenée aux vôtres ? Voici pourquoi c’est une mauvaise idée
Frédéric Henry pour 20 Minutes

Frédéric Henry pour 20 Minutes

L'essentiel

  • La recherche montre que forcer un enfant à finir son assiette est contre-productif.
  • De surcroît, l’argument ne tient pas debout et les enfants le savent.
  • Il existe des manières plus saines de superviser l’alimentation des enfants.

Imaginez que vous n’avez plus faim et qu’on vous force à finir un plat bien trop copieux pour vous, voire que vous n’aimiez déjà pas au départ. Pire, imaginez qu’on vous assène des arguments débiles pour vous convaincre. C’est ce que subissent les enfants à qui on affirme qu’il faut terminer leur assiette parce que « des enfants meurent de faim en Afrique » (ou ailleurs, mais avouons-le, c’est souvent « en Afrique »).

Laissez-les manger… à leur faim

Comme l’expliquent de nombreux psychologues, il vaut mieux laisser l’enfant écouter son corps et son sentiment de satiété. Le contraindre à manger plus qu’à sa faim peut même, dans les cas les plus graves, contribuer au développement de troubles de l’alimentation. Une étude suggère aussi que les enfants « difficiles » tendent à le devenir encore plus si on les oblige à s’alimenter. Et selon la réputée Mayo Clinic, mieux vaut encourager les enfants à découvrir la nourriture, éveiller leur curiosité que de les forcer à tout goûter ou les gaver à tout prix.

Les enfants ne sont pas des imbéciles

Voilà pour le fond, mais qu’en est-il de la forme ? Avouons-le, la relation logique entre « finir son assiette » et les « enfants qui meurent de faim » est ténue, pour ne pas dire inexistante. L’enfant qui entend ça répondra (ou, s’il ne l’ose pas, pensera) : « Et alors ? J’aurai beau finir mon assiette, ils mourront quand même de faim. » Le message adressé à l’enfant est que, de deux choses l’une : soit vous le prenez pour un idiot, soit vous êtes un idiot. Dans un cas comme dans l’autre, l’autorité parentale et la confiance en prennent un coup.

Et s’il est important de faire savoir aux enfants qu’avoir de quoi manger n’est pas un privilège universel, les culpabiliser est rarement propice à un bon développement psychologique. Comme l’explique la psychologue Judith Smetana, mieux vaut garder cette « arme » pour les cas où l’enfant fait directement du mal à autrui.