Matchs à la Paillade et handball, Arthur Cazaux veut continuer « son rêve de gosse » au tournoi de Montpellier
Tennis•Entré dans le Top 100, le Montpelliérain a réalisé la plus grosse perf de sa jeune carrière à Melbourne. Enfin débarrassé de ses blessures ce fan de la Paillade a un vrai truc en plus sur et hors du courtJérôme Diesnis
L'essentiel
- Arthur Cazaux entre en lice, ce mardi (19 heures), à l’Open Sud de France de Montpellier, un tournoi ATP 250.
- « Le plus grand fan de La Paillade » va jouer à domicile, après avoir fait des étincelles en Australie, où enfin débarrassé de ses blessures, il a confirmé le potentiel affiché lors de ses années juniors.
- Décontracté, spectaculaire, bien dans sa tête, le jeune tennisman de 21 ans est l’un des espoirs de la nouvelle génération, alors que la relève des quatre mousquetaires, qui ont couvert le tennis français de victoires au cours des quinze dernières années, peine à éclore.
Sourire en bandoulière et répartie qui fuse comme un service à 220 sur le John Cain Arena. Arthur Cazaux est le phénomène du tennis français en ce début d’année 2024. Et pas seulement sur les courts de tennis. A 21 ans, celui qui fut, quatre ans plus tôt, finaliste de l’Open d’Australie junior affiche une décontraction et un charisme de dingue pour marquer son entrée dans le Top 100 mondial. Lui qui n’avait gagné qu’un match sur le tournoi principal a été la sensation à Melbourne, en bonifiant la wild-card que lui ont donnée les organisateurs. Trois victoires, dont l’une sur un top 10. Holger Rune. Le tout après avoir remporté un challenger à Nouméa.
L’année 2024 sera-t-elle celle du Montpelliérain ? Son éclosion un peu retardée, il la doit à deux blessures, une déchirure aux abdos et une pubalgie. Mais ça, c’était avant d’embarquer dans ses bagages un kiné sur le circuit. Et visiblement, ça change pas mal de choses. « L’année 2023 a été la première sans blessure, ça a été une première de faire une année complète, ce n’est pas anodin. Mais ces blessures m’ont appris. Elles m’ont aidé à forger mon caractère ».
Arthur Cazaux est sur un nuage, clairement. « En rentrant à Paris, beaucoup de personnes sont venues me voir et m’ont remercié. Ça m’a surpris, je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont dit pour les émotions que je leur ai transmises. C’est sûr que ça fait plaisir, d’autant que je ne m’y attendais pas ». A Melbourne, il s’est mis dans la poche les furieux qui ont renversé les tribunes de l’Open d’Australie, grosse ambiance et perruques bleu blanc rouge sur la tête. Une partie d’entre eux a prévu de remettre ça à Montpellier où il fait son entrée ce mardi dans un ATP 250 au goût si particulier. « Je suis chez moi ici. Mes amis sont à Montpellier. Je suis amoureux de ma ville, je suis très fier de la représenter, comme de représenter mon pays ».
« Je suis le plus grand fan de la Paillade »
C’est à Juvignac, une petite commune à côté de Montpellier, qu’Arthur Cazaux a pris sa première licence de tennis. Sa première licence de hand aussi, puisqu’il a joué pendant sept ans au MHB chez les jeunes, de 4 à 11 ans. « A cette époque, j’ai dû faire un choix avec le tennis, car je commençais à être appelé dans les sélections jeunes », se souvient-il. De ses années handball, il en garde pas mal de souvenirs. Et « une grande élasticité au niveau de l’épaule » qui lui permet de balancer des pralines au service assez impressionnantes au regard de sa taille moyenne sur le circuit (1,83 m).
Juvignac… Là où il pouvait entendre les clameurs du stade de la Mosson les jours de match. En Australie, Arthur Cazaux a dédié chacune de ses victoires à La Paillade. Et dimanche, c’est lui qui a donné le coup d’envoi du match Montpellier-Lille. « Un rêve de gosse. Je suis le plus grand fan de ce club depuis tout petit. J’aime ses valeurs, la famille, le partage. J’ai un immense respect pour ce que font les Nicollin. Ouais, ce club, je l’adore ».
« En France, on s’enflamme vite »
Alors que les quatre mousquetaires de la génération dorée du tennis français (Gasquet, Monfils, Simon, Tsonga) finissent de consumer leurs derniers feux sur le circuit, Cazaux, comme Luca Van Assche ou Arthur Fils, porte les espoirs d’un renouveau tricolore qui tarde à éclore. « C’est un vrai talent, très offensif, évoquait sur les ondes d‘Eurosport l’ancien tennisman Arnaud Di Pasquale. Le top 100 ne sera qu’une étape. »
Le voilà déjà 83e du classement ATP. « Tous les ans, on se fixe en début de saison des objectifs avec mon staff. Cette année, c’est finir dans le Top 50. J’ai encore beaucoup à prouver. Je ne suis que quatre-vingtième. En France, on s’enflamme vite. Moi, je vais rester le même ». Spectaculaire, détendu, souriant, heureux de jouer. Rester lui-même, c’est tout ce que la France du tennis lui demande.


















