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Avec le concert de Chappell Roan, sortez vos plus beaux looks
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Chappell Roan, la pop star la plus « camp » de l’année qui débarque à Rock en Seine pour son unique date française

Chappell Roan est l’une des têtes d’affiche du festival Rock en Seine cette année. Portrait d’une artiste queer qui fait rimer musique avec liberté
Victoria  Berne

Victoria Berne

L'essentiel

  • Chappell Roan s’est révélée à Los Angeles, où elle a trouvé son identité artistique en puisant dans la culture drag et queer de West Hollywood, après avoir quitté son Missouri natal.
  • Avec son album The Rise and Fall of a Midwest Princess, coécrit avec Daniel Nigro, elle s’impose comme une pop star à part entière, joyeusement dramatique, théâtrale et engagée.
  • Ses concerts sont de véritables fêtes à thème, mêlant comédie musicale, drag show et performance, faisant d’elle une artiste totale, récemment sacrée révélation de l’année aux Grammy Awards.

En haut de l’affiche, elle ne s’y voyait pas déjà. Et pourtant, depuis la sortie de « Good Luck, Babe ! », tout semble réussir à Chappell Roan. Attendue à Rock en Seine 2025, l’artiste n’est pas simplement une nouvelle sensation pop : elle est une performeuse totale, une icône queer qui transforme chaque concert en manifeste queer.

Retour sur le parcours d’une fille « très camp et pop, qui est bruyante dans ses tenues, ses déclarations et ses paroles »*, qui mettra le feu à Paris le 20 août, pour la seule date française de sa tournée.

West Hollywood : naissance d’une performeuse

Kayleigh Rose Amstutz, de son vrai nom, a grandi dans le Missouri profond. Mais c’est à Los Angeles que l’artiste trouve réellement sa voie. Happée par l’univers queer du quartier de West Hollywood, c’est là que tout l’inspire. « Je suis allée dans un club gay, pour la première fois de ma vie, et ça m’a changée. Je me suis dit : wow, il faut que j’écrive à propos de ça. Il faut que je recrée ce sentiment », confie-t-elle à Konbini.

Violaine Schütz, rédactrice en chef adjointe digitale de Numéro qui a travaillé sur l’ascension de la chanteuse, souligne : « Elle s’est construite à LA, dans une ville où le drag est partout. Elle en a fait un langage artistique ». Un langage qu’elle revendique aussi dans sa manière de se produire : « Je suis très inspirée par le burlesque et par les tenues des drag-queens en général, c’est tellement pailleté, tellement extravagant, tellement camp », expliquait-elle à Konbini. Elle raconte avoir appris elle-même à faire du maquillage drag, à poser des strass, à coudre, au point que cela est devenu, selon ses mots, une part entière de son univers artistique.

De la ballade mélancolique au manifeste queer

Avant de devenir cette artiste complète (et de trouver ce nom d’artiste) Chappell Roan écrivait des chansons plus mélancoliques. « Ma musique était triste », confiait-elle à Konbini. Mais à Los Angeles, tout change : elle assume sa sexualité, découvre une scène queer qui la galvanise, et rencontre Daniel Nigro, producteur d’Olivia Rodrigo. Ensemble, ils composent le titre « Pink Pony Club », un titre fondateur : « Cette chanson a tout changé », dit-elle. « Elle m’a mise dans une autre catégorie. Je n’aurais jamais cru pouvoir être une vraie pop star, et Pink Pony m’a poussée dans cette direction », racontait-elle à la BBC.

Mais malgré la force du morceau, son label rechigne à le sortir et elle est remerciée. Retour au Missouri, où elle enchaîne les petits jobs. « Chaque jour je me disais : Et si j’arrêtais la veille que quelque chose devait se passer ? Alors j’ai juste continué, et nous y sommes ! », raconte-t-elle au magazine W. Lorsqu’elle revient à LA, c’est à nouveau vers Daniel Nigro qu’elle se tourne. Ensemble, ils enregistrent son premier album « The Rise and Fall of a Midwest Princess », un album pop, queer, théâtral, qui la révèle au grand public. Et en ce début 2025, la reconnaissance devient officielle : Chappell Roan est sacrée révélation de l’année aux Grammy Awards et cumule aujourd’hui près de 40 millions d’auditeurs mensuels sur Spotify.

La musique comme spectacle

Chez Chappell Roan, la musique ne s’écoute pas seulement : elle se vit et se performe. Depuis ses débuts sur scène, l’artiste a fait du spectacle un art total, au croisement de la comédie musicale, du drag show et du concert pop. « Une drag-queen ne monte pas sur scène pour calmer les gens. Elle ne dit pas des choses pour flatter. Une queen te fait rougir. Attendez-vous à la même énergie à mes concerts », explique-t-elle dans l’interview à la BBC. Chaque apparition sur scène est un spectacle à part entière. Chacun de ses concerts est pensé comme « des fêtes à thèmes. C’est un projet qui ne se prend pas au sérieux, basé sur l’amusement et l’identité queer », racontait-elle à Konbini.

Violaine Schütz résume : « Ce qui la distingue de la pop actuelle, c’est son extravagant. Elle s’amuse, elle ose. Des fois elle est en catcheuse, des fois avec des maquillages très inspirés du cirque. D’ailleurs, à ses débuts, elle faisait des tutos make-up et même des tutos pour fabriquer ses propres vêtements de scène. Les gens se sont amusés à reprendre ses looks quand ils viennent la voir en concert ». Chez elle, le « camp » n’est pas un décor, c’est un langage. De ces clips, à ses tenues, en passant par ses performances : tout est traversé par une esthétique queer assumée, héritée autant des drag-queens de West Hollywood que de la pop provoc' des années 2000.

Rendez-vous à le 20 août

En plus d’être une artiste engagée, qui prend la parole contre les violences, impose des limites pour préserver sa santé mentale, et assume pleinement son identité queer, Chappell Roan s’impose comme une artiste complète. Compositrice, chanteuse et performeuse, elle redessine les contours du mainstream avec autant de fond que de paillettes. À quelques semaines de son passage à Rock en Seine, on trépigne d’impatience : on attend de découvrir le thème de ce concert, de sortir nos plus beaux looks, et surtout… de hurler à tue-tête les paroles de « Good Luck, Babe ! ».

* propos recueilli dans l’interview de Konbini.