Dopage: Maria Sharapova charge l'ITF, qui a «voulu faire un exemple»

TENNIS La Russie affirme que la Fédération internationale n'a pas été neutre dans le traitement de son cas...

N.C. avec AFP

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Maria Sharapova, le 7 mars 2016.
Maria Sharapova, le 7 mars 2016. — Damian Dovarganes/AP/SIPA

Maria Sharapova, dont la suspension pour dopage au meldonium a été réduite mardi de deux ans à quinze mois par le Tribunal arbitral du sport (TAS), en veut beaucoup à la Fédération internationale de tennis (ITF). «Je n'ai jamais voulu le croire mais je commence à penser que» la Fédération internationale a «voulu faire un exemple», a-t-elle déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision américaine PBS diffusé mardi soir.

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«L'ITF m'a infligé une suspension de 24 mois mais elle voulait initialement me suspendre quatre ans», a-t-elle rappelé, en présentant la décision du TAS comme «un désaveu» pour la Fédération. «Les membres de la commission d'arbitrage qui m'ont auditionnée il y a quatre/cinq mois à Londres ont été choisis par l'ITF, cela n'est pas gage de neutralité à mes yeux. Je suis allée à cette audition en sachant que les gens à qui j'allais parler avaient été choisis par ceux avec qui j'avais un différend. Le TAS est une instance neutre et ils ont ramené ma suspension à quinze mois», a fait remarquer l'ancienne numéro 1 mondiale.

L'ITF a répondu mercredi à ces accusations dans un communiqué cinglant en assurant qu'elle «n'avait pas essayé de suspendre Mme Sharapova pendant quatre ans». «C'est la commission d'arbitrage qui a dû décider si le cas de Mme Sharapova justifiait une réduction de la suspension, par défaut, de quatre ans en cas de recours à une substance dopante du type du meldonium», a-t-elle rappelé.

Elle ne considère «toujours pas» le meldonium comme un produit dopant

En ce qui concerne la composition de cette commission, «Mme Sharapova et ses conseils avaient le droit de récuser tout membre et ils ont fait le choix de ne pas le faire», a-t-elle indiqué.

Sharapova, 29 ans, a admis qu'elle ne considérait «toujours pas» le meldonium, placé sur la liste des produits prohibés depuis le 1er janvier, comme une substance améliorant les performances - comme son président Vladimir Poutine. «C'est un médicament tellement couramment utilisé en Russie et dans d'autres pays d'Europe de l'Est, il est sur la liste des médicaments essentiels comme l'ibuprofène. On le prend comme une aspirine en Russie (...) Des millions de personnes en prennent en Russie, mes grand-parents aussi», a-t-elle rappelé.

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Comme la date du début de sa suspension a été fixée au 26 janvier 2016, jour où elle a été contrôlée positive durant l'Open d'Australie, Sharapova pourra reprendre la compétition le 26 avril 2017.