Open d’Australie : Non grata aussi à Roland-Garros, où Djokovic va-t-il bien pouvoir jouer cette saison ?

TENNIS Non vacciné, Novak Djokovic risque de ne pas être le bienvenu sur les courts de tennis du monde entier cette saison

Aymeric Le Gall
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Le refus de Djokovic de se faire vacciner pourrait lui coûter très cher cette saison.
Le refus de Djokovic de se faire vacciner pourrait lui coûter très cher cette saison. — William WEST / AFP
  • Après deux semaines de combat judiciaire contre les autorités australiennes, Novak Djokovic a finalement été expulsé du pays dimanche.
  • Le Serbe ne disputera donc pas l’Open d’Australie, qui a commencé ce lundi.
  • Pire, s’il refuse de se faire vacciner, c’est bien toute la saison du numéro 1 mondial qui risque d’en pâtir.

Pour Djokovic, les emmerdes volent en escadrille en ce début d’année 2022. Expulsé d'Australie après deux semaines de grand n’importe quoi politico-sportif, le Serbe, qui espérait bien participer au tournoi de Roland-Garros cette saison, s’est mangé un stop de la part de Christophe Castaner, député de La République en marche des Alpes-de-Haute-Provence et président du groupe LREM à l’Assemblée nationale.

Interrogé sur BFM TV, lundi, sur le pass vaccinal qui a été adopté et ses conséquences sur le monde sportif, l’ancien ministre de l’Intérieur a déclaré que « Djokovic n’a pas vocation à jouer s’il ne respecte pas une règle qui va s’appliquer à tout le monde et qui s’applique aux spectateurs, aux ramasseurs de balles, aux professionnels qui vont travailler et tenir une boutique à  Roland-Garros ». « Il n’est pas question que, pour des grands sportifs, on déroge à la règle. La règle s’applique à tous », a-t-il rappelé, faisant écho aux propos de la ministre chargée des Sports, Roxana Maracineanu, lundi.

Le gouvernement revoit sa position après l’adoption du pass vaccinal

Alors qu’elle avait laissé entendre dans un premier temps que les sportifs non vaccinés pourraient disputer des compétitions en France s’ils respectaient une bulle sanitaire stricte, celle-ci semble avoir fait volte-face. « Le pass vaccinal a été adopté. Dès que la loi sera promulguée, il deviendra obligatoire pour entrer dans les ERP [établissements recevant du public] déjà soumis au pass sanitaire (stade, théâtre ou salon) pour l’ensemble des spectateurs, des pratiquants, des professionnels français ou étrangers », a-t-elle tweeté lundi matin.

Au même moment, on apprenait de sources gouvernementales la confirmation que tout sportif, y compris professionnel, qui viendrait dans nos contrées pour disputer une compétition, comme prochainement pour le tournoi des VI Nations, devrait coûte que coûte être vacciné. Le gouvernement français a précisé que le pass vaccinal ne s’appliquerait pas uniquement aux sportifs amateurs et professionnels installés en France, mais aussi aux sportifs étrangers qui viennent pour des compétitions. Un coup dur pour Gilles Moretton, le président de la Fédération française de tennis, qui annonçait justement réfléchir à la mise en place d’un dispositif permettant la venue de joueurs non vaccinés à Paris du 22 mai au 5 juin.

Djoko, également persona non grata aux USA

Si ces annonces ne toucheront pas le seul Djoker (les joueurs du Real Madrid sont-ils tous vaccinés, eux qui sont censés affronter le PSG au Parc des Princes le 12 février ?), elles risquent tout de même de lui compliquer sacrément la saison 2022. Peut-on seulement parler de saison pour le numéro 1 mondial, si celui-ci persiste dans son refus de se faire vacciner ? La question se pose, puisque Nole ne pourra pas non plus se rendre aux Etats-Unis pour y disputer les deux Masters 1000 d’Indian Wells et de Miami.

Eh oui, pour avoir ne serait-ce que le droit de monter dans un avion à destination du pays de l’Oncle Sam, il faut obligatoirement avoir reçu ses deux piquouses dans le bras. Il existe bien quelques exceptions à la règle, mais, après ce qu’il a vécu à Melbourne, on imagine mal Djokovic se lancer dans un nouveau bras de fer avec les autorités américaines. En l’état actuel des choses, l’ennemi public n° 1 en Australie ne pourrait donc pas non plus disputer l’US Open prévu à Flushing Meadows du 29 août au 11 septembre.

Sale temps pour les sportifs non-vaccinés

Reste donc Wimbledon, qui semble pour l’heure être le seul grand chelem que Djokovic serait autorisé à disputer. En effet, le gouvernement britannique a choisi de n’imposer qu’une quarantaine obligatoire de dix jours à toute personne non-vaccinée qui souhaite pénétrer en Grande-Bretagne. Mais rien ne dit que les règles, pour le moins fluctuantes en temps de pandémie, ne changeront pas d’ici là. On peut tourner et retourner le problème dans tous les sens, l’avenir du numéro 1 mondial paraît pour l’heure totalement bouché.

Or, à 34 ans, le temps joue forcément contre celui qui court après le record du plus grand nombre de grand chelem remporté (Djoko est toujours à égalité avec Nadal et Federer, 20 GC chacun). Quant à sa place de numéro un mondial, même s’il possède une belle avance en termes de points sur ses poursuivants (11.015 points pour Djoko contre 8.935 pour Medvedev, son dauphin), elle aussi pourrait être rapidement menacée. D’autant qu’en son absence à Melbourne, le Russe fait office de favori.

Finalement, c’est l’ancien numéro 4 mondial Brad Gilbert qui a le mieux résumé la situation, lors d’une conférence de presse de présentation du dispositif mis en place par ESPN pour l’Open d’Australie. « Ce sera une position très dure à tenir cette année d’être joueur de tennis à plein temps en n’étant pas vacciné, a prévenu le consultant. Je pense que vous devez vous attendre à ce que vous ne puissiez jouer que quelques tournois en 2022. Et peut-être qu’en 2023 vous ne pourrez plus en jouer du tout. » A bon entendeur.