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« Il se nourrit de Grands Chelems », Djokovic de retour au top à Roland ?

Roland-Garros 2025 : « Djokovic se nourrit des Grands Chelems »… Et si Nole revenait à son « prime » sans prévenir ?

la DER Du Djoker ?Perdu pour le tennis après sa blessure à l’Open d’Australie, Novak Djokovic s’est remis à gagner juste avant Roland-Garros. Une preuve de plus que la version Grand Chelem du Serbe demeure redoutable
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Pendant la quinzaine de Roland-Garros « 20 Minutes » consacre une série d’articles à Novak Djokovic, le dernier survivant du « big 4 ». Premier épisode consacré au niveau de jeu spécial du Serbe sur les tournois majeurs.
  • Malgré les doutes sur sa forme, la récente victoire de Novak Djokovic à Genève laisse penser qu’il pourrait être compétitif à Roland-Garros. Pour Marion Bartoli, consultante Prime Video, « le Novak Djokovic version Grand Chelem n’est pas du tout le même que le Novak version Masters 1000 ».
  • Novak Djokovic a néanmoins dû prendre la douloureuse décision de se séparer de son entraîneur et ami Andy Murray faute de résultats au début de la saison sur terre battue. Un choix qui s’est avéré payant au vu de son succès à Genève.

Combien de vies reste-t-il à Novak Djokovic dans le grand jeu de sa carrière ? Il y a dix jours, beaucoup auraient répondu zéro, mais sa victoire à Genève, où il a soulevé le 100e trophée de sa carrière, laisse à croire qu’il a trouvé une ou deux pièces au fond de ses poches pour relancer la machine à Roland-Garros. « A Paris, on aura un avant-goût de sa motivation sur sa manière d’aborder le tournoi, prédit Marion Bartoli, consultante pour Prime Video. Mais attention, le Novak Djokovic version Grand Slam, n’est pas du tout le même que le Novak version Masters 1000. » On l’a vu à l’Open d’Australie, où il s’est offert Carlos Alcaraz en quarts de finale avant de ne rendre les armes en demi-finale que sur blessure contre Alexander Zverev. « Il se nourrit de Grands Chelems, abonde Lucas Pouille. S’il pouvait faire seulement ces quatre tournois à l’année, je pense qu’il le ferait. »

« Djokovic met plus d’intensité dans ce qu’il fait avant les Grands Chelems »

Nole avait plus ou moins vendu la mèche dans une interview-portrait accordée à GQ au début de l’année, justifiant ses velléités sélectives par les contraintes liées à l’âge. « Pour poursuivre, je dois réduire le nombre de tournois auquel je participe et ne me concentrer que sur certains d’entre eux. » L’année dernière, déjà, la carapace semblait fissurée et sa lassitude des longues séparations familiales commençait à prendre le pas sur sa régularité, laquelle ne tenait plus qu’à la seule perspective des Jeux olympiques. Mais il n’aura échappé à personne que si le Serbe n’a gagné qu’un titre en 2024 - l’or à Paris - c’est le seul qui comptait à ses yeux. Quand Djoko veut, Djoko peut. Du moins, en deux sets gagnants.

« Il sait ce qu’il doit faire pour arriver dans les meilleures conditions à Roland-Garros et jouer son meilleur tennis », confirme Lucas Pouille. « Il y a beaucoup plus d’intensité dans tout ce qu’il fait les semaines et les jours précédant les tournois du Grand Chelem, approfondit Bartoli. Sa concentration est à un niveau différent. A Madrid, contre Arnaldi (défaite en deux sets), il donnait l’impression de ne pas être présent. Il faisait trois fautes de revers par jeu, là où il en faisait trois par an à son apogée. Vous ne verrez jamais ça à Roland-Garros. »

Rupture avec Murray, retrouvailles avec le succès

Tout Goat qu’il est, Djokovic a néanmoins besoin d’un minimum de confiance pour arriver au top sur un tournoi majeur. C’est encore plus vrai à Roland-Garros, sur sa « surface la moins naturelle », comme il le rappelait mardi, en conférence de presse. Alors, après ses deux défaites de suite au premier tour en Masters 1000, à Monte-Carlo puis à Madrid, il était donc inconcevable de poursuivre avec Andy Murray comme entraîneur. « C’était une décision mutuelle. On a voulu se parler tous les deux. Et tous les deux étions sur la même longueur d’onde. Tous les deux nous pensions que nous devions arrêter. » Les exs se sont revus une poignée de jours après, à l’occasion de l’hommage à Rafael Nadal, et l’Ecossais n’a pas pu s’empêcher de verser dans l’humour british en revoyant son ancien joueur.

« « Andy m’a félicité [pour sa victoire en Suisse], il m’a dit : maintenant, que tu as un bon coach, c’est bien, tu commences à gagner des tournois ! » »

Il y a un fond de vérité dans la blague. Sans entraîneur mais avec des membres historiques de son staff comme Dusan Vemic et entouré de sa famille, le Djoker s’est relancé à Genève en s’offrant quelques belles victoires contre Arnaldi et surtout Hurkacz. « J’avais déjà bien joué là-bas l’année dernière (demi-finale) parce que je me sentais bien. Mais j’ai quand même remercié Casper Ruud de ne pas être venu et de m’avoir laissé gagner (rires), parce qu’il dominait ici les trois dernières années. »

Qui sait si, par effet domino, le Norvégien n’a pas commis d’erreur laissant Novak Djokovic refaire le plein de confiance et si tout ça ne débouchera pas sur une grosse quinzaine de Nole à Roland-Garros. Voire une victoire ? Lucas Pouille plaide la prudence. « La question sera de voir si sur le plan physique, il est encore capable d’aller chercher sept matchs dont un contre Alcaraz et un contre Sinner. » Toujours la même question : combien de vies reste-t-il à Novak Djokovic ?