Gaucher, fan de Nadal et «facile à vivre»... Voici Hugo Gaston, grand espoir du tennis français

TENNIS Le jeune homme de 17 ans, originaire de la région toulousaine, affiche une progression fulgurante depuis fin 2017…

Nicolas Stival

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Hugo Gaston lors de sa victoire en finale de l'Orange Bowl des moins de 18 ans face au Kazakh Dostanbek Tashbulatov, le 10 décembre 2017.
Hugo Gaston lors de sa victoire en finale de l'Orange Bowl des moins de 18 ans face au Kazakh Dostanbek Tashbulatov, le 10 décembre 2017. — Houben / CSM / Shutterstock / Sipa
  • Hugo Gaston vient de remporter coup sur coup l’Orange Bowl et l’Open d’Australie en double, dont il a atteint les quarts de finale en simple.
  • Parmi ses objectifs en 2018 : la place de numéro 1 chez les juniors et un succès à Roland-Garros dans cette catégorie.

Une victoire à l’Orange Bowl, en Floride – l’un des plus prestigieux tournois juniors jadis remporté par Roger Federer et Andy Roddick – un succès à l’Open d’Australie en double, puis un premier match sur le grand circuit, à l’Open 13 de Marseille.

Depuis décembre, la trajectoire de Hugo Gaston s’est brutalement accélérée. Et ce n’est que le début pour cet espoir de 17 ans, 1.191e mondial, qui se prépare à attaquer la saison de terre battue en Turquie.

Hugo Gaston (à droite) avec Clément Tabur, lors de la finale du double juniors à l'Open d'Australie, le 26 janvier 2018 à Melbourne.
Hugo Gaston (à droite) avec Clément Tabur, lors de la finale du double juniors à l'Open d'Australie, le 26 janvier 2018 à Melbourne. - J. Hasenkopf / Shutterstock / Sipa

Un enfant de la balle (jaune)

Dans la famille Gaston, je demande le père, président du club de Fonsorbes (à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Toulouse), la mère puis le frère, qui jouent aussi. Hugo Gaston baigne dans le tennis depuis tout petit. « J’ai commencé très tôt, à trois ans, j’ai progressé au fur et à mesure et j’en suis là », témoigne le prodige licencié à Blagnac. Cela a l’air tellement simple, dit comme ça…

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L'actuel numéro 4 mondial chez les juniors a retrouvé cette saison l’entraîneur de son enfance, Marc Barbier (52 ans), avec lequel il est toujours resté en contact malgré un exil de quatre ans, au pôle France de Poitiers puis à l'Insep, à Paris. « J’ai quitté un jeune adolescent, j’ai retrouvé un jeune homme, avec tout ce que cela implique en termes de maturité », souligne le coach.

Un joueur déjà complet…

Du haut de son 1,91 m pour 84 kg, le Canadien Felix Auger-Aliassime (182e mondial) est (très) en avance sur tous ses camarades nés comme lui en 2000. Y compris physiquement. Hugo Gaston « culmine » pour l’heure à 1,74 m pour 70 kg. « A sa façon, il est costaud aussi, avec peut-être quelques centimètres de moins », tranche Marc Barbier, qui désigne son protégé comme « un joueur complet, capable d’évoluer sur toutes les surfaces, même s’il préfère la terre ».

Fan de Rafael Nadal, « il est gaucher comme moi, cela m’inspire », le Fonsorbais confirme : « Je varie beaucoup, je fais un peu tous les coups. Mon favori reste le revers et il faut que j’améliore notamment le coup droit et le service. »

…et déjà mûr

Quand on est (très) doué au tennis, on est amené à quitter sa famille très jeune, pour parcourir le monde. Rien à voir avec la vie d’un ado ordinaire, mais Hugo Gaston assume. « J’ai choisi ce que je fais, donc cela ne me dérange pas vraiment. On ne peut pas jouer qu’en France, et de toute façon j’aime bien voyager », glisse celui qui apprécie particulièrement le Costa Rica et l’Australie.

Ce n'est pas pour rien que le tournoi s'appelle l'Orange Bowl.
Ce n'est pas pour rien que le tournoi s'appelle l'Orange Bowl. - M. Houben / CSM / Shutterstock / Sipa

Ses récentes prouesses ont attiré micros et caméras, mais pas de quoi le perturber, là non plus. « Pas mal de personnes m’ont appelé pour des interviews, mais cela n’a pas changé grand-chose pour moi. » Zen, on vous dit. « Hugo est facile à vivre, avec une grande capacité d’adaptation, confirme Marc Barbier. On passe beaucoup de temps ensemble, c’est important de bien s’entendre. Mais il a malgré tout un caractère affirmé, ce qui est essentiel dans un milieu extrêmement concurrentiel. »

Objectif Roland-Garros (juniors), pour commencer

Avant de passer définitivement chez les « grands », Hugo Gaston se verrait bien finir l’année numéro un junior, avec si possible au passage une victoire dans le Roland-Garros de sa catégorie. « Mais gagner des tournois pros fait aussi partie de mes objectifs », complète celui qui aimerait aussi terminer 2018 dans les 750 premiers au classement ATP.

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Et après ? « Les résultats, c’est très fluctuant, ça va, ça vient, rappelle son entraîneur. L’important, c’est de maintenir le cap. Le véritable objectif, c’est qu’il devienne un bon professionnel. Cela prendra le temps que ça prendra. De belles carrières pros se font parfois sur le tard. » On parle dans ce cas de jurisprudence Stéphane Robert… « J’espère que ce n’est que le début, ajoute le jeune joueur. Dans ma tête, je ne me dis pas que je suis arrivé. »

Et un « petit » tournoi du Grand Chelem chez les grands, après lequel un Français court depuis le triomphe de Yannick Noah à Roland-Garros en 1983 ? « Cela reste entre le rêve et l’objectif pour un jeune joueur, souligne Marc Barbier. Hugo, comme les autres, garde ça dans un coin de sa tête. »