Tour de France 2022 : Jonas Vingegaard, dernier garant du suspense derrière Tadej Pogacar ?

CYCLISME Le Danois de la Jumbo-Visma s'est incliné d'un rien contre Tadej Pogacar au sommet de la Planche des Belles Filles et a prouvé qu'il était le seul à pouvoir rivaliser avec le Slovène. Les autres leaders ont été bien passifs

William Pereira
— 
Jonas Vingegaard (à droite) est le seul homme à avoir tenté sa chance face à Tadej Pogacar dans la Planche des Belles Filles, lors de la 7e étape du Tour de France, le 8 juillet 2022.
Jonas Vingegaard (à droite) est le seul homme à avoir tenté sa chance face à Tadej Pogacar dans la Planche des Belles Filles, lors de la 7e étape du Tour de France, le 8 juillet 2022. — Daniel Cole/AP/SIPA

Un maillot jaune hégémonique et un seul dauphin capable de faire durer un semblant de suspense. En mettant de côté le très peu glorieux volet médical des deux hommes, il y a du Lance Armstrong vs Jan Ullrich dans le duel Tadej Pogacar vs Jonas Vingegaard. Le Danois de la Jumbo-Visma – qui contrairement à l’Allemand est capable de se mettre en danseuse – est le seul à avoir eu l’audace d’attaquer le maître absolu du Tour de France. En vain, certes, puisqu’il s’est fait coiffer sur la ligne, on peut même parler de brushing, mais reconnaissons-lui le fait d’avoir essayé. On ne peut pas en dire autant des autres. A moins qu’ils n’en soient pas capables ?

Possible. Probable, même. Deuxième du classement général, Vingegaard est le dernier coureur sous la minute derrière Pogacar. Derrière lui, Geraint Thomas et Adam Yates accusent respectivement 1’10 et 1’18 de retard. Premier Français et 5e, David Gaudu est au-delà de la minute et demie. Aucun de ces trois-là n’a vraiment été en mesure de perturber le Slovène, même si on sent bien que son train UAE n’est pas au niveau des Jumbo et Ineos. A l’inverse, Ineos apparaît comme une magnifique force collective sans le moindre point fort. Thomas, Yates, Martinez, Pidcock ? Trop tendres.

Van Aert et la Jumbo y croient encore

Il ne reste donc que Jonas Vingegaard et, allez, soyons sympathiques, Primoz Roglic. Si l’autre Slovène a déjà pris plusieurs éclats depuis le début de la Grande Boucle, il s’est aussi rassuré vendredi. Dans le rôle de joker de luxe pour son jeune leader (après avoir concédé plus de deux minutes sur les pavés) et dans la logique d’une stratégie d’équipe dans les Alpes et Pyrénées, ça peut avoir de la gueule.

De quoi donner de la confiance au maillot vert Wout Van Aert pour la suite des festivités. « J’ai lu je ne sais plus où que Pogacar va gagner et que c’est déjà fini, a-t-il déclaré au micro de France TV. Mais Jonas a montré aujourd’hui qu’il était là, et je suis confiant sur le fait que lui et Primoz vont montrer qu’ils sont encore là dans la montagne. »

Ne jamais montrer publiquement son défaitisme à l’ennemi est une des règles de base de la propagande de guerre, mais ayons la naïveté de croire l’ami Wout. Jonas Vingegaard et les Jumbo-Visma, derniers remparts à l’infinie gloutonnerie de Pogi, qui finit toujours par obtenir ce qu’il désire. « Je voulais cette étape à tout prix. Je l’avais cochée avant même d’être maillot jaune », a-t-il assuré une fois la ligne franchie. Personne ne peut s’opposer à sa volonté. Pas même son meilleur rival danois.